‹ L'Acropole de SuseChapitre 96 sur 171 · I. Philon, 1, S · texte numérisé non relu

I. Philon, 1, S

L'ACROPOLE DE SLSE.

auteurs didactiques ne nous font pas connaître, se déduit aisément de la fortification, ainsi que je vais le montrer'.

Les courtineslill iTig.o2)de Suse mesurent 80 pieds ou 28", 60 (p. 218); celles de

Kin. 5Î. — riiicÉ RECTii.ir.NE fi,»n'qdé de TOuns.

la ville (le (loiuléa, 28 mètres (p. 262); celles de Dour-Saryoukin, 27 mètres (p. 176)-.

D'autre ])art, la longueur PR' des faces des crémaillères (fig. 53), répondant à la distance daxe en axe des tours, atteint à Suse 115 piedsou41",20 (p. 137 et 218) et, en Assyrie, i0°',r)0ip. 1/6).

Il est do bonne règle que les courtines Gll (fig. 52), sur toute leur hauteur, sur toute leur longueur, soient à la merci des armes de jet des assiégés et que chaque tour soit dt-feiidue par les tours immédiatement voisines '. Les saillants tels que P, R

T'ai-

FIG. 53. — TRiCÉ * CRÈM»n.Lkll E K I, * N Q U É UE TOLRS.

des grandes crémaiih'^res (lig. 53), placés sous la protection dune tour et de tlancs très développés, peuvcmt se passer, sans inconvénient grave, d'une sauvegarde aussi efficace que les courtines, mais doivent être battus néanmoins par des projectiles tirés de plein fouet à distance dangereuse.

Aussi bien la longueur maximum de 115 pieds attribuée en Susiane aux faces

1. La portée iii;iximiiiii dos tlèches d«'j);iss;iit 180 nii'lres. Voir inf., p. 101, note -2.

2. La longueur des coiirlines, très constante dans la haute antiquité, fut dépassée des que rinveiilion de l'artillerie permit de lancer de plein louet ileclies et javelots à. des distances considérables. Néanmoins Pliilun di- Byzance, 1. I, g 3:), recommande de ne pas donner aux courtines plus de 100 coudées (46™, 2(1'.

3. Vilruve considère cetle règle comme invariable [Des murs et des (ours, 1. I, .5 58).

DESCRIPTION DU TUA Ci:. 133

PR' des crémaillères (fig. 53) et celle de 80 pieds donnée aux courtines GII (fig. 52) correspondent-elles, celle-là aux coups dangereux, celle-ci auxcoM/?* très dangereux. Cela veut dire qu'un bon tireur atteignait tout ennemi qui n'était pas situé à plus de 115 pieds de son arme, mais qu'il n'avait pas la certitude de le inettre hors de combat si la distance excédait 80 pieds. Les officiers chaldécns et assyriens partageaient l'avis des Elamites, comme en témoignent les deux tracés concordants de la ville de Goudéa et de Dour-Saryoukin.

Les Susiens, en adoptant 115 pieds (41"°, 20) comme mesure de la portée dangereuse, s'astreignaient par cela même à bâtir la muraille à 115 pieds derrière l'avant-mur. En deçà de cette limite, ils auraient craint de compromettre l'équilibre de la première enceinte; au delà, de restreindre l'efficacité de la troisième, car il était indispensable pour les défenseurs de la muraille d'entrer utilement en ligne dès l'assaut de l'avant-inur.

Bien que la plate-forme de l'avant-mur fût entièrement comprise — grâce à la disposition adoptée — dans la zone des coups dangereux, la distance des deux enceintes extrêmes n'en restait pas moins excessive. Le désir de remédier à l'éloignement obligatoire de la muraille et de l'avant-mur induisit les ingénieurs elamites à interposer entre eux un nouvel ouvrage. Cet ouvrage, qui jouait tour à tour le rôle de retranchement intérieur ou d'enceinte avancée suivant l'état des opérations, fut construit par cela môme à égale distance de l'avant-mur et de la muraille. Ainsi s'expliquent trois cotes essentielles duprofU., 115, 58 et Vil pieds (41™, 20; 20", 75 et 20™, 40) applicables aux distances respectives de l'avant-mur A à la muraille et de l'enceinte casematée E à la môme muraille G et à l'avant-mur A '.

On verra par la suite que toutes les dimensions se déduisent rigoureusement de la portée des armes, de la résistance des matériaux et de considérations métrologiques fort simples. Le hasard fut un facteur ignoré des anciens constructeurs orientaux.

