BELIER
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devait souvent réussir. Elle estreprésentée sur un bas-relief découvert à Kouyoundjik (fig. 60) et décrite par nos vieux chroniqueurs :
E cels (lins caii o viron (la dislocation Jii mur) no son pas esperdiiLz
Ans feiron latz de corda ques ab lengenfi tendutz
Ab quel cap del bosso (bosson, bélier), fo près e retengutz '.
L'illustration a précédé la légende de plus de 3 000 ans.
Contre la capture du Ix-iier il n'était d'autre remède que le brisement des
FIG. G'i. — TÊTE DE BÉLIER E\ FER DE HNCE (CK ITISII Ml'SEUMj.
liens. C'est à les rompre en effet que s'acharnent les Assyriens dans le bas-relief précité.
Les assiégés avaient encore la ressource d'incendier le beffroi. Soit que des sorties fussent dirigées contre les approches, soit que des torches enflammées fussent lancées du haut des murs (fig. 66), ils ne se faisaient faute de le
1. Hist. des crois, contre les Albigeois, l. c, i'° série, vers 4402. Cbrist. de Pisan [Le livre des /'(((7s et bonnes mœurs du sage roy Charles, ch. xxsv et xsxvn) indique le même procédé. Les poliorcétiques grecs {.finéas, Défense des places, § XXXII, 3 et 4. Philon, 1. III, § 3,6,7, 10) recommandent de blinder les murs avec des matelas très mous — cela était inutile quand il s'agissait de murs de terre, — d'écraser la cliarpente du bélier avec de grosses pierres, ou de briser la tète de l'engin, soit avec une pierre, soit avi;C un contre-bélier.
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tenter ' et auraient certainement réussi si les ingénieurs n'avaient habillé les machines de corps incombustibles dont on jirenait soin d'exalter les propriétés par des arrosages ininterrompus et copieux (lig. 66) ■.
La mine, la sape, le bélier faisaient brèche dans l'obstacle.
Au lieu de renverser un. retranchement, mieux valait parfois essayer de le franchir.
Les terrassements, les tours mobiles, les échelles étaient utilisés à cet usage.
L'assiégeant songea tout d'abord à élever inur contre mur, tour contre tour, à bâtir en face de la fortification ennemie une fortification rivale, plus puissante, plus haute, qui lui permît de dominer les remparts et les défenseurs de la ville investie. On remua donc beaucoup de terre autour des places fortes de l'antiquité (fig. 69).
'( Lorsque vous mettrez le siège devant une ville et que le siège durera longtemps, vous l'envelopperez pour la prendre de remparts et de tours ^.. »
(( La neuvième année du règne de Sédécias, le dixième jour du dixième mois, Nabuchodonosor vint avec toute son armée contre Jérusalem, établit son camp devant la ville, qu'il entoura d'un retranchement*... »
<( Voici donc ce que le Seigneur a dit touchant le roi des Assyriens : il n'entrera point dans cette ville (Jérusalem) et il n'y jettera point de flèches, il ne l'attaquera pas avec le bouclier et il n'élèvera point de terrasses autour de ses murailles ^ »
Les artistes assyriens sont aussi précis que la Bible. Ils nous montrent les travaux de contrevallation (fig. 59 et 100) et se plaisent à représenter ces longues chaussées qui du bord de la contrescarpe se dirigent vers les murailles (fig. 59, 66 et 82).
En face d'une place défendue par de profondes excavations, les assiégeants commençaient en effet par combler le fossé. Était-il vide, la garnison s'efforçait de retirer la nuit les terres apportées le jour; était-il plein d'eau, le travail risquait encore d'être très lent, car les remblais délayés prenaient un talus très adouci.
1. L'incendie des machines était encore le moyen le idiis sûr de les détruire (.-Enéas, S XXXIII et XXXIV. Philnn, 1. III, S 1, 3, 23). Les récits des sièges laissés par Arrien, IJiodore de Sicile, Josèphe, Polybe, etc., sont en partie consacrés aux elTorts des assiégés et des assiégeants pour incendier ou protéger les machines. Les Perses étaient des incendiaires très redoutables. Diod. de Sic, I. XVII, ^ 21-, 2b et 20.
2. Voir à ce sujet la longue dissertation de Philon, 1. III, § 8, 23, 2o, 34, et les précautions imaginées pour combattre les incendies. Id., 1. IV, S 13 et 26. .Enéas, XXXIII et XXXIV; Héron, § 20, 5; .\pollodore, éd. Vercher, p. 173; Polybe, IX, § 15, Siège d'Eninc.