‹ L'Acropole de SuseChapitre 98 sur 171 · FIG. 54. — TRACÉ DE L E N C E I \ T R 0I1IF\TALE · texte numérisé non relu

FIG. 54. — TRACÉ DE L E N C E I \ T R 0I1IF\TALE

Je signalerai les crémaillères les plus usuelles, celles dont les faces ont H 5 pieds, puis 60 et 55 pieds, et enfin 40, 40 et 35 pieds de longueur.

Soit ay (fig. 54) la face de la première de ces crémaillères et <y.'y\y'\y" les faces des crémaillères parallèles et conjuguées de ravanl-niur et de la muraille, toutes égales par construction à 115 pieds.

La distance de la seconde enceinte à la première et à la troisième étant respectivement de 57 et 58 pieds, chaque saillant divise en deux parties égales les

i. Le tracé est l'Iahli en |irpnant pour liaso la choniise do f,'iavior représentée sur le plan général par un trait noir plein et parallèlement à la direction de ladite chemise.

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faces des enceintes consécutives. Si donc il existe des tours aux saillants des crémaillères, elles bissecteront les courtines des étages supérieurs ou inférieurs.

Soit maintenant un second système de crémaillères, tracées dans les mômes conditions de distance transversale que les précédentes et dont les faces ont successivement 60 et 55 pieds.

En renforçant un saillant sur deux, on obtiendra une répartition des tours aussi égale que dans le tracé déjà décrit et figuré ci-contre.

Il en est de même quand les saillants se suivent à 35, iO et 40 pieds de distance.

11 suffit alors de renforcer un saillant chaque trois.

Dans chacun de ces cas les tours successives d'une même enceinte sont éloignées d'axe en axe de 115 pieds (60 + 55 = i 15; — 35 + 40+40= 115) et distantes de la portée dangereuse des armes de jet. Les fronts rectilignes est et sud sont également des multiples de 115 pieds, augmentés, suivant les exigences du tracé, soit de 35 pieds, équivalant à la face d'une tour (ci-dessous et p. 218), soit de 80 pieds, répondant k la longueur d'une courtine (ci-dessous et p. 218), soit du chiffre 70, correspondant à la dimension en pieds des faces des saillants qui comprennent le donjon et les changements de direction. La légère dissymétrie des cotes partiel/es tient à ce que 1 1 5 n'est pas divisible par 3 et au désir manifeste des ingénieurs de n'utiliser que des dimensions réductibles exactement en pieds et en coudées. Les exceptions apparentes à cette règle répondent à des points spéciaux du tracé tels que des portes et poternes toujours ouvertes entre deux tours très rapprochées (p. 196 et 242).

Je signalerai encore trois crémaillères fort intéressantes du front est : H' de la muraille (fig. 47, 48 et 126), y et « de la galerie casematée (fig. 126). La première, dont la saillie est de 12 pieds, est adventive, puisque la chemise de gravier ne subit pas de brisure correspondante; elle signale une tour. La tour avait donc

12 pieds de saillie. Sa profondeur, déterminée par cette raison que le parement intérieur du mur H prolongeait sans doute le parement intérieur de la tour, mesurerait 30 briques ; 30 briques entrent également dans les flancs des crémaillères est a et y, que leur situation dans le tracé et leurs dimensions signalent comme la base de deux tours. Si l'on- admet cette hypothèse, très vraisemblable du reste, la face de ces mêmes crémaillères, soit 36 pieds, répondrait à la mesure maximum de la face des tours; la limite minimum, 3o pieds, est donnée par la largeur du mur en retour D' déblayé en prolongement du saillant II' (fig. 17 et 126) et par la longueur (35 pieds) des faces des petites crémaillères sud. Des considérations nouvelles, développées dans le dernier chapitre (p. 218), montrent que la face des tours atteignait normalement 35 pieds ou 21 coudées (12", 60).

L'application du profil sur les parties du périmètre déterminé par la position de

la chemise de cailloux apprend que les tuméfactions du sol naturel, toutes constituées par des murs en place, concordent, suivant des lois empiriques faciles à déterminer, avec les saillies des anciennes fortifications.

En s'inspirant des lois métriques et poliorcétiques déduites de cette première étude du tracé et du profd, et en tenant compte de l'usure, variable avec l'orientation, qu'ont subie les maçonneries sous l'action des pluies et des vents régnants, on comble sans erreurs probables les lacunes très rares que présentent les fronts est et sud et l'on restitue avec quelque sûreté les fronts nord et ouest. Sur la carte d'ensemble j'ai indiqué par un trait bleu plein les parties du tracé de l'avant-mur déduites directement de la position de la chemise de graviers, par un trait bleu ponctué les lacunes calculées dont la restauration est certaine, et par un trait carmin les parties restituées d'après les reliefs et des raisons de symétrie.

Je me suis attaché dans ces premières pages à décrire d'une manière brutale les enceintes du Memnonium. Il me reste à rechercher la destination et à expliquer la valeur technique des ouvrages reconstitués ; mais avant d'entreprendre cette nouvelle étude, dont l'importance se mesure au rôle considérable que joua dans l'antiquité l'Acropole de Suse et à l'état de surprenante conservation d'une portion des enceintes, il importe d'interpréter les fortifications ninivites et égyptiennes, les bas-reliefs découverts dans les vallées du Tigre et du Nil et les textes consacrés à la description des enceintes de Babylone. Cet examen préalable, éclairé par l'analyse des documents matériels que les fouilles de Suse ont fournis pour la première fois, aidera souvent à résoudre des problèmes controversés, à mettre en évidence l'étroite parenté des écoles poliorcétiques de la Chaldée, de la Susiane et de la Perse, et à vérifier les restaurations et les restitutions présentées.

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