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L'Acropole de Suse

Limites. — Grands fleuves. — Idenlification des fleuves de la Susiane. — Divisious ethnographiques. — Uépartilion actuelle des races. — La monarchie perse au temps des Parthes et des Achéménides. — Mongols brachycéphales. — Aryens. — Négritos. — Sémites. — Adjémis. — Persistance des groupes politiques et ethnographiques. — Géographie particulière du royaume de Suse. — Tribus montagnardes. — Houssi. — Habardip. — Koussi. — Nimè. — Identification de l'.Vnzan-Sousounka. — Sousounka. — Anzan. — Anzan-perse.

Tant que les hommes dispersés sur des terres qui suffisaient à leur entretien et à celui de leurs rares troupeaux vécurent en paix avec leurs semblables, ils restèrent à l'état sauvage. Les premières aspirations de nos pères vers une oi'ganisation sociale, et la hiérarchie, son inévitable compagne, furent la conséquence de la première guerre.

Les grandes familles, celles dont les Sémites nous laissent deviner la constitution sous le nom de Beni^ sentirent la nécessité de se grouper autour tlu plus sage ou du plus hardi afin de résister aux agressions des ennemis et de conquérir à moins de risques les biens des voisins. La famille devint tribu, les tribus constituèreni une peuplade. Alors commencèrent des migrations séculaires à la recherche d'herbages toujours plus plantureux, car la multiplication des hommes ('t des troupeaux condamnait les agglomérations puissantes à ravager les terres maigres et à déplacer le campement sans trêve ni repos.

Ces voyages incessants, occasionnés par les nécessités journalières de l'existence et par la contrainte non moins absolue de fuir devant des groupes puissants, amenèrent bientôt les tribus nombreuses à découvrir des pays riches et salubres.

L'Exode et la conquête de la Terre Promise, comme plus tard K's invasions Scythes, transportent ce stage des sociétés humaines dans une période historique et au milieu de nations déjà civilisées.

Les familles isolées ou trop faibles disparurent devant les vainqueurs. In jour

2 1/ ACliOlMlLK ItK SLSE.

|i(iini;iiil, Ii's (liTiiiiTs venus liircnt assez forts et assez unis pour défendre lein' pali'ie d'adoption contre de nouveaux envahisseurs. A dater do ce moment, une partie (11- la tribu se lixa sni' ditréi-ents points du i)ays : il importait de jalonner les lerriloires comiuis el d'occuper fortement les ré;.;ions les plus fertiles et les mieux situées. I^a Irnir se ti'ansforma en cabane, le campement en bourg, et ceux des nomades ipie leurs instincts poussaieni à faire souche de citadins devini'enl les habitants des premiers villages. La nation était constituée.

Les membres de ces grandes associations pourront être chassés, subjugués, mais leur souvenir survivra dans l'histoire légendaire, parfois dans la langue, les coutumes, les croyances, et toujours dans la confornuilion anatomi(|ue de leurs successeui's.

Si tcdies furent les lois probal)les (pii régirent l'établissement des sociétés naissantes, la Susian<' dut être peuplée dès l'aurore des tem|)s liistoric[ues. I^a nature semblait inviter l'homme à s'y fixer d'une manièi'c durable. De fertiles alluvious, des rivières multiples charriant en tous sens des eaux fraîches, saines et limpides, un (dimat salubre et chaud, étaient des avantages précieux poui- nos ju'iMniers parents. Les arbres n'ombrageaient |jas la terre: à peine c]uel(|ues bou(|uets de palmiers et des toufl'es de buissons grandissaient-ils tout au bord des cours d'eau, mais certaines herbes devenaient arborescentes, tandis cpu' les prairies fournissaient jusqu'au retour de l'hiver un fourrage sec, de liomie qualité. Le blé poussait à l'état sauvage; un grand nombre de plantes telles (pie les mauves et les chardons étaient comestibles. Les fauves abondaient et eussent été dangei'cnx si la plaine n'eût regorgé de gibier. L'homme et b's lions pouvaient prendre place h la même table et s'y rassasier à l'aise. Les rivières ellesmêmes nourrissaient de superbes poissons. Entin la terre jnalaxée et séchée au soleil tenait lien de |)ieri'e à bâtir et de bois de cliar|)ente. .le ne sais si Vi>\\ doit conqdei' au nombre des attractions de la Susiane ses merveilleux paysag<'s; l'homnie primitif était peut-être insensible aux beautés de la nature. Néanmoins on ne saui'ait oublier, (piand on a vécu sur les rives du ("hoaspe et de rOulai. les vastes horizons (pie limite au nord-est la cliaiiie neigeuse des Hakhtyaris. Vienne l'hiver, et aux renoncules rouges succi'dent les marguerites, les bleuets, puis de grandes cniciiï'res jaunes, ininu'iises la|)is de fleurs éidoses aux pi'cini(''res pluies et (pie consuiiieronl bienl(tt les l'îivons eml)rasés (\u soleil estival.

(Jiialre lleuves, connus des géogra])hes anciens sous les noms de Choaspe, d'Eulœos ou d'Oulaï, de (lopral('s et de l'asitigris, descendaient des montagnes, parcoui'aienl les plaines du nord au sud et faisaient bénélicier le (-(eur du pays de tous les avantages des voies navigables (voir les cartes). (À'S cours d'eau oui changé de nom. mais il est facile de reconnaflre le ('.hoaspe, le Coprat("'s ci le

IDENTIFICATION DKS FLEl VES ME LA SUSIANE. 3

Pasitigris dans la k»M'klia, rAhdizi'oul cl le Karoiiii. Seul l'Oulaï n'a pas de correspondant parmi les llouvcs modornos, car on ne sanrail idcnliiici' la rivici'c c(''lèi)rr dont les c;ui\ baignaient les murs de Suse à un ruisseau, le (lluiour, qui soui'd au nord du tombeau de Daniel et longe le vei-saut méridional des ruines du Memnonium. L'Oulai, aujourd'hui comblé, mais apparent sur son ancien parcours, était une dérivation artiticicdie de la Kerklia. Il se jetait dans le «lopratés en amont du continent de cette rivière et du Pasitigi'is. Je vei-i'ais dans le (>haour une dérivation secondaire de rOnlaï.

