Hérodote, I, lO.'l
LACHOPOLE DE SUSE.
l'arbre mystique, la marguerite épanouie et enfin la palmette, le lotus en bouton et le lotus épanoui d'origine égyptienne, mais l'ornement proprement dit resta toujours rivé aux matériaux de brique et ne cessa de participer de la raideur linéaire de leurs combinaisons (fig. 118 et 149).
Sous l'influence dominatrice de la construction en brique, les lignes flexueuses, les rinceaux, les courbes tangentielles, les jeux de compas si gracieux et si variés qui embellissent les hypogées thébains(fig. 146, 147, 172, 183) eurent grand'peine à s'acclimater chez les Asiatiques. Et tandis que l'art décoratif de l'Egypte rayonnait sur la Grèce et atteignait môme la Perse achéménide (fig. 170, 173, 175, 178, 180, 204 et pi. IV, YIII et IX), les habitants de la Chaldée et de l'Assyrie,, comme leurs voisins les Élamites, s'en tenaient le plus souvent à des tracés archaïques, à de raides imitations d'ornements égyptiens, à des représentations animées dont la multiplicité ne rachetait pas le défaut d'élégance et la monotonie'.
FIG. IIG, 117.
OnNEME\TS EGYPTIENS jPniSSE UAVENXESJ.
Je ne m'étendrai pas sur les origines et les formes usuelles des décors chaldéens. Je signalerai pourtant une couronne et des broderies d'un caractère bien spécial. Autour de la tête de la favorite d'Assourbanipal s'enroule un front bastionné^ tandis que des créneaux garnissent les galons de la robe (fig. 150). La nature de ces ornements militaires est en harmonie avec les instincts guerriers des Assyriens et dénote bien leur préférence pour la décoration rectiligne. i\e semble-t-il pas étrange néanmoins que la couronne murale se pose dès son apparition sur les cheveux d'une femme ?
Les Égyptiens ne firent pas de la faïence la base d'une décoration architecturale. Cela tenait à deux causes : la nature du climat et l'abondance, sur les rives du Nil, de pierres de taille et de bois de charpente de bonne qualité. Réduites à lui
1. Les frises fleuronnées (fig. 146, 147, 172, 18.3) empruntées aux planches de Prisse d'Avennes et les dessins (fig. 148 et 149) répartis dans le te.\te accusent les difTérences que je signale entre l'ornemenl égyptien et assyrien. Ce n'est pas le lieu de décrire les procédés de tracé en usage chez les ornemanistes égyptiens, mais il est impossible, quand on essaye de reproduire leurs œuvres, de n'être pas frappé par la simplicité et l'ingéniosité des méthodes. La même analyse appliquée aux épures des Grecs et des Perses, à dater de leur contact direct avec l'Egypte, montrera de même les affinités des ornements égyptiens, grecs et perses et les distinctions qui séparent ce groupe de la famille chaldéo-assyrienne. Je renvoie pour tous les développements au troisième volume de VArl uni. de la Perse et aux derniers paragraphes du chapitre X (p. 293, 296 et 297; 301 et 302, notes 2 et 3; 30.^ et 313) de cet ouvrage.
faïences EGYPTIENNES.
rôle purement décoratif, les terres émaillëes avaient encore à lutter contre les peintures, les sculptures en bas-relief, les bois ouvrés, les incrustations de
FIG. H8. — OnNEMENTS ASSÏF.IKSS (PERROT, ASSY., P. 771).
métaux, d'ivoire, de pierres colorées. Enlin elles avaient, aux yeux des Egyptiens, un vice rédhibitoire : elles n'étaient pas éternelles. Aussi bien si elles apparurent
FIG. I4'J. — OIINEMEMS A S b V K 1 E N S (PEliliOT, AS5Ï., P. 77^!).
de très bonne heure dans les constructions civiles, si elles revêtirent des ustensiles, des bijoux grossiers, des statuettes de pierre ou de fritte, ne cite-t-on que denx édifices décorés de terres émaillées, et encore ces émaux ne sont-ils pas
posés sur les façades, mais dans les intérieurs et mélangés à des pierres'. L<Hir emploi, en opposition absolue avec la pratique des constructeurs asiatiques, montre combien l'usage de la faïence était accessoire sur les rives du Nil. J'entends parler seulement de bnir emploi dans la décoration intérieure, car je prétends (jue les architectes des Grands Rois mariaient parfois aux pierres les terres vernissées. Outre certaines mosquées remontant à l'époque des Seldjoucides et des Mogols", le célèbre palais do Pàl (fig. 151 ), construit aux Indes vers le vu" siècle de notre ère\ offre des exemples de semblables juxtapositions, et pourtant les grandes frises décoratives de ces divers édifices, composées, ainsi que les revêtements égyptiens,
d'une marqueterie de pierres dui^es et de faïence, ne relèvent que des influences iraniennes.
En résumé, les enduits vitrifiés ne furent pour les Égyptiens qu'un rehaut brillant destiné à flatter les yeux, tandis que chez les Asiatiques ils jouèrent, au regard des matériaux de terre, le rôle d'un enduit protecteur, constituèrent le thème exclusif de la décoration architecturale el eurent une influence décisive sur le tracé et le choix des ornements.
« En dedans de ce mur était une autre enceinte, faite avec des briques sur lesquelles étaient imprimée.s avant leur cuisson les figures de toute sorte d'animaux ; ces figures étaient peintes avec tant d'art qu'elles semblaient vivantes. Cette enceinte avait 40 stades (près de 8 kilomètres). Son épaisseur était de 300 briques (lOOmètresenviron) et sa hauteur, suivant Ctésias, de oO orgyes (90 mètres environ) ; la hauteur des tours était de 70 orgyes. Enfin, en dedans de cette seconde enceinte il y en avait une troisième, qui entourait la citadelle, dont h' périmètre était de 20 stades et qui dépassait en hauteur le mur intermédiaire. Sur les tours et les murailles on avait représenté toute sorte d'animaux parfaitement imités par les couleurs et par les reliefs. On y voyait uni- chasse composée de différents animaux de plus de quatre coudées de haut (plus de 2 mètres). Dans cette chasse, Sémiramis était figurée à cheval, lançant un javelot sur une panthère; auprès d'elle était Ninus, son époux, frappant un lion d'un coup de lance ^ »
fi(.. l.'iO. — FAVoniTE 11 \ssnii;ii\-
MPAL COIFFÉE DE 1* C 0 U P. O N ^ E MLIIAI.E (BniTISH MISEL'm).
\. Maspero, Arch. é(jypt., p. 252 à 239.