CHAPITRE XI
temple, trois autres un peu plus haut , vers le Parthënon. Leur longueur est, en moyenne, d'un mètre quarante-cinq centimètres. Leur diamètre est semblable, en tenant compte toutefois du renflement du galbe qui le fait varier de cinquante-cinq à cinquantesept centimètres, et ce n'est pas la preuve la moins concluante de leur noble origine.
D'autre part, si l'on examine attentivement une série de chapiteaux ioniques entassés sur le mur oriental du péribole de Diane, on en remarquera deux, qui ressemblent aux chapiteaux de l'Érechthéion, sans avoir la même élégance dans les courbes, la même pureté de moulures, la même finesse de sentiment. Le tailloir est orné d'un rang d'oves ; le tore est formé également par un entrelacs ; les coussinets portent des rangs de perles : mais le travail du marbre est moins parfait. La largeur du tailloir est de quatrevingt-deux centimètres, proportion en rapport, si j'en crois encore la règle, avec le diamètre des colonnes dont je parlais il y a un instant ; un peu plus forte cependant que la proportion de l'Érechthéion.
Enfin, en montant vers le Parthénon, on découvre parmi des fragments grecs, romains, byzantins, turcs, encastrés péle-méle dans un quatrième mur, de charmants ornements ioniques, sculptés avec délicatesse, qui, par leur style, ont avec les chapiteaux un air de famille. Je citerai particulièrement des rais de cœur, trop petits pour avoir appartenu à l'Érechthéion. Ces différents morceaux, trouvés à des endroits dif-
fërents, quoique dans la même région, se rattachentils à un même temple? Ce temple était-il celui de Diane ?
Pour moi, je me permettrai seulement ici d'émettre le vœu qu'on rapproche quelque jour ces éléments dispersés, qu'un des architectes de l'Académie de Rome les analyse, pendant son séjour à Athènes, avec cette science et ce goût qui ont conduit ses prédécesseurs à de si beaux résultats; et, si son jugement justifie mes pressentiments, qu'on relève à leur place ces deux ou trois colonnes oubliées aujourd'hui et dédaignées. L'Acropole s'embellira d'une nouvelle ruine , et le voyageur ne cherchera pas en vain les traces du temple de Diane. Ce ne serait pas non plus une étude stérile pour l'art que de comparer à l'Érechtlîéion un monument postérieur de peu d'années, comme l'indique le caractère des fragments. L'histoire est loin de contredire cette supposition ^ puisqu'elle nous apprend que la statue de la déesse était l'œuvre de Praxitèle.
Dans l'enceinte consacrée à Diane, on a trouvé des débris d'animaux en marbre. Il en est un assez curieux, non par sa beauté, mais par sa conservation : c'est un petit ours assez gentiment assis. Les chasseurs consacraient aussi leurs of&andes, pour se re-* commander à la protection de la déesse, ou la remercier de les avoir sauvés du danger. C'est ce qu'atteste un petit bas-relief où l'on voit un cavalier courir sus à un sangiter.