Hérodote, ]. I, § 181. — 2. kl., 1. I
3. Voy. Dieulafoy, Arl anl. de la Perse, vol. V, p. 7 à 1 1, et Isidorus Characenus [Geographi minores, vol. I, édition MuUer, IS'io) : i< De la frontière de la Médie supérieure à la ville de Konkobar, signalée par un temple de Diane, on compte 3 scliènes. Puis à 3 seliènes plus loin on trouve Basigraban et le buieau de douane. A 12 schénes de ce point, à Batana, capitale de la Médie, on garde les trésors du royaume; on voit dans celte même ville un temple d'Anaïtis où les habitants sacrifient encore à la déesse. >< Dans Batana on reconnaît sans peine Ecbatane (Agbatana des inscriptions cunéiformes, Hamadan des géographes modernes). En remontant à partir de cette ville l'itinéraire d'Isidore de Charax on trouve au point indiqué parle géographe la ville moderne de Kingavar. que son nom seul permettrait d'identifier avec l'antique Kankohar.
4. Les soubassements parfois dénommés <c autel du feu », et notamment ceux deMechhed-Mourgab, Istakbar, Firouzabàd, ne sont que des plates-formes dressées à demeure pour recevoir des tables ou des autels porlatits
devant la foule assemblée. Cet état antique de la religion, attesté d'une manière formelle et par Hérodote' et par les Yechts", dure encore au temps d'Artaxerxès Mnémon. Xénophon, décrivant en grand détail le cortège de Cyrus se rendant au sacrifice et le sacrifice lui-même, énumérant les chevaux et les bœufs offerts aux divinités nationales, ne parle en effet que de lieux hauts et d'emplacements consacrés aux dieux (Ts'aevoç). Mais de temple au sens de vaoç ou même de Upôv il nen est pas question'. C'est à ces cérémonies improvisées et au culte public et extérieur des Perses que fait allusion Cicéron quand il reproche aux x\.théniens, comme à ses compatriotes du reste, « d'emprisonner ces dieux devant qui l'universelle nature devrait être ouverte et libre, les dieux qui avaient pour demeure et pour temple le monde infini ' ». '
Au moment où Cicéron célébrait les adorateurs d'Ormazd par-dessus tous les hommes et employait la même éloquence à les accuser de corrompre les mœurs austères de la République, l'influence de la Grèce devenait prépondérante à la cour , des rois parthes \ Dociles à cette impulsion et peut-être désireux d'éloigner des sacrifices les étrangers qui affluaient de toute part, les prêtres entourèrent alors les anciens sacellams de somptueux périboles, érigèrent des autels permanents devant des cellas de style hellénique et dédièrent ces nouveaux édifices aux nombreuses divinités du panthéon iranien. Alors apparaît avec des édifices
destinés au sacrifice. Quant aux deux petits monuments de Nakhclié-Roustem, ils rentrent, bien que taillés en plein roc, dans cette dernière catégorie. Leur forme, leur hauteur, ïahsence de Vadocht et leur accouplement (p. 396, Description du mobilier de rizechné khané) en sont des preuves formelles. Il est probable que l'emplacement signalé par les tombeaux des rois, le testament de Darius, le bas-relief de Cbapour, l'inscription triomphale qui l'accompagne et les nombreux tableaux qui décorent toutes les parois favorables (Dieulafoy, Art unt. de la Perse, 1. II, p. 27, pi. I, II, III, et t. V, pi. VII, X) était dès longtemps sanctifié par de pieuses traditions, et que l'aflluence des fidèles et la multiplicité des sacrifices firent déroger à une règle formelle de l'ancienne religion mazdéenne.
1. L. I, g 131 et 132; 1. VII, g 43, 113, 114 et 191. Les divinités auxquelles sacrifiaient les Perses sont aussi bien décrites par Hérodote que les victimes et les détails du sacrifice. " Les Perses sacrifient à la voûte céleste (Aouramazda ; voj'. p. 4)8, note 1), au soleil, à la lune, à la terre, au feu, à l'eau et aux vents. » Xénophon, Arrien (VI, 39), Athénée (AsiirvcooœioTai, 1. III), Strabon (1. XV, g III, 13, 14) confirment les renseignements donnés par Hérodote.
A ce propos, je redirai qu'il n'existe pas d'analogie liturgique entre les sacrifices offerts à telle ou telle divinité, et notamment au l'eu, avec l'entretien même du léu divin, qui exige de minutieuses précautions incompatibles avec la présence des fidèles dans l'atecbgàh (p. 397, note 1, et p. 399, note i). Il ne s'ensuit pas qu'il faille priver le peuple des secours spirituels du plus puissantdes Yazatas. ,\iissi bien le Yarna, qui est un des livres liturgiques de la religion mazdéenne, distingue-t-il entre les sacrifices offerts au Feu, sacrifices publics (Yaçna, 1, § 6), et l'entretien du feu Bahràm, absolument secret {Yaçna haptanhaiti, XXXVI et LXI). Les prières à réciter dans l'un et l'autre cas sont distinctes et d'un caractère dilférent. Les auteurs grecs contemporains des Achéménides ne font allusion qu'aux sacrifices publics célébrés en plein air et sur les lieux saints.
