L. XXXVII
IIG. 253. — GENIUS PRÉSIDANT A UN SACRIFICE (aMPIIORE DE C.ERÉ.)
L'ACUOPOLE DE SUSE.
MAiSE l'affranchi qu'il vient de nommer
EMPEREUR, (cas-relief SASSAMDE.)
furent des iconoclastes"? J'ajouterai que les parsis réprouvent hautement le culte des images. Les seules représentations qui figurent dans leurs dàdgàhs sont celles de leurs souverains temporels.
Pour aussi haut qu'on remonte, le mazdéisme orthodoxe semble donc hostile à la représentation de ses dieux.
Les exceptions constatées à cette règle sont apparentes : d'abord parce ([u'ellcs
portent sur des génies intermédiaires entre
l'homme et la divinité et, qui plus est, sur des
. w iiHv-y.i? «.j; >,*.^-e^i ^ '»-< ■« • génies empruntés à des religions étrangères
/•--'^'^ JKJi^É'v f'^v'^l A^' '4 ^Â ou matérialisés sous l'influence dominante de
la Grèce pendant le règne des Seleucides (p. 402, note 5). Tel est le cas d'Anaïtis(fig. 307 à 313), du taureau ailé (fig. 19o), des bêtes monstrueuses (fig. 107 et pi. XI) auxquelles les Yechts font allusion -. Leur incarnation est d'ailleurs toute factice. Jamais un peuple convaincu de la nature divine d'un taureau ou d'une vache n'eût représenté la défaite de cet animal par un lion sans attache avec l'Olympe mazdéen' et n'eût osé asseoir directement la toiture de l'apadàna sur la tète d'un taureau dieu. Les Égyptiens, les Assyriens, les Grecs ne réduisirent jamais Apis, Assour, Zeus, Athéné à ce rôle réservé à des mortels ou aux Géants révoltés contre leurs maîtres*.
Restent à expliquer, il est vrai, les figures ailées qui planent au-dessus des monarques achéménides ^ et se retrouvent avec des variantes sur les tombeaux de
1. Hérod., I, 83; III, 29 et 37; VIII, o3 ; IX, 13. Strab., XVI, § I, j. Diod. II, 0. Maspero, Hht. une, l« édit., p. 627. Patkanian, Sassanides, p. 44.
2. Les Grecs désignaient avec raison ces bêtes sous le nom de bêles susiennes. Aujourd'hui que l'on possède en firand nombre des bas-reliefs perses et des intailles l)abyloniennes et que l'on connaît les analogies existant entre les arts de la Chaldée et ceux de la Susiane, on retrouve aisément les modèles qui inspirèrent les auteurs du Vendidad et des Yechts {Vendidad, Farg. XXI; Yecht, V, 38 et 39; VIII, 2; IX, 34; XIV, 1 a 27; XV, 28; XIX, 41; XX, 41).
3. Tel, le lion vainqueur du taureau représenté sur les murs de soutènement des escaliers persépolitains (Dieul., Ai-t ant. de la Perse, vol. III, pi. XI). Il s'agit simplement d'une scène empruntée à l'art chaldéen. Il en est de ce bas-relief comme de ceux où le roi lutte contre un monslre (tig. 197); comme du cylindre où le roi, placé sous le génie ailé, assiste à la lutte d'un monstre et d'un guerrier sace (lig. 246). On a prétendu reconnaître Ahrimaiu dans le monstre; le Sace en ce cas ne serait autre qu'Ormazd, l'antagoniste de l'esprit du mal. Et la divinité qui domine le prince, de quel dieu serait-elle l'image"? La scène a un sens beaucoup plus simple : ce roi protégé par une divinité qui plane au-dessus de sa tète (p. 406, note b) est défendu par ses sujets contre l'attaque des monstres. On chercherait en vain à découvrir un mythe avestique ou une inspiration religieuse sous ces sujets purement décoratifs.
4. Je fais allusion aux Canéphores du Pandrosion et aux Géants d'Agrigente. En Egypte, dans les chapiteaux à tête d'Athor, la déesse ne porte pas les architraves, elle apparaît derrière les baies ouvertes du naos qui constitue le chapileau. M. Maspero en voit la preuve certaine dans le sistre qui, à l'origine, servit de modèle pour composer la colonne athorique.
5. On connaît au moins sous Irois aspects cette divinité. Elle se résume pai fois au Soleil ailé d'origine égyptienne, auquel les Perses, à l'exemple des Chaldéens, ajoutèrent une queue d'oiseau et des antennes pour tenir lieu des uréus supprimées (fig. 186, 247, et collect. de Clercq, pi. XXXIV, fig. 375, 376 et 37S). Au disque solaire