‹ L'Acropole de SuseChapitre 62 sur 171 · ALEXANDRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE

ces richesses, il y avait encore neuf mille talents d'or on monnaie de dariquos (équivalant à 082 750 000 IVnncs)'. »

« Alexandre trouva à Suse une quantité inestimable d'autres richesses et de précieux meubles, entre lesquels on dit qu'il se trouva trois cent mille livres pesant de pourpre d'Hermonique que l'on y avait amassée et serrée pendant l'espace de deux cents ans il ne s'en fallait que dix, et néanmoins retenait encore la vivacité de la couleur aussi gaie comme si elle eût été toute fraîche : et dit-on que la cause pourquoi elle s'était aussi bien conservée venait de ce que la teinte en avait été bien faite avec du miel pour ces laines qui auparavant étaient teintes en rouge et avec de l'huile blanche pour les laines blanches : car on en voit de celles-là teintes d'aussi longtemps qui tiennent encore la vigueur de leur lustre nette et reluisante. Binon écrit davantage que ces rois perses faisaient venir de l'eau des rivières du Nil et du Danube, laquelle ils faisaient serrer avec leurs richesses et autres trésors par une magnificence comme pour confirmer par là la grandeur de leur empire et montrer qu'ils étaient seigneurs du monde. » Pour conclure, Plutarque dit (|ue les réserves monnayées découvertes soit dans le trésor du Memnonium, soit dans les (jazophyllas de la montagne furent chargées sur dix mille paires de mulets et cinq mille chameaux-.

Alexandre se méfiait à bon droit des Kissiens. Il mit une garnison dans la forteresse avec mission de défendre la place et de protéger la ligne de retraite des Grecs, puis il marcha sur les pyles persiques, qu'il n'eût jamais franchies — tant fut âpre la résistance des Uxiens — sans le secours d'un pâtre lycien prisonnier des montagnards depuis plusieurs années ^

La vieille capitale de l'ÉIam revit le conquérant chargé des palmes conquises sur les rives de l'Indus et elle assista à la célébration du double mariage d'Alexandre avec Statira, fille aînée de Darius, et de son ami Héphestion avec Drypétis, la plus jeune sœur de Statira. Le roi de Macédoine, ayant conseillé à ses favoris de s'allier aux filles les plus nobles de la Perse, donnait l'exemple de ces unions politiques.

Au moment de quitter la Kissie, Alexandre dut réprimer une nouvelle révolte des montagnards, campagne sanglante et inutile, car son départ laissa libres de toute entrave les habitants des districts des Zagros. Les Métanastes reconquirent dès ce jour une indépendance qu'ils ont à peine aliénée entre les mains du chah actuel.

Après la mort du conquérant, les Susiens assistèrent pendant quelques années à un spectacle bien nouveau pour eux. On batailla autour de leur ville et ils ne prirent pas part au combat. Il est vrai que l'ÉIam était l'enjeu de la partie et qu'il s'agissait de désigner le chef qui le gouvernerait.

i. Diod. de Sicile,!. XVU, 5; 00.

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