Idem
KOLIiOlH NAKIIOIMA II. 05
Dans cette lutte sans merci, les succès de la veille balançaient les revers du lendemain. Pendant que le roi d'Élam vengeait son allié, les troupes babyloniennes se laissaient battre à plate couture et abandonnaient leui' maître aux mains des ennemis. Mouchèzibmardouk s'assit sur le trône de Babylone (693)'.
Le peuple de Suse avait assisté frémissant au drame qui avait porté Kballoudouch sur 1(> trône. 11 le toléra victorieux; le jour où la fortune déserta la cause royale, il s'empara de l'assassin de Soutrouk Nakliounta et le tua'.
Le trône échut à Koudour Nakhounta II, le iils du malheureux Souti-ouk \
Dès son avènement (69.3), le nouveau roi se donna pour tâche de témoigner à ses puissants voisins son aversion patriotique. Il en vint jusqu'à i-ecueillir les habitants de Bît-Yakîn que lassait la tyrannie de Ninive. C'en était trop. Après avoir promené les armées d'Achchour du fond de la Médie aux frontières de l'Egypte, rangé les Babyloniens au nombre de ses vassaux, SiMinachérib ne pouvait tolérer sur ses frontières ce petit peuple au patriotisme ardent, ces maîtres de rune des plus riches provinces de l'Asie, ces Kissiens invincibles, véritables taons attachés au flanc de la monarchie. L'injure était flagrante. Néanmoins le roi se crut forcé de couvrir son agression d'un prétexte religieux et réclama les statues divines que Koudour jNakhounta L' avait enlevées du pays d'Accad, seize cent trente-cinq ans auparavant*. Il espérait que, dans une cause où le ciel était partie, le trii)uiiai des grands dieux n'oserait se prononcer contre Achchour.
Sennachérib n'était pas le premier roi qui eut formé le dessein d'asservir l'Klam. Depuis la fin du vni'' siècle tous ses prédécesseurs avaient caressé ce projet, mais tous s'étaient heurtés à une résistance opiniâtre qui avait transformé leurs succès en quasi-défaites. Pour soumettre les Kissiens il fallait atteindre Suse, et pour frappei' la capitale on devait franchir une frontière protégée pai' la mer, des montagnes inaccessibles ou des places fortes appuyées à des déserts et des marais. Les rivages du golfe Persique étaient restés ouverts ; les Susiens ne péchaient point par imprévoyance, car jamais une flotte de guerre n'était apparue dans ces régions.
Depuis de longues années iNinive disposait de la marine de Tyr et (W Sidou. Sennachérib conçut le dessein hardi de l'utiliser contre l'Élam et de lui confier ses bataillons. Conduire la flotte phénicienne au fond du golfe Persique était impraticable; on pouvait toutefois acheminer sur Babylone des matelots et des charpentiers de marine; ainsi fut fait. Une flotte superbe construite à l'embouchure du Tigre transporta l'armée assyrienne sur la côte sud de la Susiane, et cela avec une telle rapidité que les armées de Koudour Nakhounta II, qui s'attendaient à être attaquées par le