‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 8 sur 200 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

dès le firent eii outre par nécessité : tout était à créer puisque tout était détruit, les fortifications, les temples des Dieux, les édifices publics.

La tâche de Thémistocle était la plus difficile ; elle fut prompt ement interrompue par l'exil. Il fallait avant tout assurer la sécurité delà ville naissante et l'entourer de murailles, malgré la jalousie des autres Grecs et l'opposition des Lacédémoniens. On sait par quelle ruse Thémistocle déjoua leur malveillance. Pendant qu'il traînait en longueur son ambassade à Sparte, « tous les Athéniens, » dit Thucydide, « travaila laient à construire les murs", hommes, femmes, en- « fants, n'épargnant aucun édifice, soit public, soit a privé, du moment qu'il pouvait fournir des ma- « tériaux... Les fondations étaient composées de a pierres de toute espèce qu'on disposait sans régu- <( larité et selon que chacun les apportait : les stèles « des tombeaux et les pierres travaillées y figuraient ff en grand nombre... Maintenant encore, les mu- « railles accusent clairement la hâte avec laquelle « elles ont été construites. » Nous verrons plus bas que ces paroles s'appliquent encore aujourd'hui à une partie de l'enceinte de l'Acropole, à celle qui regarde le nord.

Cimon bâtit à son tour le mur du midi ; mais cette fois à loisir, en belles et régulières assises. Le riche butin conquis sur les côtes d'Asie et de Thraçe en fit les frais, aussi bien que de tous les monuments qui furent bâtis à .cette époque. Quand le trésor public était

épuisé , c'étaient ses richesses privées que Ciinon consacrait aux travaux. Malgré son insouciance et son penchant pour le vin, Cimon, représentant du parti aristocratique, avait une âme grande et généreuse. Son pouvoir, comme dans toute démocratie , dépendait de la faveur de la multitude : il aima mieux Tacheter au prix de sa fortune que de sa dignité. ToutTor qu'il avait conquis sur les Perses, il l'employa noblement à embellir sa patrie. Les Longs murs, par exemple, le Pœcile , le Théséion, le Gymnase, les Jardins de l'Académie sont l'œuvre de Cimou. L'Acropole ne fut pas seulement fortifiée, mais décorée; et malgré le silence des auteurs anciens, il y a quelque raison de croire que le temple de la Victoire sans ailes fut construit à cette époque.

Ainsi le fils de Miltiade donna aux arts l'impulsion que Périclès ne fit que développer. Les arts , arrivés à leur point de maturité, n'attendaient qu'une occasion favorable. Tout se rencontra à la fois, le génie dans les artistes, les lumières et la magnificence dans les hommes d'État, des sources inespérées de richesse pour le trésor public, la paix au dedans, au dehors la gloire militaire et ses enivrements, l'm pareil concours de circonstances que la philosophie humaine ne peut expliquer et qui n'a qu'une heure dans l'histoire d'un peuple, amène ce qu on appelle un grand siècle. Mais, connue l'on croit tout simplifier en rapportant tout à un seul homme, on a donné à ce siècle le nom de Périclès. Cimon n'est plus qu',un général

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