TEMPLES PARTHES
Pour partager ma conviction, il suffit de relire le texte en faisant abstraction des vingt-trois siècles qui nous séparent de l'époque où il fut écrit, il faut simplement chercher le sens qu'Hérodote et ses premiers lecteurs attachaient au passage controversé.
Le temple (vac;), pour un Grec, était une demeure durable élevée à l'image matérielle de la divinité. Il comportait au dedans la statue divine, au dehors et vis-àvis la statue, l'autel où s'accomplissaient les sacrifices sanglants. Et cela est si vrai qu'Hérodote, qui emploie le terme plus général de îspdv pour les grands sanctuaires consacrés en Egypte, en Scythie ou dans Babylone' aux divinités locales, réserve spécialement celui dev:<o;- à un édifice religieux de cette dernière ville, lequel renferme, comme les temples grecs, une grande statue du dieu et fait également face à des autels extérieurs où l'on immole des agneaux et des victimes parfaites.
C'étaient à la rigueur des temples que ces édifices religieux (Uprîv) dont Strabon et Pausanias nous ont révélé l'existence en Perse au temps des Parthes et dont Lsidore de Charax \ un contemporain de Strabon, a fait de nombreuses et très nettes mentions. De ces derniers, décrits sous le nom de temples de Diane et d'Anaïtis, un nous est connu. Il existe encore à Kingavar. Si le péribole et la cella d'ordre dorique ne sont pas d'un style très pur, ils ont au moins perdu tout caractère iranien. Mais ces édifices, dont la vie religieuse ne s'étendit, ainsi qu'on va le voir, ni en deçà ni au delà de la durée des dynasties séleucides et parthes, ne se rattachaient par aucun lien aux atechgâhs. Ils en étaient distincts matériellement, ils en étaient distincts par leur nom, je n'en veux d'autres preuves que celles données par Strabon et Pausanias (p. 393 et 394); ils en étaient distincts par leur destination, puisque dans les temples parthes comme dans les tempjles grecs on célébrait devant les fidèles assemblés des sacrifices sanglants (p. 393), tandis que les atechgâhs, consacres au feu divin et à la prière, n'étaient fréquentés que par les prêtres (p. 396), Ils en étaient surtout distincts par leur origine et c'est sur ce point que je veux insister.
Hérodote affirme bien qu'il n'existe pas de temples perses au sens très spécial de vao':, mais il spécifie d'autre part que les mages immolent aux dieux des bœufs et des chevaux et chantent la théogonie en plein air *, sur les lieux hauts et purs,