‹ L'Acropole de Suse (volume 2)Chapitre 50 sur 124 · IIG. 211. — ENTABLEMENT DE LA SALLE · texte numérisé non relu

IIG. 211. — ENTABLEMENT DE LA SALLE

d'accord avec les règles éternelles de la statique, repoussent des galeries instables, hautes de 20 mètres, larges de 8, longues de 40, sans liens avec la construction, sans utilité pratique, sans précédents architectoniques, sans caractère et sans valeur esthétique. Elles ont pourtant trouvé des défenseurs. Sous le prétexte spécieux qu'il n'a pas découvert à Persépolis les fondations des murs du palais de Xerxès (p. 337 et note 3), Pascal Coste les a supprimés dans la restauration de cet

édifice qui présente de grandes analogies avec l'apadàna susien (fîg. 217 et 221)'. Cela montre une fois de plus combien il est imprudent, même en architecture, de tirer des conclusions quand on néglige l'étude des prémisses, combien il est dangereux de proposer la restitution d'un

FIG. 214. — COÏPE TKiNSVEr.SiLE d'uN M t R .

édifice si on ne se rend, au préalable, compte des méthodes de construction et de fondation.

L'architecte iranien ne va pas chercher, comme l'architecte moderne, une assiette résistante au-dessous du sol naturel : il prépare au contraire un socle incompressible très large, très stable

et fait porter directement ses maçonneries sur ce soubassement. A cet effet, il élève d'abord des murs de soutènement; jette, derrière les murs, des terres pilonnées séparées du parement intérieur par une chemise de gravier qui drainera le remblai et préviendra les dislocations de l'enveloppe sous la poussée des terres humides (p. 121, fig. 47 et 48), puis il achève de remplir l'encaissement en étendant au-dessus du remblai pilonné une couche de gravier de 8 à 10 pieds d'épaisseur. A Persépolis, comme à Suse, j'ai constaté l'application des mêmes principes avec cette diflerence qu'à

Persépolis les murs de soutènement se raccordent à un plateau rocheux et que certains édifices sont assis directement sur le roc. La couche de gravier constitue un sol de fondation d'autant meilleur qu'elle ne saurait ni se tasser ni glisser sous l'influence KiG. 216. - INTERRUPTION DES DALLAGES A LEMPLACEMEM ^jgg gj^y^ pluvlales et qu'elle forme

DESMtlIS.

au contraire une couche perméable à l'humidité et assèche le sol pendant les grandes tempêtes hivernales.

Sur ce radier incompressible les Perses élevaient directement les murailles de leurs palais (fig. 214). Les colonnes elles-mêmes, posées sur un socle de pierre

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