On trouvera ces dimensions dans le III" fascicule
2. Les merlons à trois étages du zigourat ont 1",06 et se composent de neuf lits de brique. 11 n'y a pas lieu de tenir compte du crénelage du palais restitué et accepté sans preuves suffisantes (Place, Ninive).
PARAPET CRENELE.
Largeur du gradin supérieur 1 pied (0™,3o)
— du gradin intermédiaire 2 — (()°',72)
— du gradin inférieur 3 — (l^iOo)
Distance d'axe en axe des nierions 4 — (1™,44)
Largeur de l'arclière 1/4 — (O'»,089o)
Càtc' du triangle surmontant l'archére 1 — (0™,35)
Grâce aux nombreux documents fournis par les édifices persépolilains et susiens, le profil du parapet peut se reconstituer aussi exactement que son élévation. Le couronnement de la frise des Lions apprend que le parement supérieur des merlons inclinés de 22° 30' formait égout vers l'extérieur afin de faciliter le tir à barbette ; la rampe crénelée d'un escalier persépolitain (fig. 103 et 104) ', que le corps du parapet était divisé en deux sections de hauteur et d'épaisseur inégales et que les archères s'ébrasaient vers l'intérieur et l'extérieur*; la rampe crénelée du grand escalier de Suse, que l'épaisseur du parapet répondait à deux ou quatre briques ^
En conséquence, j'ai divisé le parapet en deux parties d'épaisseurs et de hauteurs différentes.
L'une, servant de socle ou de banquette (fig. 103 à 106), a reçu l'épaisseur maximum de 4 pieds (1°',44) ; l'autre, constituant le merlon proprement dit,
2 pieds seulement (0"',72). La hauteur de la banquette fixée à 1 pied 1/2 est telle qu'un archer posté sur le chemin de ronde peut décocher ses flèches à travers la première encoche des créneaux ou la meurtrière des merlons (fig. lOo)*. Quant aux merlons construits
à l'extérieur sur six briques ou trois pieds d'élévation, ils atteignent à l'intérieur
3 pieds 1/2. Ce surcroît de hauteur répond pour une épaisseur de 2 pieds à la pente de 22° 30' des parements supérieurs. En essayant de restaurer le merlon d'angle ABDC (fig. 107) on s'aperçoit qu'il est beaucoup trop faible, et si on veut le
FIG. 104. — ESCALIER PERS ÉPO L IT AIN. — COUPE TRANSVERSALE SUIVANT AB.
1. Dieulafoy, AH ant. de la Perse, vol. II, pi. XV, et vol. Ill, p. 80, fig. 111.
2. liL, ibid. Cette disposition particulière d'embrasure également recommandée par Philon (1. I, 17, et 1. III, 1), et dont l'antiquité offre des exemples, présente de nombreux avantages. Elle était très solide, masquait bien le défenseur sans rétrécir outre mesure l'angle visuel.
3. Ces largeurs, on le verra dans la troisième partie de cet ouvrage, sont des minima imposés par la décoration.
4. Josèphe (Guerre des Juifs, liv. V, 13) nous a laissé des renseignements bien précieux sur le crénelage qui couronnait l'enceinte de Jérusalem bâtie par Agrippa, roi de Juda (i" siècle de l'ère chrétienne). La partie pleine du parapet avait 2 coudées, et le merlon 3 coudées de hauteur. A Suse le merlon avait 3 pieds; en estimant à 2 pieds la partie pleine, j'ai conservé la même proportion et presque les mêmes dimensions que les ingi'nieurs de Jérusalem, car le pied susien évalué à O",3o8 est considérable. J'ajouterai que le parapet des forteresses byzantines est profilé et coté dans le même esprit (fig. 106).
L ACROPOLK DE SUSE.
renforcer suivant AM, DN, qu'il pénètre les deux nierions HH'riG', EE'FF' qui le comprennent. On est forcé, pour le consolider et l'isoler tout à la fois, de substituer aux flancs normaux AB, DB des flancs parallèles à la capitale et de démaigrir
Rrr,. 105. — DÉFENSE I)U PAIIAPET SlISIEN.
les deux merlons voisins (fig. 108), substitution excellente d'ailleurs, puisqu'en permettant aux assiégés de défendre directement les saillants et de décocher des projectiles suivant la direction des capitales elle atténuait d'une façon notable les inconvénients si graves des secteurs privés de flèches.