Fir,. I. — l'Àxr.ES F.T \OMADF.S Tl*nCOMV^S.

Le système hy(lrauliqm> de la Susiane se composait donc, en s'avançant de l'ouest vers l'est :

1° Du Choaspe ou KcM-kha, un des grands at'tluents du Tign-;

2" De rOuIaï, qui mettait en communicalion le Choaspe et le Copratès ;

o" Du Copratès ou Abdizloul, issu, counne la Kerkha, des montagnes du Loristan ;

i" Du Pasitigris ou Karoun, qui r-ecevaif le Copratès grossi, par l'intermédiaire de rOiilai. d'une partie des eaux du (>hoaspe.

L'ACHOPOLE DE SUSE.

Le Karoun se jette à la mer non loin de rembouchure du ('liat-el-Arab. Quoique traversant le pays du nord au sud dans la dernière partie de son cours, il descend des provinces orientales de la Susiane.

On pourrait encore citer quelques fleuves moins importants et plus méridionaux : l'Abergoun, ancien Hedyphon ou Hedypnus, le Zab, cours d'eau insignifiant, et (Mifin le plus large des trois, le Céfidroud, an<'ien Oroatès, dont les boucbes formaient la limite maritime de deux satrapies célèbres : l'Ouvaja (Suside) et la Pàrsa (Perse proprement dite) '.

Je ne reprendrai pas les discussions engagées au sujet de ces identifications. La découverte du site de Suse y met fin et leur enlève tout intérêt. La détermination du cours de TOulaï pouvait seule présenter quelques difficultés ; mais le problème, très bien posé |)ar Loftus, a été résolu d'une manière décisive. Je ferai seulement observer que si la ville de Suse était baignée au nord par l'Oulaï, comme on 1(! constate et comme l'affirment la majorité des auteurs classiques, au sud elle était longée par le Choaspe, distant à peine d'une lieue et demie de l'acropole royale. Ainsi s'expliquent les affirmations nettes et véridiques d'Hérodote : <( Le grand roi (Cyrus) se met en campagne, bien pourvu d(> vivres et de troupeaux de son pays. Il (miporte en outre de l'eau du Choaspe, qui coule à Suse »■, <( et plus

i. 11 serait bien ilit'licile aujourd'hui de tixer d'une inunière précise les liniiles des satrapies telles que rOuvaja, la Pàrsa, la Saraka, la Maka, riveraines du golfe Persique, si Strabon n'avait emprunlé a Néarque un périple du golfe Persique curieusement exact.

(L. XV, g 2; 1.) Des bouches de l'Indus à la frontière orientale de la Perse 13 900 stades.

(L. XV, S 3 ; 1.) Côtes de Perse '. 4300 —

(L. XV, § 3 ; o.) De la frontière occidentale de la Perse, formée par l'Oroatès, le

plus grand ileuve de la région (1. XV, S 3 ; 1), à l'embouchure du Pasitigris. . 2000 —

Soit de remboucliuri^ du Pasitigris à celle de l'Indus 20 200 stades.

D'autre part :

(L. XV, t; 3; 4.) De l'embouchure de l'Oroatès (limite occidentale de la Perse) à

l'embouchure du Tigre dans les marais 3 000 stades.

(L. XV, § 3; a.) De l'embouchure du Tigre â la nier 600 —

(L. XV, § 3; o.) De l'embouchure de l'Euphrate dans le marais, à Babvlone,

plus de 3 000

(L. XV, § 2; 1.) Côtes de laCarraanie 3 700 —

Dans ces mesures ne sont pas comprises les sinuosités des côtes (1. XV, !; 2; 8j.

En comparant la distance de l'embouchure du Pasitigris à celle de l'Indus, mesurée en milles marins, a la même distance donnée par Néarque, on constate d'abord (jue le stade employé par le lieutenanl d'.\lexaudre est le stade des navigateurs de Saraos, de 1 000 au degré. 11 résulte de ce fait :

i" Que les marais du Tigre et de l'Euphrate commençaient a plus de 3 000 stadt« (180 milles) de Babylone, par conséquent dans le voisinage de Kournah et du conHuent actuel des deux ileuves mésopotamiens ;

2° Que la mer s'avançait dans les terres jusqu'à 600 stades (36 milles) de Kournah, c'est-à-dire jusqu'aux environs de Mohamerèh;

3° Que l'embouchure de l'Oroatès, située à 2000 stades (120 milles) de l'embouchure du Pasitigris et a 3 000 stades (180 milles) de celle du Tigre, dans les marais, correspond très exactement a l'eiubouchure du Céfidroud, qui d'ailleurs est le seul grand fleuve de la région;

4° Que la limite orientale de la Perse, située à 4 300 stades :2oS millesi de l'embouchure de l'Oroatès, répond au cap de Lingèh ;

3° Que les côtes de la Garmanie, longues de 3 700 stades (222 millesi. s'étendaient jusqu'au i"\\i Dcharli.il,, limite orientale actuelle de la province de Kirman. 2. L. I, 88.

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