‹ L'Acropole de SuseChapitre 52 sur 171 · Maspero. /. c. ji · texte numérisé non relu

Maspero. /. c. ji

•2. Hawlinson, The five greal monor.. t. Il, p. iC^-aOS.

TEOUMMA>.

Assyriens décollèrent le souverain, abandonnèrent son tronc aux vautours et emportèrent la tête (fig. 36).

FI G. SI). - MOTIT 1)E TÉOUMMAN'.

Tous les épisodes du combat sont représentés avec un réalisme saisissant sur

1. A gauche de rinscription, Téoumman ;i genoux, percé Je tlèches; au centre, un soldat assyrien coupe la fête du roi. On aperçoit au-dessus du corps le carquois et la tiare du monarque.

L'ACROPOLE DE SLSE.

un bas-relief du British Muséum (fig. 36, 37 et 38j. Là des soldats scient avec leur poignard le cou de Téoummau (fig. 36); ici des archers s'emparent de la tète du supplicié et la portent à leur souverain (fig. 37). Le même tableau fait assister au martyre des prisonniers, décapités, torturés, écorchés vifs. D'autres captifs, la corde au cou, sont assommés comme des bœufs (fig. 37). Dans une tente on assemble (>t

riG. •:17. — liVTAILLE UE LOLLlï (SUPPLICE 11 IJ P 1. 1 S 0 N \ I E n ) '.

l'on compte des tètes, hideux trophées apportés par les soldats d'Achchourbanipal. Les vainqueurs faisaient assaut de cruauté, car ils voulaient conserver par la terreur une concjuête si chèrement acquise.

Les fils d'Ourtaki, Tammarilou L'' et Oummanigach II, assistaient dans les rangs

1. Dans le registre supérieur les Assyriens assomment à coups de massue des prisonniers susiens. Dans le registre immédiatement au-dessous et à gauche, des soldats montés sur un char emportent la tête de Téounininn : à droite, des serviteurs comptent les tètes apportées dans une tente.

2. D'après les inscriptions, ce serait Tammarilou fils dOurlalii qui aurait coupé la tète de son oncle Téoumnian et se serait ainsi vengé de l'exil prononcé contre lui et son frère Oummanigach (^Maspero, Hisl. une, p. 463j. Sur le bas-relief il semble pourtant que l'office d'exécuteur soit rempli par un soldat assyrien.

TAMMAUnOU 1" ET OUMMAMGACH 11.

dos Assyriens à la ruine de leur patrie. Achchourbanipal les intronisa, celui-ci roi de Suse et de Mandaktou, celui-là vice-roi de Khaïdalou, sous la condition de payer tribut.

En arrivant à Suse, les jeunes souverains trouvèrent la ville aux mains du parti

militaire. Gouverner équivalait à prendre la remorque des généraux. Les fds d'Our-

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taki conspirèrent donc contre Ninive. Durant les années d'exil ils s'étaient liés avec les plus grands personnages de l'Assyrie. Ils mirent à profit leurs relations (l'amitié pour négocier la ruine d'Achchourbanipal. Le frère même du monarque, le |)rince Chamachchoumoukîn', auquel le vieil Asarhaddon avait remis, avant sa mort, la vice-royauté de Babylone, entra dans le complot, prêt à troquer son fief contre une royauté indépendante'.

Les conjurés auraient surpris Ninive si le gouverneur assyrien d'Ourouk n'avait été informé par son collègue d'Our que les émissaires de Chamachchoumoukîn fomentaient une révolte.

Le diadème susien portait malheur aux princes qui le ceignaient. Oummanaldach II, Ourtaki, Téoumman avaient péri de mort violente. Il eût été fâcheux de laisser chômer la hache; Tammaritou II, fils d'Oummanigach II, se chargea de renouer la tradition. Il s'allia avec son oncle Tammaritou I", vice-roi de Khaïdalou et assassin présumé de Téoumman, se saisit de son père et lui lit trancher la tète. La mort d'Oummanigach II entraîna la défection des troupes kissiennes. Achchourbanipal vint rapidement à bout de Chamachchoumoukîn, le força à se renfermer dans Babylone, bloqua la ville, puis se retourna contre les Susiens.

Les tragédies dont le dénouement ensanglante la cour de Suse au début de chaque campagne sont trop favorables à la cause des Assyriens pour n(> pas ternir leur honneur militaire. Ce n'était pas sans terreur que les innombrables fds d'Achchour se mesuraient avec FÉlam. Goliath redoutait David, et le faisait étrangler en traîtrise plutôt que de le combattre au grand jour. Présomption fâcheuse qui côtoie de bien près la certitude, car on a la preuve que Sennachérib^ avait soudoyé le généralissime d'Oummanminanou, et qu'Achchourbanipal acheta le concours d'Indabigach, généralissime de Tammaritou II, avant d'en venir aux mains avec les Susiens.

« J'adressai mes prières à Achchour et à Ichtar, ils accueillirent mes supplications et entendirent les paroles de mes lèvres. Indabigach, le serviteur du roi d'P^llam, se révolta contre lui et le mit en déroute sur le champ de bataille. ■■

Le vaincu s'enfuit à Ninive et se jeta aux pieds d'Achchourbanipal.

Le roi d'Assyrie ne pouvait sévir contre son ancien complice, contre l'assassin d'Oummanigach II.

'< Il embrassa mon pied royal et se couvrit la tète de poussière devant l'escabeau de mes pieds... Moi, Achchourbanipal, au cœur généreux, je l'ai relevé de sa trahison, je l'ai reçu lui et les rejetons de la famille de son père dans mon palais. »

1. L'auteur des chroni(|ucs babyloniennes raconte également ([u'Asarbadilon avait divisé son royaume entre ses deux lils, /. c, p. 7) .

2. G. Smitli, llhl. of Assurh., p. llO-loO. Hawlinson, The fixe grvat moiiur.. y. -200-200. Menant, Ann., p. 282--283.

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