‹ L'Acropole de SuseChapitre 106 sur 171 · BÉLIER · texte numérisé non relu

BÉLIER

Les béliers suspendus (fig. 61 et 62) étaient les plus puissants, car les efforts combinés des hommes employés à la manœuvre servaient uniquement à leur faire décrire leurs oscillations de combat. Quant à la violence du choc, proportionnelle au poids de Tengin et au carré de sa vitesse, elle devait être redoutable. On sait en effet que les Assyriens et les Perses employaient dans leurs constructions des pièces de cèdre de fort équarrissage et travaillaient bien le fer et le cuivre; ils avaient donc entre les mains tous les éléments de béliers très massifs.

Les soldats préposés à la manœuvre saisissaient chacun l'extrémité do câbles

KIC. CI. — BÉLIER.

attachés à la poutre. Sous leurs efforts concordants le bélier entrait en mouvement; les oscillations grandissaient d'amplitude, la tète métallique effleurait la muraille. On ramenait l'engin en arrière; quelques secondes plus tard, de sourdes vibrations annonçaient que l'œuvre de destruction était commencée '.

Les chocs se succédaient dès lors avec une implacable régularité.

Si le bélier renversait aisément les murs de brique ou de pierre de 2à 3 mètres d'épaisseur, il avait peu d'action sur les matériaux de terre crue, moins aptes à transmettre les vibrations et toujours employés en niasses puissantes. Contre les maçonneries, les Assyriens employaient des poutres armées de tètes différentes suivant le but à atteindre. Celles-ci, plates (fig. 64), disloquaient les pare-

1. Diiiis la li;.'ure 61 j'ai supprime les arbalétriers et les pannes qui constituaient la couverture du beffroi afin de mieux indiquer le mode de suspension. La lipure 62 donne la coupe complète de la charpente.

ments; celles-là, en fer de lance (fig. 63 et 82), désagrégeaient les matériaux déjà ébranlés.

L'engin s'attaquait-il à des murs de brique ou de pierre, il frappait la courtine ou la face des tours normalement à leur surface. Etait-il dirigé contre une forteresse de terre il se bornait à briser les angles et à détruire les flanquements. Le beffroi de suspension était porté sur des roues, babillé d'une carapace solide faite de claies recouvertes de peaux fraîches ou d'une grossière étoffe de laine, et protégé contre les projectiles lancés de plein fouet par un mantelet au travers

KIG. G2. — EÉLIEK (COCPE T R ANS V EnS A L E).

duquel passait la poutre (fig. 64 et 66). La toiture, voûtée en berceau afin de mieux résister aux gros projectiles lancés du haut des remparts, était surmontée d'une coupole correspondant au point d'attache des câbles (fig. 61, 62, 63, 70, 82). On transformait parfois la charpente du dôme en une véritable tour où prenaient place des archers et les soldats chargés d'humecter l'enveloppe protectrice du beffroi et de la rendre incombustible (fig. 66).

Quand la garnison n'avait pu s'opposer à la mise en batterie d'un bélier, elle s'efforçait de réduire l'engin à l'impuissance. Les défenseurs s'ingéniaient alors à détacher le chapeau métallique en laissant tomber sur la poutre un tronc d'arbre ou un quartier de roc. Parfois ils saisissaient la tète du bélier dans un nœud coulant et paralysaient ainsi la manœuvre. Quoique délicate, cette opération

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