Jl va de soi que les parapets étaient bâtis en briques cuites. Les couleurs réparties sur le bas-relief des archers, sur l'image héraldique de la citadelle placée
PàllAPETS.
au centre des armes de Suse, et mieux encore l'enduit vitrifié tles nierions qui couronnent la frise des Lions, indiquent en outre que les briques en parement étaient couvertes d'un émail gris bleuté très résistant.
Pendant la première période du siège, archers et frondeurs lançaient leurs
HOUHDS.
projectiles à toute volée sans se préoccuper des traits ou des pierres venus du camp ennemi.
Les assaillants s'avançaient. Une partie des archers de la garnison montait sur la banquette et tirait à barbette par-dessus les étages supérieurs des merlons; d'autres archers, installés sur le chemin de ronde, décochaient leurs flèches à travers les créneaux;
un troisième rang d'archers ou de frondeurs tirait à la volée (fig. 105).
L'assiégeant s'approchait des murs, et, garanti par d'immenses pavois, il lançait des traits plus dangereux. Les défenseurs s'accroupissaient alors sur la banquette et visaient à travers les meurtrières disposées pour un tir très plongeant, tandis que les troupes demeurées sur le chemin de ronde continuaient à tirer à la volée.
Les béliers battaient les murs.
Les défenseurs des ouvrages flanquants pouvaient encore cribler de projectiles les troupes ennemies, mais les archers des courtines directement opposés aux ma-
FIG. 108. — MEULON DANGLE.
chines se retiraient derrière les merlons et, à moins de se découvrir et de s'olfrir sans protection aux coups de l'ennemi, se bornaient à tirer sur les défenseurs des hélépoles. Hourds. — Afin de corriger ce grave inconvénient, les ingénieurs chaldéens encastraient dans la maçonnerie du parapet une charpente formée de madriers et de rondaches et dressaient ainsi un ouvrage léger, surplombant le pied de la maçonnerie et donnant à la fois un flanquement plus étendu et une saillie très favorable à la défense (iig. 58, 59, 66, 72, HO, 111, 112, 114, 115, 116).
L'ACHOPOLE DE SUSE.
Ce sont les hourds, dont j"ai déjà eu l'occasion de parler (p. 198, note 1).
Les hourds représentés sur les bas-reliefs assyriens ne semblent pas couverts. Une toiture était pourtant nécessaire pour garantir les défenseurs de la grêle de projectiles lancés à toute volée par les archers et les frondeurs ennemis '.
Grâce aux ouvrages en encorbellement, les assiégés obtenaient un tir assez plongeant pour raser les murailles et manœuvraient sans péril les quartiers de roc, les troncs d'arbres, les matières chaudes ou combuslil)les qu'ils laissaient tomber sur les assaillants logés au pied des remparts (fig. 1 15).
Les hourds, faciles à installer, se plaçaient tard, non sans raison. Tant que les
Chemin de ronde de ra¥aat-iDur
FIG. 109. — CBÉMAll.l.ÈBE FLiNQUÉE DE T 0 1 H S DK l'e^CEIMTP. C4SEM4TÉE.
merlons étaient découverts, la disposition triangulaire de Tabri et la banquette du parapet permettaient de multiplier les lignes des défenseurs et d'abriter un nombre très considérable d'archers. Après la construction du masque, un seul soldat, deux peut-être, trouvaient place dans chaque créneau. Très utiles dans les périodes du siège où la précision du tir compensait le nombre des projectiles, les hourds eussent donc nui à la défense tant qu'il était nécessaire de racheter la justesse des armes de jet par la multiplicité des flèches et des pierres.
Enceinte casematée. — L'enceinte casematée (E) était constituée par une muraille épaisse de 28 pieds (10"", 02), haute de 25 (8"°, 95), massive sur une hauteur de
\. l'iiilon recommande expressément de couvrir les courtines d'un toit (1. I, i3). Sans parler des enceintes de Rimie, des tours de .Messéne, de Ponipéi (IJe Rochas. Priiitipes de la fortif. nnt., p. 91, pi. III, p. 81, pi. I ; p. 86, pi. II). On peut affirmer aujourd'hui que les Grecs abritaient sous une toiture très solide les défenseurs des remparts. (Choisy, Études épig. sur l'arch. grecque, p. 43 et suiv.)