ARMÉNIENS
On place généralement les Arméniens dans le groupe iranien, toujours eu vertu de la même confusion, qui fait réunir plusieurs peuples très ditlérenls de race. J'ai observé à Djoulfa, près d'Ispahan, les descendants des Arméniens de Djoulfa sur l'Araxe que chah Abbas I" transporta en 100.5 au centre de son empire. Depuis cette époque ils ne se sont pas mélangés aux Ispahanis, leurs voisins de l'autre côté du Zendè-Roud.
Ils m'ont semblé beaucoui) plus louraniens encore que les Adjémis. Le crâne est plus court, les pommettes plus saillantes; le buste est fort et trapu; la taille n'est point marquée, même chez les femmes. Les deux côtés du thorax tombent droit sur la hanche, ce qui contribue à donner aux Arméniens une allure lourde et peu élégante (fig. 18 et 19). Le nez est gros et court en général. Toutes ces indications concordent parfaitement avec leur indice céphalique qui, d'après M. Chantre', oscille entre 84 et 86. Ils sont donc tout aussi brachycéphales que les purs Turcomans.
Je sais bien que ceci ne s'accorde point avec la linguisti(iue, (lui rapproche les Arméniens des Aryens. Mais, à mon sens, on ne doit pas, pour la classification, hésiter entre une donnée psychologique telle que le langage et une donnée morphologi(iue. Il est très facile à un peuple d'abandonner sa langue primitive pour adopter celle d'un voisin ou d'un vainqueur : il lui est impossible de changer son indice céphali(iue et ses traits. Il faut alors reconnaître que l'Arménien a du sang touranien, sinon tout à fait pur, du moins dans une très forte proportion.
MON&OLO-SÉMITES
BAKHTYARIS
Ces tribus presque indépendantes habitent la montagne entre les Loris et les Farsis. Les renseignements que l'on possède sur leur craniologie sont peu nombreux, et de plus je crains (lu'on n'ait jtas assez distingué entre elles les différentes tribus.
Le commandant Duhousset suppose que les Bakhtyaris sont le résultat de la fusion des Scythes touraniens avec les Sémites de Babel-Assour, et il étend cette hypothèse à tous les Bakhtyaris. Il les caractérise surtout, outre leur brachycéphalie, par la forme de l'occiput, qui tombe verticalement dans le prolongement du cou.
« J'ai constaté, dit-il ^ cette forme générale du crâne des Bakhtyaris sur ceux (jui compo-
i . Chanlre, loc. cit.