‹ L'Acte d'Administration en Droit Privé FrançaisChapitre 3 sur 56 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Lorsque, après avoir passé toute la durée de la guerre au 138° régiment d'infanterie, nous nous sommes décidé à reprendre le labeur interrompu, les difficultés ont surgi nombreuses. Une longue période d'inactivité intellectuelle avait rendu une sorte de rééducation juridique indispensable. En refermant cette large parenthèse ouverte en 1914, nous constations, tout en lui rendant hommage, mais non sans une pointe d’amertume et de regret, que de son côté l'intérieur n'était pas resté inactif et qu'il fallait brûler les étapes pour reprendre le terrain involontairement perdu par nous; il fallait nous mettre à un niveau qui n’était plus nôtre. Malgré le proverbe, le temps perdu se rattraperait-il jamais? Angoissante question que nous avons résolue par l’affirmative. Si nous n'avons pas réussi, nous aurons eu au moins le mérite de l'avoir tenté. En effet, durant la guerre, législateur, facultés, tribunaux, infatigables pionniers de la science juridique, s'étaient lancés à la poursuite des solutions des problèmes nouveaux, d'un intérêt si vif à tant de points de vue. Mais cependant, les maîtres éminents des Facultés de droit n'oubliaient pas lé mouvement scientifique entrepris avant guerre et qu'il importait par-dessus tout de continuer. Bien plus, ce mouvement s’intensifia, s'exaspéra en quelque sorte sous l’aiguillon du spectacle de la lutte gigantesque qui se déroulait. Cette guerre fut plus qu'une guerre. Exagérerait-on

en disant qu'elle fut plutôt une révolution dans tous les Trasbot 1

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domaines de l’activité humaine ? Aussi, c’est à juste titre que M. le professeur Bonnecase a pu écrire : « La conception du droit positif, comme toutes choses ou même plus que toutes

choses, est, à notre a vis, destinée à sortir entièrement rénovée de la guerre actuelle » (1). Mais, si en. soi cette transforma-

lion pouvait paraître heureuse à tous points de vue, il à fallu au nouveau venu issu de la guerre se conformer aux nouvelles directives de la science juridique, ce qui exigeait tout un travail d' adaptation et n'allait pas sans coûter de notables efforts. “

Mais, seul, qu'aurions:nous pu faire? Rien ou tout au moins bien peu de chose. Aussi, nous considérons comme un impérieux devoir de nous incliner devant ceux qui furent les artisans de ce redressement nécessaire. Ce serait de notre part faire preuve d’une profonde ingralitude de ne pas rendre à l’enseignement de MM. les Professeurs de la Faculté de droit de Bordeaux le tribut d' hommage et de reconnaissance auquel il à droit. Étudiant, nous lui devons tout. Plus particulièrement, notre reconnaissance va à M. le professeur Bonnecase qui nous à rendu l'inestimable service de secouer ce que nous pourrions appeler cetle torpeur intellectuelle que nous venons de signaler et qu'au sortir de la grande guerre tout combattant a ressentie. C’est grâce à notre vénéré

Maître, à ses conseils, à ses encouragements, aux horizons

nouveaux que sans cesse 11 découvrait toujours plus large-

ment devant nous, que nous avons pu nous ressaisir, et

mener à terme — nous n’osons dire à bien — l’œuvre entreprise. C'est sur lui que nous prions le lecteur d'en reporter tout le mérite. ,

(1) Bonnecase, L'École de l’exégèse en droil civil, p. 1.

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