2. I' .Nous honorons Druaçpa (Génie des troupeaux) à qui le brillant Yima aux bons troupeaux offrit sur les sommets du Houkairya un sacrifice de cent chevaux, de dij: mille bœufs...; ii laquelle le descendant de la race des Athwyas, de la race héroïque Thraètaona, offrit sur les plateaux quadrangulaires du Varena le sacrifice de cent chevaux, de mille bœufs... » (Yecht IX, 8 et 14. On citera encore les Yechls V et IX, 3; on consultera enfin le Yecht XV, 2, 7, 11). Un remarquera qu'il ne s'agit que d'une tradition très éloignée, les sacrifices réels étant abandonnés avant l'époque des Sassanides (p. 402, note 4, et p. 414 et 4(o).
3. Cyrop., VIII, g 111, 1 et 7; § VII, 1 et 3. Xénophon spécifie ailleurs (VIII, g V, à la fin, et S; VIII, 2) que la religion perse, pour être pratiquée avec moins de dévotion qu'au temps de Cjrus, est encore telle qu'il l'a décrite.
4. Cicéron, De republica, III, § IX ; i)e legibus, II, § X, 2G.
5. Dieulafoy, Art anl. de la Perse, vol. V, chap. i, n et iir, el p. 33, 38, lliO.
AUTELS ET xYTECHDAN. 403
semblables à celui de Kingavar le mot U/j-j plus large dans les acceptions que le vao:, dont aucun historien ni géographe n'avait pourtant usé avant Strabon et si bien approprié aux nouveaux monuments. Ne contiennent-ils pas une cella où se dresse parfois à côté de la table d'ofiVande une image divine, ne comprennent -ils pas des autels propres à immoler des victimes, ne sont-ils pas fréquentés par la foule des Perses?
Le ûpov parthe, héritier direct du sacellum de la période achéménide, s'est développé jusqu'ici à part de l'atechgàh. Pausanias le premier parle d'un [spov enveloppant dans son enceinte la demeure du feu divin. Cette réforme préparait la constitution du dâityôgâtous avestique et du dâdgàh moderne, qui comprend en cfTet, d'une part, l'atechgàh inaccessible aux fidèles de l'izechnè khanè, dernier avatar du sacellum achéménide et du ispo'v parthe. Elle coïncidait certainement avec l'abandon des sacrifices sanglants, interdits dans le voisinage du feu sacré'. En tous cas, elle fut consécutive à la fermeture partielle des édifices religieux, puisqu'il est prescrit de tenir à plus de trente pas de l'atechdàn, fût-il garanti par d'épaisses murailles, le zoroastrien en état d'impureté " et à plus forte raison les sectateurs des dévas.
Ce que j'ai dit des temples, je pourrais le répéter des autels. Je me dispenserai de citer à nouveau Hérodote, Xénophon et YAvesta. Vautel entendu par la pierre du sacrifice ne devient vraiment permanent que le jour où l'on enclôt le sacellum dans une muraille et où l'on abrite la pierre d'offrande dans une cella, c'est-à-dire encore à l'époque des Parthes, tandis que le support de l'adocht et de l'atechdàn devait être aussi immuable que le feu qui le couronnait (p. 392, note 1). L'aspect massif qu'il affecte sur les bas-reliefs achéménides (fig. 237) implique d'ailleurs un pyrée construit à demeure.
11 est donc certain que pendant la période qui s'étend même au delà de l'expédition des Dix Mille il n'y avait en Perse ni temples (vaô?), ni autels {^q^m) au sens grec de ces deux mots \ Que doit-on penser de la dernière affirmation d'Hérodote relative aux statues divines ?
1. Bien que dans certains rites les victimes fussent immolées d'un coup de massue et sans effusion de sang (Strab., 1. XV, S III, lo), les mazdéens ne pouvaient sacrifier des animaux dans le voisinage du feu sacré. Cette défense ne résulte d'aucun texte religieux, ce qui n'est pas surprenant, puisqu'au moment de la rédaction définitive de Vkvesta, les sacrifices sanglants étaient abandonnés, mais elle semble justifiée par la séparation du sacellum et de l'atecbgàh pendant la période acbéménide et surtout par ce fait bien probant qu'on ne devait pas sacrilier trop près des rivières, de peur de les souiller par le sang (Strab., 1. XV, § III, 14), et qu'on n'allumait point de feu pendant la durée des sacrifices, au moins sous les premiers Achéménides (Hérodote, I, ij 132). Le sacrifice réel de la victime comportait donc des opérations susceptibles de souiller l'eau et là plus forte raison le feu sacré.