PALAIS DE SARGON
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La plate-forme du palais et le chemin de ronde régnaient ensemble à 14"°, oO au-dessus du sol.
L'habitation du roi était elle-même défendue pai- une haute muraille, moins puissante que Tenceinte de la ville, mais mieux flanquée dans toutes les parties réputées dangereuses (fig. 84).
M. Place, qui continua les fouilles de Botta, ne paraît pas avoir retrouvé de fossé extérieur. Cela ne signifie pas qu'il n'existait pas d'obstacle excavé. Tout remblai nécessite un déblai; la construction d'une forteresse de terre, le creusement de profondes tranchées. Négliger l'aide matérielle des chambres d'emprunt ainsi créées au devant de la place eût été une faute grossière. Ni les Chaldéens, ni les Susiens ne la commirent. Pourquoi l'imputer aux Assyriens, leurs adversaires et leurs élèves?
Je n'aime guère à relever des inexactitudes de détails ou des oublis dans les œuvres sérieusement étudiées. La restitution de la forteresse de Dour-Charyoukin comporte pourtant deux autres erreurs, que je ne saurais passer sous silence parce que l'une et l'autre sont graves et ont été propagées par tous les traités d'archéologie assyrienne.
Le plan général des fouilles, les élévations, les coupes et la restitution générale (fig. 84) établissent : 1° que le sol de la ville était à peu près horizontal; 2° que le chemin de ronde de l'enceinte s'arasait à la hauteur de la plate-forme du palais, c'est-à-dire à 14°',50. C'était une sage mesure, car il ne fallait pas donner aux ennemis maîtres de la première enceinte des vues dangereuses sur le terre-plein du palais.
D'autre part, en mesurant sur les restitutions partielles (fig. 87 et 89) de la forteresse la hauteur du chemin de ronde, on constate avec surprise que cette même hauteur, cotée 14", 50 sur les dessins des fouilles (fig. 86) et sur la restitution générale (fig. 84), atteint ici 24 mètres.
Le désaccord entre les documents directs et les restitutions est manifeste et inexplicable.
J'adopte d'autant plus volontiers les dimensions relevées au cours des fouilles que seules elles sont compatibles avec la résistance du pisé employé dans la construction. Des murailles en terre de 24 mètres d'élévation nécessitaient, comme l'ont fort bien compris MM. Place et Thomas, des tours de 31 mètres. Mais ces tours auraient exercé à la base des pressions de 4 kilos par centimètre carré, inadmissibles en l'espèce, tandis qu'une muraille haute de 14", 50 et des tours de 19", 95 cadrent avec toutes les données constructives et poliorcétiques.
Le second lapsus me semble plus grave.
Le grand escalier, tel qu'on l'a restitué (fig. 84 et 85), n'est pas défendu et n'est pas défendable. Bien que les degrés soient compris dans l'intérieur de l'enceinte
ENCEINTE DE DOrR-CHAHYOUKlN.
générale, cette restitution paraît vicieuse et contraire aux traditions chaldéennes, susiennes et persépolitaines (p. 174, 235 et 243, fig. 83, 126 et 139). Elle l'est d'autant plus que l'état des lieux ne l'autorise pas : à l'endroit même où le grand esca-
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ne. Sj. — ESCALIER IlESTAURÉ DEVANT LE MUR CD.
lier a été disposé, on ne constate sur la muraille (fig. 86) aucun arrachement, aucune harpe de nature à le motiver. Le mur, en parfait état de conservation, est lisse et uni.
FIG. 80. — tTAT DU MUR CD D'aPRÉS LES FOUILLES.
Telles qu'elles se présentent après l'adjonction du fossé extérieur, l'abaissement du mur et le déplacement de l'escalier, les fortifications de Dour-Charyoukin sont correctes et d'une simplicité sans doute intentionnelle. La demeure du roi joue au
L'ACHOrOLE DE SUSE.
regard do ronceinte le rôle d'un l'orniidable donjon. L'ennemi, après avoir enlevé la première muraille, devait mettre le siège devant le palais, et dans chacune de ces
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FIG. 87. — COtPE LONGITUDINALE d'uNE PORTE (b EST A U II * Tl 0 N DE M. PLACE).
opérations militaires il risquait d'échouer faute de procéder avec méthode et lenteur.
La sobriété du tracé et des profils montre que Dour-Charyoukin n'était pas une place de premier ordre. On avait sacrifié la défense à la r<'gularité et à la majesté de la demeure royale. Au cours d'une guerre malheureuse, la ville et le palais