‹ L'Acropole d'AthènesChapitre 95 sur 200 · CHAPITRE XIII. 18.S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. 18.S

façade postérieure du Partliénon, elle monte une pente assez forte qu'on a rendue moins glissante en coupant par des stries la surface du rocher. Elle était bordée, à droite, par une série de stèles et de statues, ainsi que l'attestent les trous de scellement dont j ai déjà parlé. Du même côté , un large conduit taillé dans le rocher emmenait les eaux pluviales : il est en tout point semblable à ceux qu'on observe dans quelques rues de l'ancienne Athènes , particulièrement derrière le Pnyx. Quant aux ornières creusées par les roues de chars que plusieurs voyageurs ont cru distinguer, je n'en ai découvert aucune trace. J'ai eu l'occasion de réfuter cette erreur en parlant de l'escalier des Propylées et des chars qui figurent sur la frise du Parthénon.

Du côté gauche, la route n'a point de limites précises ; je ne saurais en marquer la largeur. On se demandera plus inutilement encore si le nivellement du rocher est l'ouvrage des Pélasges ou des ouvriers de Périclès. Du moins peut-on présumer, si l'on remonte jusqu'aux premiers siècles d'Athènes, qu'on n'a point couvert plus tard d'un dallage régulier cette surface grossière. Il eût fallu une préparation nouvelle qui n'eût pas manqué de laisser des traces.

Le nombre des statues que signale Pausanias sur cette première partie de la route est assez restreint. Après celles qui étaient adossées aux colonnes du Propylée intérieur et précédaient Minerve Hygiée, je n'en vois que deux. Je les ai déjà citées : Minerve

châtiant Marsyas, et Conon. Une troisième, voisine de ces dernières, si je comprends bien lés expressions de Pausanias , c'était la Terre suppliant Jupiter de lui accorder de la pluie. La même idée est exprimée par Virgile '. Seulement, l'union qu'il voit souvent réalisée sous l'heureux climat de l'Italie , la pauvre et sèche Attique l'implore pendant des étés entiers. Ce sujet, que nous traiterions de froide allégorie , prend sur l'Acropole d'Athènes une réalité singulière. L'Hymette est là , en face ; sur son sommet s'élève l'autel de Jupiter Pliwius, couronné par la vaine fumée de continuels sacrifices. Tournée vers l'orient , la statue de la Terre semble appeler les nuages féconds que, seul des monts de F Attique, l'Hymettesait amonceler sur sa tête. Quand je dis- tournée vers V orient ce n'est pon t une image de fantaisie : car le piédestal de Conon , encore scellé sur le rocher, nous donne ce curieux renseignement. L'inscription et la direction des pieds empreints sur le marbre regardent , non pas l'entrée de l'Acropole , comme cela parait naturel , mais l'orient; de sorte que la statue présentait le dos aux visiteurs. Il en est de même du piédestal de Minerve Hygiée. Était-ce une loi générale , et un même mouvement plein d'ensemble tournait-il les statues, comme le temples, vers le soleil levant?

' Tu m Pater omnipoteDS fccuiidis imbribus /Ether Conjugisin gremiuixi Isetx descendit...

(Virg^Cfor^., U,3aS.)

Page 1