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l'arrivée de la garnison. 11 fallait donc accumuler, dans le voisinage des baies, des défenses assez puissantes pour décourager l'assaillant et assez multiples pour donner le temps aux défenseurs de fermer les vantaux et de se rendre à leur poste de combat.
Les anciens Égyptiens se contentaient de couder les couloirs qui suivaient et précédaient les portes (fig. 73); les Chaldéens, mieux avisés, forçaient l'assiégeant à gravir un escalier disposé entre deux tours, à contourner des ouvrages saillants et à suivre le chemin de ronde avant d'atteindre les véritables entrées de la place (fig. 83). A Médinet-Abou on plaça la baie au fond d'un rentrant et derrière un mur, sauvegardant ainsi les droits de la défense sans apporter en temps de paix aucun obstacle à la circulation (fig. 80 et 81),
Les ingénieurs de Sargon adoptèrent ce même type, qui était d'ailleurs d'origine asiatique.
La porte s'ouvre entre deux tours puissantes très rapprochées. Quand on s'est engagé sous la voûte et alors même qu'on a franchi les huisseries, on doit traverser deux pièces longitudinales barricadées ou garnies, au moment du siège, de défenses accessoires. Et comme il fallait se prémunir contre les ennemis du dehors et du dedans, le dispositif extérieur fut répété sur la façade qui regardait la ville. L'épaisseur du massif de la porte (fig. 88) dépassait 128 mètres. C'est assez dire qu'il défiait les atteintes du bélier, des sapes et des mines.
Un châtelet flanqué de tours complétait le système de défense.
La porte du châtelet était placée au sommet d'un dos d'âne dont les pentes et rampes très l'aides remplissaient dans le plan vertical le rôle du tracé en baïonnette dans le plan horizontal et rompaient par leur inclinaison l'élan des assaillants (fig. 87). Tel qu'il a été restitué dans l'ouvrage de Place, le châtelet est plus nuisible qu'utile.
Beaucoup moins épais, beaucoup plus bas que l'enceinte, il était une proie facile à enlever, un marchepied tout préparé pour abattre les tours et tenter l'escalade de la courtine.
Cet inconvénient est si manifeste que MM. Thomas et Place n'ont pas osé surélever les tours du châtelet au-dessus des courtines, et que pour conserver un commandement suffisant aux chemins de ronde de l'enceinte, ils lui ont attribué cette énorme hauteur de 24 mètres, en désaccord avec les fouilles, leurs dessins et la statique, toutes fautes très graves.
Il est probable que le châtelet, réglé à la même hauteur que l'enceinte, avait pour unique rôle de masquer les portes de la ville. On ne pouvait songera l'enlever de vive force puisque ses courtines étaient mieux flanquées que celles de la muraille ; encore moins le miner et l'abattre, puisque derrière le rempart renversé on eût trouvé un second rempart identique à celui que l'on venait de ruiner.