CHAPITRE YIII
Conclusion. — Attaque pied à pied. — Choix du point d'attaque. — Travaux d'investissement. — Comblement du fossé. — Construction des chaussées pavées. — Mines. — Travaux de sape. — .-Vttaque de l'enceinte casematée et de la muraille. — Défense de la brèche. — Ouvrages intérieurs.
La restauration des enceintes susiennes était un problème trop complexe pour qu'il fût possible de le résoudre sans quelques tâtonnements. Afin de présenter dans leur ordre tous les éléments de la fortification et d'en bien définir le rôle, je m'efforcerai de décrire les dilTérentes phases de l'attaque et de la défense du Memnonium, dussé-je m'exposera quelques redites.
Ue tout temps les chefs de guerre ont eu recours, pour prendre une place, à six méthodes différentes : la trahison, la surprise par ruse, l'attaque de vive force, l'investissement et le blocus, l'attaque pied à pied, et enfin, depuis l'invention de l'artillerie, le bombardement.
Les troupes audacieuses ignorantes et mal pourvues de matériel ont généralement recours à la trahison, à la surprise, à la ruse ou aux attaques de vive force.
Les armées puissantes usent parfois de l'une de ces méthodes avant ou après l'insuccès des sièges réguliers; leurs moyens d'action les plus habituels sont néanmoins le blocus et l'attaque pied à pied.
Dans l'antiquité, les Hébreux préférèrent les voies d'industries, les Assyriens la force.
Si l'on en croit les traditions recueillies par Hérodote ', la ruse fit tomber deux fois Babylone aux mains des rois achéménides, mais ces deux sièges furent des exceptions, caries Perses comme les Assyriens durent les places "qu'ils conquirent au talent de leurs ingénieurs.
La ruse, la trahison, les attaques de vive force, ont toutes pour objectif une baie quand la hauteur des murs exclut l'usage des échelles. A ce danger, il n'est qu'un remède : ne pas lier le sort d(^ la ville à la possession des issues. La garnison se reformera pendant qu'autour de la porte se déroulera le pnnnier acte du drame, et l'ennemi, après avoir usé tout(> sou industrie dans une conquête précaire, se livrera peut-être de lui-même aux mains (l(>s assiégés.
Cette situation avait été parfaitemen comprise à Suse. Je dois ajouter que