‹ L'Acropole de SuseChapitre 128 sur 171 · Hérod · texte numérisé non relu

Hérod

IMGllR-BEL. 191

furent dérasées, nivelées et les briques sigillées au nom de Nahuchodonosor, transportées dans le corps des nouveaux murs'.

La construction des nouveaux remparts remonterait à l'époque qui s'écoula entre l'incendie des palais de Suse et la restauration du Memnonium par Artaxerxès*; elle serait donc postérieure à Hérodote et antérieure à Ctésias et à l'expédition d'Alexandre.

Ainsi s'expliquent la disparition des remparts de Nahuchodonosor, la suppression du fossé devant l'enceinte de 360 stades, les dimensions réduites de la même enceinte et enfin les longueurs dillerentes données au périmètre par Hérodote et par Strahon.

La détermination du profil d'Imgur-Bel est hien autrement délicate que la mesure de son développement.

Hérodote, le seul des auteurs grecs qui ait vu les ruines des fortifications de Nahuchodonosor, donne à la muraille 50 coudées de largeur et 200 de hauteur ^ Je ne comparerai pas ses chiffres à ceux des historiens plus modernes, encore moins échafauderai-je des hypothèses, rechercherai-je si les cotes de hauteur sont comptées du plafond du fossé ou du terrain naturel, si les 200 coudées se rapportent aux courtines ou aux tours : les mesures telles qu'elles nous ont été transmises sont certainement interverties. H était aussi impossible qu'inutile de construire une muraille en briques de 105 mètres de hauteur*. Impossible, parce qu'un pareil ouvrage s'écraserait sous son propre poids; inutile, parce que les grandes hélopoles de l'époque d'Alexandre n'induirent pas les ingénieurs grecs à donner aux courtines plus de 15 à 18 mètres de hauteur. Témoin les remparts célèbres de Carthage et de Jérusalem (p. 189, note 7, et page 217, note 1), construits pourtant en pierre de taille, et l'enceinte byzantine de Constantinople (fig. 95).

De prime abord on ne voit d'autres limites aux dimensions d'un rempart antique que celles imposées par le budget de chaque ville ou de chaque Etat; pourtant elles sont nombreuses.

Je citerai d'abord la résistance des matériaux à l'écrasement.

La limite théorique variable avec la nature des briques et des pierres ne doit jamais être atteinte dans les édifices civils. .4 fortiori, doit-on s'en écarter dans les

1. Les palais bàlis à Suse iiar Daiiiis sont ronstruils avec des briques provenant de monuments élamites; l'apadàna d'Artaxerxés Mnémon renferme, dans le corps des murs, des matériaux utilisés déjà, sous le règne de Darius.

2. Ce fait est une conséquence dos fouilles du Memnonium. On peut considérer comme à peu près certain que les rois de Perse habitèrent Babyloni' de ])référence à Suse pendant le siècle qui s'écoula entre l'incendie et la reconstruction de l'apadàna. Je revicnthai sur ce sujet en parlant des palais.

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