La stabilité d'un talus naturel est toujours très supérieure à celle d'un remblai. J'imagine donc que la largeur de la fausse-braie fut réduite à 80 pieds (28™, 64) afin de la comprendre en totalité dans la zone des coups très dangereux '.

Le profil que je viens de décrire est le profil normal. Il s'appliquait aux fronts nord-est et sud du tumulus rectangulaire à très peu d'exceptions près ^

1. A Byzance [inf., p. 199, fig. 93), la distance de la muraille au parapet de l'escarpe est également divisée en deux parties égales par une enceinte casematée qui remplit en ce cas le rôle d'avant-niur. La distance des deux enceintes atteint 17", iO et celle de l'escarpe de l'avant-mur à l'escarpe du fossé dépasse 16 mètres. A Nicée,les deux enceintes sont éloignées de 20 miHies (Me Rochas, Principfs de ht fort, ant., p. 09 et 84); à Suse, de 57 et 38 pieds (20", 30 en moyenne). Ces chiffres, on le voit, sont comparables et bien voisins.

2. C'est la largeur recommandée par Philon, 1. I, § 42. Philon parle d'une [ilèthrc (31 mètres environ).

3. Ce profil a d'étroites analogies avec le profil de Babylone (p. 194 et (ig. 91) et les profils assyriens reproduits sur les bas-reliefs (cf. lig. 101 et 102 avec fig. 68, 92, 93, elc). Il est surtout intéressant de le comparer avec

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Un profil oxceptionncl comportant sans doute une nouvelle ligne de défense entourait le saillant méridional, tandis qu'autour de la salle du trône ne régnait que l'avant-mur.

L'étude des ruines de l'Acropole expliquera ces deux anomalies. Au saillant méridional, comme on l'apprendra plus tard (p. 229), correspondait, en eil'et, le donjon des palais. Quant à l'apadàna et au tabernacle du roi divinisé, il recevait le souverain dans des circonstances exceptionnelles. Il devait être à l'abri d'un coup de main, il n'importait guère qu'il résistât à un siège régulier. Le roi, la garnison, les trésors, trouvaient un refuge assuré dans le donjon et tians la citadelle. Il est donc naturel que, pour laisser au monarque, quand il séjournait dans l'apadàna, la pleine jouissance du merveilleux paysage de la plaine susienne et des monts Ilabardips, les ingénieurs militaires, d'accoi'd avec les architectes, n'aient pas craint de supprimer le retranchement casemate et la muraille. Il semble même que sur le front nord ils aient abaissé la crête de l'avant-mur de quelques coudées au-dessous du dallage du palais. Quoique décapité, le profil conservait d'ailleurs son épaisseur (p. 225).

J'ai craint longtemps d'avoir interrogé sans profit la citadelle du Memnonium.

Les fouilles, à peu près muettes, indiquaient seulement que le tracé était circulaire et que le socle des tours de la muraille, appareillé en courbe, s'élevait à plus de 12 mètres au-dessus des ouvrages similaires du palais (pi. II, p. 229). Etant données la nature des matériaux et leur résistance à l'écrasement, il parut manifeste que ce supplément de hauteur avait été obtenu en faisant reposer l'avant-mur sur un soubassement spécial.

Cette déduction reconnue exacte me permit d'assimiler la citadelle circulaire de Suse à certains forts assyriens dont on retrouve des types nombreux sur les bas-reliefs de Kouyoundjik et de Khorsabad. On verra plus tard comment il a été possible de calculer le profil du soubassement (p. 22o à 228). La citadelle, les fouilles et des considérations poliorcétiques d'un ordre très simj)le fournissent les termes d'équations déterminées dont les racines répondent aux dimensions inconnues.

Au moyen du profil des enceintes et du tracé fragmentaire de la chemise de gravier, on peut reconstituer la majeure partie des fronts à crémaillère' nord, est

celui de Sardes, parce que les roiUficafions de celle ville avaient été élevées ou restaurées par les Perses. « Alexandre monte à la citadelle (de Sardes), que les Perses avaient occupée. 11 la trouve extrêmement forte et ceinle d'une Iriple muraille. » (Arrien, 1. I, ^ 5.) Ce sont bien les trois murailles formidables (A, E, G), de l'Acropole de Suse.

1. Les tracés à crémaillère et en dents de scie furent connus et très prisés des (jrecs. Pliilun en attribue l'invention à Polyeidos. L. I, § 32.

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