Dieulafoy, Art mit. de la Perse, vol. lU, pi. IV
2. Ce sceau, une des œuvres les plus parfaites de la glyptique antique, sera reproduit et décrit dans le chapitre XV de cet ouvrage.
L'ACROPOLE DE SLSE.
génie (fig. 187) et des trois fragments que je vais décrire m'a paru si convaincante que j'ai placé l'image sainte au centre du zooplioron de la salle du trône (pi. XIV) et dans la situation qu'elle occupe sur les pentes du dais royal (fig. 186). Quelle que soit la valeur de cette dernière hypothèse, il n'en reste pas moins établi que les Susiens étaient si bien pénétrés de l'excellence de leur race, qu'ils peuplaient l'olympe mazdéen de divinités à figui'e noire.
9° Trois fragments d'un tableau d'offrande (pi. XIII); ravissante reproduction d'une scène souvent gravée sur les cylindres cjialdéo-assyriens. La petite taille des personnages, la délicatesse de l'exécution, la perfection de la technique rendraient très précieux ces émaux si la couleur noire de la divinité et de l'adorant n'en augmentait encore le prix. C'est une nouvelle preuve (p. 287) et une preuve bien convaincante — car les hommes reconstituent leurs dieux à l'image des conquérants et des puissants — que la race noire en Susiane ne représentait pas les vaincus et les opprimés, mais l'universalité d'une nation commençant à l'adorant pour remonter jusqu'aux dieux.
Les trois fragments de ce tableau ne. 185. — DARIUS (BAs-BELiEPs DE N AKH c H È-Ro u sT EM ). coHime Ics brlqucs qul composeut le
merlon de style égyptien (fig. 178) étaient épars au milieu des inscriptions dont il va être parlé ci-dessous.
10° Briques en terre cuite couvertes sur leur tranche d'inscriptions cunéiformes élamites (fig. 188 à 191). Ces briques, dont le ton est identique à celui des grands bas-reliefs de terre cuite (p. 308 et suiv., fig. 195), proviennent en partie de la fouille des archers. Elles avaient été prises par les architectes de Darius dans les ruines de monuments susiens et employées en doublage derrière le revêtement émaillé (p. 308)'. Quelques autres briques furent découvertes aux environs de Bender-Bouchyr dans les murailles d'un ouvrage sassanide. Les unes et les autres
1. Les monarques assyriens avaient déjà mis au pillage les palais de leurs prédécesseurs (Place, Ninive, t. I, p. 38). Assarhaddon à Mmrond usa plus que tout autre de ces singulières carrières (Perrot, Assyrie, p. 422).
INSCRIPTIONS SUSIENNES SUR RRIQUES.
remontent à l'époque des derniers rois de Suse et témoignent que l'Anzan-Sousounka comprenait la montagne, la plaine élamites et le littoral iranien du golfe Persique (p. 38). Ces inscriptions n'étaient pas cachées comme les épigraphes gravées ou imprimées sur le plat des briques chaldéennes. La forme même des briques, carrée et barlongue, et la rencontre dans la même fouille de trois fragments appartenant l'un, à un retour d'angle (fig. 189), l'autre à un cadre vertical (fig. 190), le troisième à une colonnette (fig. 191) le prouvent surabondamment. Je dois signaler encore une brique très précieuse, qui gisait sur le même dallage que les archers et où l'on peut lire les noms de Darius, de son père Hystaspe et peut-être un verbe encore ignoré : « frachtathiâtiya »
dont le sens paraît se rapprocher de : se tenir au-dessus, s'élever, dominer '.
Outre les textes en parement j'ai rapporté des textes perses et susiens gravés à plat comme ceux de la Chaldée. En ce cas, l'épigraphe se réduit à une formule ou à un protocole invariable, imprimé au
1. D après M. Oppert, qui a bien voulu m'aider de ses savants conseils, la partie effacée ou défaillante peut se restituer avec une grande certitude : <- Moi Darius, roi grand roi des rois, fils d'Hystaspe ackéménide. Il a dit Darius roi, par la orâce d'Aouratnazda j'ai fait ce (mot incertain) qui les autres édifices surmonte. » Les
mots en italique sont restitués.