CORNES, OREILLES, YEUX ET SABOTS D'OR
enregistrer les résultats acquis, les documents certains et directs; je suivrai la même méthode dans l'assemblage des éléments constitutifs de l'apadàna.
A l'intérieur se dressent 36 colonnes de marbre gris. Leur hauteur est de (30 pieds (p. 330, fig. 208 et pi. XIV). La taille des parements est habile, vigoureuse, ferme, presque martelée, les détails sont finement rendus. Les surfaces sont amenées presque au poli, sauf les poils qui paraissent relevés au ciseau et se détachent ainsi sur la masse. Je puis donner la preuve que les yeux et les sabots étaient dorés et que les cornes et les oreilles étaient de bronze. Des traces de mixion rouge et même
FlG. 22G. — TEMPLE DE Là VICTOIRE APTÈRE.
une parcelle d'or très apparentes près d'un larmier (p. 428, col. 2)', la couleur jaune des sabots reproduits sur les briques émaillées (p. 280, note 2), la forme et les dimensions très réduites des mortaises M (fig. 231) creusées sur l'emplacement des cornes et des oreilles ainsi que le canal A de la clavette B qui traversait les tenons T, ne laissent pas de doute à ce sujet. On rapprochera ces renseignements directs du Yecht de Verethraghna' où il est expressément dit que le taureau sacré avait des yeux, des oreilles, des cornes et des sabots d'or. J'ai lieu de croire que les colliers des bètes et certains ornements du chapiteau, notamment du chapiteau intérieur, étaient également dorés.
1. Quelques-unes des inscriptions de Persépolis étaient encore dorées au temps de Chardin (Chardin, yoymjc en Perse, t. VIII, p. 321, édition Langlès). Au sujet de la dorure des matériaux, consulter également Hérodote (I, § 98).
2. Description de Vercthraghna, le génie de la victoire incarné dans le taureau (Yecht, XIV, §2}.
L'ACROPOLK DE S USE
Les colonnes extérieures, hautes de 55 pieds seulement, reposent sur un campanile et ne comportent pas de chapiteau entre le taureau et le fût cannelé (p. 329, fig. 207 et pi. XV).
Dans les deux ordres, les cannelures sont à joints vifs, sans listels et tracées en arc de cercle. Le fût est conique sans galbe apparent.
Les murs reconstitués sur trois faces de la salle du trône, ainsi qu'il a été expliqué, étaient bâtis en brique de terre crue. A l'intérieur de la salle ils étaient
FIG. 327. — TILAR DU PALtIS UD SEÏED ASSIOO U L Ll U-KH AN .
revêtus de stuc rouge; sous les portiques, de stuc gris (p. 286, pi. XIll)'; à l'extérieur, de moellons de faïence rose pâle ou gris (p. 277, pi. XIII). Je crois être certain que les angles et les tètes des murs étaient renforcés par des pilastres ou des contreforts analogues à ceux qui décorent les palais de Mechhed-Mourgab, de Persépolis et de Ctésiphon ; quant aux rainures verticales tracées sur la façade, elles ont été restaurées en imitation de celles qui séparent les pelotons d'archers (fig. 157 et pi. XV), et se retrouvent sur les palais du Fars et, dans les temps plus antiques, sur les édifices de la Chaldée et de la Syrie (p. 277 et note 2).
Les murs comme les pylônes étaient terminés par une frise de faïence. Elle simulait l'étage casemate des tours défensives (fig. 102, 116, 124, etc.) et reposait
i. Ces slucs l'-laient fort employés dans les édifices assyriens. Place, t. I, p. 2bo. Perrol, Assyc/c, p. UiO cl 280.