XII. Ils s'étaient emparés de Lot, fils du frère d'Abram
XIV. Dès qu'il sut que son parent était captif, Abram réunit ses familiers nés dans la maison au nombre de trois cent dix-huit et poursuivit les vainqueurs jusqu'à Dan.
XY. En divers endroits il les attaqua pendant la nuit, il les défît et les pouisuivit jusqu'à Hoba, qui est à la gauche de Dammesseq (Damas).
XVI. Il ramena avec lui tout le butin qui avait été pris, et Lot son parent, avec son avoir, ainsi que les femmes et tout le peuple".
La victoire d'Abram Se borna sans doute à une heureuse razzia dirigée contre les traînards de l'armée susienne. Les Arabes sont restés les fidèles disciples de leurs aïeux.
Malgré ce léger échec, Koudour Lagomer fut un prince puissant; mais, sous le
i. Oppert, Hist., p. 9 et 10. — Lenormaiit, Hkt., t. III, p. -21-23 et 28-20. — C. Rawlinson, The fîve oreut monarchies, t. I, p. lo9-161.
2. Genèse, XIV, traduct. de M. Ledrain. — (i. Kawlinsoii, /. c, p. lOI-IO:!, t. 111, y. 43. — Lenorraant (la Langue primitive de la Chaldée, p. 372-379).
rof^ne de ses successeurs, la victoire se montra intidèle aux armes kissiemies. ('/est peut-être à cette époque qu'il faut rapporter la prise d'Anzan ou d'une ville d'Anzan par le ])atesi Goudc'a'.
Ouelques textes font encore nuMition d'un roi cosséen, Khammouragas ou Kiiammourabi, qui détrôna Ellabaou, reine de Babylone, et réunit dans sa main souveraine les sceptres de la Susiane et de la Chaldée. Des inscriptions récemment lues par M. Pinclies restituent ce prince aux dynasties chaldéennes ■.
Les invasions égyptiennes dirigées par les monarques de la XVIIT et de la XIX' dynastie atteignirent aux rives du Tigre, mais respectèrent l'Elam. Si les Ramsès et leurs prédécesseurs eurent souvent à lutter contre les noirs, ils rencontrèrent leurs ennemis à peau brune au sud de l'empire. Les premiers rois d'Assyrie ne semblent pas non plus s'être attaqués à l'Élam. Touklathabalazar [Toiajoiilit- [jalécharray , lui-même, « le roi puissant, le destructeur des méchants, celui qui anéantit les bataillons enntmiis », ne pénétra jamais en Susiane.
In fait bien singulier se dégage de ces premières études. Bérose, qui eut à sa disposition les annales chaldéennes, qualifie de Mèdes les rois de la seconde dynastie babylonienne, rois qui précédèrent les souverains susiens sur le trône de Babylone. Dans la pensée de Bérose, Mède n'équivalait pas à Aryen, il est même probable que l'historien des rois de Chaldée désignait sous le qualificatif de médiques toutes les populations mongoliques de la Médie et des monts des Zagros, et qu'il opposait médique à susien et aryen. A la deuxième dynastie, dynastie blanche brachycéphale, auraient donc succédé des rois de la plaine susienne, c'est-à-dire des rois noirs. Hypothèse confirmée par les inscriptions d'Achchourbanipal *, jtuisque Koudour Nakhounta transporte, non pas dans la montagne, mais dans ses palais de Suse, le butin fait en Chaldée et la fameuse statue de la déesse iNanâ. Vers l'an 2300 avant Jésus-Christ l'hégémonie des plaines du Tigre et de l'Anzan- Sousounka était donc exercée par une dynastie de rois négritos.
L'avènement de la dynastie médique correspondrait peut-être à l'arrivée dans le sud d'une immense invasion scythe.
Repoussé par les Susiens noirs après avoir pris possession des montagnes de l'Anzan, le flot des brachycéphales se déversa sur les plaines du Tigre et resta maître du pays jusqu'au jour où Koudour Nakhounta assujettit la Chaldée et fonda l'Anzan-Sousounka, en ajoutant à la plaine noire — Niniê, Koussi, Habardip, Houssi — tous les districts montagneux, peuplés par les blancs de race scythe ^
1. statue B, insciiplion. Voir iup., p. 16, note 2. ■2. Maspero, Hisl. ancienne des peuples de l'Orient (1S86), p. 188 et 189.
H. Les noms propres assyriens sont sujets à des variations si fréquentes que je m'en tiendrai pour les plus connus à l'orthographe vulgaire. J'indique entre parenthèse les transcriptions données par M. Maspero (I880J. 4. Inscriptions déjà citées. Sup., p. b'J, note i. i). Sup., p. 32, et not., p. 40 et suiv.
BATAILLE llE DABA>'. CI
Dans cette période archaïque l'histoire est encore si incertaine qu'elle confine à la légende. Franchissons plusieurs siècles.
Les années qui suivirent le règne de Touklathabalazar furent pour l'Assyrif* des siècles de deuil.
Que devint la Susiane pendant cette longue période où dormirent les armées d'Achchour?
On l'ignore encore. L'écho assourdi des invasions aryennes qui menaçaient les frontièr(>s du sud et de l'est et, plus tard, des luttes de l'Assyrie renaissante contre les peuples du non! parvint sans doute au Memnonium^ mais les soldats d'Élam ne furent jamais engagés contre les Sémites. C'est au moins la conséquence probable du silence que gardent les inscriptions cunéiformes à l'endroit de la Susiane.
Touklatadar (88O-880), Achchournazirpal (880-86O) et Salmanasar III [Chalnuinouschour^ 860-822) employèrent leur règne à lutter contre les royaumes juifs, la Chaldée, la Médie et l'Arménie.
En 819 le nom de l'Elam apparaît enfin dans les chroniques des rois de Ninive. Sentant qu'il était d'un intérêt vital pour la monarchie de mettre un terme aux entreprises des Assyriens sur la Chaldée, le roi de Suse s'allia à Mardoukbalatirib [Mardoukbalatsouikbi), qui régnait à Babylone, et livra bataille à Samsibin III [Chamchiramdn 7F), successeur de Salmanasar. Quoique vaincus à Daban (819), les coalisés continuèrent à fomenter la guerre contre Ninive. Binnirari III {Ramdnnirari) soumit la Mésopotamie et porta les limites de l'empire jusqu'aux frontières de l'Élam (780). Au moment où les deux nations rivales allaient en venir aux mains, l'Assyrie subit une de ces crises terribles auxquelles sont sujettes les monarchies militaires quand elles tombent sous le joug de souverains incapables ou fainéants'.
Vers le milieu du viii° siècle (745) régnait à ISinive Tiglathphalasar II [Touyoultipalécharra). A la même époque, Babylone obéissait à Nabonassar [Nahoundsir).
Après un repos d'un demi-siècle, les guerriers d'Achchour s'ébranlaient de nouveau. Tiglathphalasar II « descendit vers Accad, rançonna les villes de Rapping, de Hamran et enleva les dieux de la ville de Sapassou' ». Ses campagnes en Arménie et en Médie, ses expéditions contre les Arabes rétablirent le prestige des armes assyriennes. Les victoires de Tiglathphalasar eurent un contre-coup en Chaldée. Borsippa se révolta et les efforts du roi de Babylone pour réduire ses sujets rebelles demeurèrent infructueux ^
1. Masporo, Histoire (incicnne des peuples de t'Orienf (ISSfi^ p. 303 et suiv., 383.
2. Chnmique babylonienne d'AnabuUakkil, traduite par M. Oppert, Mém. Institut, 1887, p. 00.