‹ L'Acropole de SuseChapitre 53 sur 171 · Sup., bataille de Kbaouli, p · texte numérisé non relu

Sup., bataille de Kbaouli, p

OUiMMANALDACII 111. 75

La double campagne de Chaldée et d'Élam avait été menée avec une décision (>t une» rapidité remarquables. Achchourbanipal recueillit bientôt le fruit de son habileté.

Les Babyloniens, abandonnés à leurs propres forces, résistèrent jusqu'à la dernière extrémité. Ils en furent réduits à se nourrir de la chair de leurs fils et de leurs filles. Les horreurs du premier sac furent dépassées ; il ne semblait pourtant pas qu'on piit mieux faire. Chamachchoumoukîn et ses principaux officiers périrent dans les flammes, le peuple servit de pâture aux lions et aux chiens du vainqueur '.

Indabigach reçut le trône de Suse pour prix de sa trahison. Certes, s'il eût suivi ses secrets penchants, le nouveau roi n'eût pas affronté la colère d'Achchour. Mais la cour, quoique gangrenée et gorgée d'or assyrien, était enfiévrée de patriotisme.

L'audace et le courage semblaient héréditaires dans les grandes familles.

Qui eût osé parler de paix devant le pays humilié. Aussi bien, quand les princes chaldéens compromis dans les dernières révoltes vinrent, à la suite de Naboubelsoumé [Nahonbehikri)^ petit-fils de Mardoukbaliddina et roi de Bît-Yakîn comme son aïeul, chercher un asile derrière les murs du Memnonium, Indabigacli aima mieux braver la colère d'Achchourbanipal que de trahir l'hospitalité.

Le châtiment ne se fit pas attendre. Oummanaldach, un des favoris du prince susien, exécuta la sentence prononcée à Ninive et planta le poignard dans le cœur de son maître. Le sort des derniers rois de Suse n'était guère enviable".

Achchourbanipal n'hésita plus : il franchit la frontière élamite. n Bît-Imbi l'ancienne est la capitale des places fortes de l'Élam, elle en divise la frontière comme une muraille. Sennachérib, roi du pays d'Achchour, le père du père qui m'a engendré, l'avait prise; mais les Élamites avaient construit devant Bît-Imbi l'ancienne une autre ville, ils l'avaient fortifiée, ils avaient élevé ses remparts et l'avaient également nommée Bît-Imbi. Je l'ai prise au cours de mon expédition ; j'ai détruit les habitants qui ne sont pas venus solliciter l'alliance de ma royauté, je leur ai coupé la tète, je leur ai arraché les lèvres, et, pour les faire voir à mon peuple, je les ai envoyés au pays d'Achchour. »

Oummanaldach III (650) essaya vainement de ceindre le diadème de sa victime. Il dut fuir dans la montagne, laissant au plus téméraire ou au plus habile la tâche d'occuper le trône.

Derrière l'armée d'Achchourbanipal était revenu Tammaritou II. Il fut choisi comme roi feudataire du pays.

1. G. Smilh, Hht.of Assw'b., p. 181-204. Rawlinson, The fivc great iiwnarc, L II, p. 203-207. Menant, Aitii.. p. 261-264. Maspero, Ilist. nnc, p. 466.

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