ENCADREMENT DES ARCHERS
et de correspondre à rencastrement d'une poutre. Les architectes perses avaient trop do bon sens pour qu'on puisse charger leur mémoire d'une faute de construction aussi grossière. Adoptez au contraire la combinaison A répondant au groupement par 10, limitez chaque groupe de dix guerriers par une double rainure de 1 pied et il restera disponible entre deux rainures consécutives un pilastre répondant H la dimension dos poutres et au plein des colonnes. J'observerai d'ailleurs
Elévation-
flïj
Comljiiiuisnii A. Cornbioaisou B.
FIG. 157. — RESTAI RATION DES ARCIIF.US. — ENCADREMENTS ET RAtNURES IllVISOIRES.
que si les nombres six, dix, sept sont usuels dans la métrologie persane, le chiflVo onze n'apparaît jamais (p. 262 et chapitre XII).
La frise des lions montre que le cadre s'arrêtait d'une part au-dessous des marguerites et de l'autre au-dessus du double filet qui la termine dans le bas. .l'ai suivi cette indication précieuse. Quant au retour horizontal du cadre, je l'ai copié sur de nombreux documents provenant dos fouilles. Les Perses no connaissaient pas Vonglet (fig. 17a, 177 et pi. X). Ils coupaient brutalement les bordures sans se préoccuper de raccorder les dessins.
Les triangles du cadre sont limités sur leur second parement par un trait bleu de O^jOâ. Ce rappel de teinte montre que le fond juxtaposé était bleu. J'ai eu garde de négliger ce renseignement, d'autant que l'on a découvert des briques bleues émaillées sur doux tranches consécutives qui répondent aux faces intérieures des rainures.
En même temps que les ouvriers amenaient au jour les archers, ils extrayaient
des briques couvertes de caractères cunéiformes. Certaines d'entre elles, telles que les briques A et B (fig. 158), portaient, sous forme d'encadrement, un trait jaune M et, en dehors du trait, une main, un fragment de lance appartenant à des personnages marchant de gauche à droite. D'autres briques — C et D — appartenaient au même groupe, ainsi qu'en témoignent le cadre M et le réglage N régulier du fond', mais à des personnages allant de droite à gauche.
A Suse comme à Persépolis les textes trilingues étaient donc compris entre deux théories d'archers se dirigeant l'une vers l'autre.
Les premières briques découvertes portaient le nom d' « Outàna » (Otanès) suivi
FlG. Iô8. — rr.lSE DES ARCIlEnS. — BniQUES I>E JOIVCTIO\ DE Ll M S CH I HT 1 0 N ET II E S FIGtnES.
du mot mima' et de quelques autres, haraluv^ tuvm, fiudich; les suivantes, par un singulier hasard, celui de Darius roi dans les trois langues officielles du protocole achéménide (pi. XII).
La situation et la profondeur des ruines d"où avaient été exhumés les archers étaient des indices certains de leur antiquité relative : ils remontaient à une époque antérieure au règne d'Artaxerxès Mnémon. Ce renseignement se déduisait également de la perfection de la technique comparée à la décadence industrielle qu'accusent les lions, et de la dimension des briques \ Il n'en était pas moins précieux de découvrir sur la frise la signature du fils d'Hystaspe et le contreseing d'Otanès, l'instigateur de la révolte contre les mages*.
De ce faisceau de preuves, il résulte que les archers, de près d'un siècle plus
\. MM. Perrot et Chipiez, qui n'ont point sans doute relevé ce détail, ont disposé les inscriptions au-dessus des archers. L'erreur, sans importance par elle-même, est grave dans ses conséiiuenoes, comme on va le constater ci-après (p. 28o, note 2|.
2. La phrase complète, <c Outàna nàma, Thoukhrahyà poutra, l'àrsa » (Un Perse nommé Otanès fils de Thoukhra), d'où sont détachés ces deux mots, occupe à Béhistoun la 84" ligne de la 4= colonne. Les trois autres mots, très fréquents dans les inscriptions achéménides, sont : l'un un verbe, « qu'il soutienne «, les. autres le pronom M lu, toi » et le substantif u maison, palais ». Du nom de Darius il ne reste dans le texte perse que les deux premières lettres, mais il est à peu près complet en susien et en assyrien.
Sur un autre point du même dallage on a retrouvé un fragment de base de colonne qui est également au nom de Darius. La base est reproduite ci-après (fig. 206).
3. Les briques des lions comme celles de la forteresse répondent à un pied de 3o8 millimètres, de 8 millimètres plus grand que le pied déduit du bas-relief des archers, d'un siècle plus ancien. On constate un agrandissement correspondant des étalons de mesure, dans les édifices persépolitains. Voir p. 2o7,2'74, note 3, et p. 280.