Diod. de Sicile, 1. XVII
Antigonc, aidé de Seleucus, disputait à Eumène l'enipiiT d'Orient.
Eumène gagna la Chaldée; mal accueilli à Babylone, où gouvernait l'allié de son compétiteur, il accentua vers l'est son mouvement de retraite, s'arrêta à Suse et manda à ses côtés tous les satrapes et gouverneurs grecs de la Perse.
Le lieu du rendez-vous n'avait pas été choisi sans raison. La forteresse renfermait encore une partie des immenses trésors qu'Alexandre y avait trouvés, et, seul en Asie, Eumène était investi par Olympias et Polysperchon des ordres nécessaires pour y pouvoir puiser.
Antigone, de son côté, opéra sa jonction avec Seleucus, gouverneur de Babylone, avec Python, satrape de la Médie, et avec Peuceste, gouverneur de la Perse, traversa le Tigre et se porta dans la direction de Suse Prévenu de cette marche offensive, Eumène confia à Xénophile la garde du Memnonium, puis il concentra ses troupes au-dessus de Bendakhil, sur la rive gauche du Karoun, afin de n'avoir aucun fleuve à dos s'il était besoin de se réfugier dans les montagnes inaccessibles de l'Uxie.
En suivant sur le terrain les manœuvres des armées ennemies, je me suis convaincu qu'Antigone aboutit à 15 kilomètres en amont de l'embouchure de l'Abdizfoul dans le Karoun, au gué dit aujourd'hui de Kaiehèbender. Les troupes d'Eumène, échelonnées de Waïs à Chouster, derrière la rive gauche du Karoun, avaient construit un pont de bateaux et pouvaient se porter rapidement sur la rive droite. Eumène feignit de laisser à son compétiteur tout le loisir de jeter une partie de son armée de l'autre côté de l'Abdizfoul, puis il passa lui-même le Karoun, se précipita à la rencontre de ses ennemis, les bouscula dans le fleuve ou les fit prisonniers.
La déroute fut si complète qu'Antigone, contraint d'évacuer sur l'heure la Susiane, rétrograda jusqu'en Médie (317-316) '.
Quelques mois se sont écoulés, Eumène, trahi par les Argyraspides, qui l'ont conduit dans le camp de son rival, a été égorgé'. Antigonc pénètre dans le Fars; il revient à Suse, prend les trésors dont Seleucus n'a pas osé s'emparer, et continue sa brillante carrière pour venir succomber chargé d'ans et de triomphes sur le champ de bataille d'Ipsus (301) ^
Quand les lieutenants d'Alexandre eurent disparu de la scène, la Susiane, ballottée entre des fortunes diverses, échut au dernier survivant des héritiers du Macédonien, à Seleucus Nicator, qui ne tarda pas lui-même à périr de mort violente.
Dès que les Kissiens furent revenus de leur première surprise, ils se révoltèrent
). niod. de Sicile, 1. XIX, § 13 et siiiv.