IDENTIFICATION DU GÉNIE AILÉ PARTHE ET SASSANIDE
Ou signalera môme deux bas-reliefs sassanicles
Nakhchè-Roustem et de Persépolis (fîg. 237), les architraves des palais (p. 305, 306, et pi. XIV), les dais royaux (fig. 186), les cylindres et les sceaux (fig. 246 à 251), et dans lesquelles on a parfois voulu voir, d'ailleurs sans en donner des raisons plausibles, Timage d'Ormazd
(fig. 260 et 261) où l'on croit avoir découvert ce môme dieu. Je ne m'occuperai pas encore de ces représentations parce qu'elli^s n'ont pas de liens apparents avec les figures ailées de la période achéménide. 11 en est d'autres au contraire, qui pour avoir été négligées ne sont pas moins fort instructives. Je veux parler des génies qui apparaissent dès le règne des Parthes (fîg. "i'ôt), puis sous celui des Sassanides (fig. 254 et 255), sur les cachets et les bas-reliefs rupestres. Ces génies^ dans lesquels on reconnaît les bons anges (xyaOo^aîp-ov, geniiis) ^
FIG. ?â5. — GÉMUS GKAVÉ
que les dieux de la Grèce et de Rome plaçaient auprès de sur un cachet sassamue.
nv(^\ (fouilles de suse.)
l'homme h tilre de gardien et de protecteur (fig. 2o3 et 25b),
ont trois traits essentiels et communs avec la divinité achéménide : ils sont ailés, tiennent à la main le diadème, signe tangible de la souveraine puissance (p. 383, note 4) et planent au-dessus du monarque. Étant donné le philhellénismc des rois
parthes, rinfïuence décisive que prirent les arts occidentaux sur la sculpture perse après l'avènement des Séleucides" et la continuité de la tradition, ne pourrait-on voir dans ces génies des époques parthe et sassanide une adaptation grecque ou romaine, suivant l'époque, d'un yazata proche parent du genius tel que le génie de la Royauté puissante et victorieuse (p. 409, note 1). En ce cas, la divinité ailée placée vis-à-vis le roi dans les bas-reliefs achéménides précités serait le prototype religieux des génies parthes et sassanides et représenterait comme eux un genius ou yazata. De même, Constantin fit frapper des monnaies au revers desquelles apparaît un genius tenant aussi le diadème, accompagné comme
FIG. ÎJC. — GÉNIES conduisant DEUX
ÉPOUX, (uunuï, U\sl. des Rom., p. 269.)
est souvent substitué le buste d'un personnage vtMu comme les rois achéménides et tenant en main le diadème, emblème de la souveraine puissance (p. 383, note 4, et lig. 180, 248, 249, 2ol). Le disque solaire évidé pour laisser place au buste se transforme enfin en un second diadème bien caractérisé par les extrémités des rubans qui se sont substitués aux antennes. En ce cas les plumes de la queue se transforment en une jupe plissée (flg. 237, 2o0 et 3S0). C'est probablement la divinité qui, au dire de Quinte-Curce (p. 40S, note 2), brillait audessus de la tente de Darius et ornait son char de guerre.
1. C'est par suite d'une méprise que M. Perrot a identifié cette image avec celle d'Ormazd. 11 n'est pas fait une allusion même indirecte à la présence réelle ou à l'image du grand dieu iranien dans les textes cunéiformes de Nalihchè-Houstem, L'inscription à laquelle M. Perrot doit sans doute se référer est une inscription pehlevi lue par M. de Sacy et placée sous un bas-relief sassanide sans aucune analogie avec le tableau qui surmonte le tombeau de Darius (p. 400).
2. Dieulafoy, Art. anl. de la Perse, vol. V, les Parthes (voy. ci-dessus p. 402, note o).
la divinité perse du croissant lunaire et entouré de cette légende bien précieuse : « Genio imperatoris » ' (fig. 257). Cette intei'prétation me semble d'autant plus plan sible que la divinité achéménide n'est pas isolée, qu'elle fait équilibre parfois au croissant lunaire (fig. 237), parfois à des chimères coiflees du pchent (fig. 250), parfois à des génies chaldéens (fig. 251), qu'elle protège même un simple particulier- (fig. 2i0).