‹ L'Actinothérapie indirecte de la tuberculoseChapitre 27 sur 38 · MODE D'ACTION DES SUBSTANCES IRRADIÉES · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION DES SUBSTANCES IRRADIÉES

Il est intéressant de se demander quel est le mode d'action des substances dites irradiées. Tout d’abord s'agit-il d’une héliothérapie indirecte ?

On sait en effet que les rayons ultra-violets faits sur la peau, sont fixés sur certains constituants de la couche profonde de l’épiderme, en particulier : les lipoïdes. Or, ces derniers sont absorbés par les globules blancs et transportés ainsi dans tout l’organisme. Si donc, on fournit à l’organisme des lipoïdes irradiés, il semble qu’on doive arriver au même résultat. C’est d’ailleurs en vertu de ce principe qu’agit sur le rachitisme le traitement par des substances irradiées. Il dispense le petit rachitique. de l’exposition, de l’irradiation de lui-même à la lampe de quartz et les substances irradiées qu’il absorbe suppléent à la carence solaire.

I est également un fait que le plankton marin qui constitue la nourriture des morues, fixe la lumière solaire. Irradiée de la sorte, cette substance va s’accumuler dans le foie de la morue. Et l’on arrive à cette conclusion logique que «boire de l'huile de foie de morue, c’est en somme boire, absorber de la lumière solaire ».

Si l’action des substances irradiées est évidemment une héliothérapie indirecte, une cure solaire, si l’on peut s'exprimer ainsi, il est également indé-

niable qu’elle exerce une influence marquée sur le

Ale

métabolisme de l'individu et en particulier sur le métabolisme de la chaux. Or dans la tuberculose, il y a décalcification de l'organisme. On ne peut pas donner de chaux aux bacillaires, car ils ne la fixent pas, ils éliminent leur chaux par toutes les voies d’excrétion de leur organisme, en particulier par urine. Et l’on sait que la guérison d’un tuberculux, quand elle survient, est due à une transformation crétacée des ganglions primitivement décalcifiés. Mais les expériences de Steenbock dont nous parlons plus haut montrent que précisément les substances irradiées ont la propriété de fixer la chaux. Il s'ensuit donc que si l’on administre aux tuberculeux de ces substancés irradiées, on leur fait acquérir. une propriété qu'ils n'avaient plus, celle de fixer la chaux sur leurs organes affaiblis et ainsi de redonner à tous leurs systèmes le moyen de recouvrer leur force et leur activité normales.

Il faut envisager également la question au point de vue de la chimiothérapie. Depuis longtemps, on a traité la tuberculose par l’huile de foie de morue, nous venons de voir les propriétés de cette huile qui constitue en somme une source de lumière solaire à dispenser à l'individu qui la consomme. Mais l'huile irradiée acquiert physiologiquement des propriétés similaires, d’où son utilité et la possibilité de la substituer en pratique à l’huile de foie de morue. Certains malades, et ils sont nombreux, présentent un dégoût réel à absorption de cette huile

dé foie de morue qui finit par leur provoquer des

Me

vomissements au point qu’on est obligé de cesser le traitement. À ces malades, il serait avantageux d’injecter sous la peau, à très faibles doses un. extrait aqueux d'huile irradiée dont ladministration ne présenterait au point de vue digestif aucun des inconvénients de l’huile de foie de morue,

En dehors de ses propriétés antirachitiques qui sont fixées sur la partie insaponifiable, l’huile de foie de morue possède encore des propriétés contre la tuberculose : propriétés fixées sous forme d’acides morhuiques, d’après les travaux de Caussade et Grigault. Il est intéressant de remarquer que l'extrait aqueux d’huile de foie de morue irradiée préparé par Malmstrôm présente des propriétés acides sur lesquelles insiste l’auteur. Les travaux de Grigault ont montré l'utilité dans la tuberculose de l'emploi des éthers éthyliques de ces acides sous forme de morrhuates d’éthyle. à :

Un auteur espagnol J. Hernandez, se basant sur les similitudes biologiques des bacilles de Koch et de Hansen traita six cas de tuberculose pulmonaire par l'huile de cholmoogra. Dans le premier, il ne se produisit qu’une amélioration, dans le second le traitement ayant été interrompu, on ne put conclure ; dans le troisième et le cinquième, grande amélioration persistante ; d’une façon générale l’action du médicament se traduisait par une amélioration de l’état général et surtout une augmentation de l'appétit, une disparition ou une diminution de la

fièvre et dans certains d’entre eux une disparition des bacilles dans les erachats.

À l’époaue où les éthers éthyl-chauimoogriques entrèrent dans la pratique courante pour la lèpre, N. Aroustum eut l’idée de les utiliser dans certaines lésions cutanées tuberculeuses, notamment dans l’érythème induré de Bazin, les tuberculides papulo-pustuleuses et conclut que cette médication s'étant montrée plus active qu'aucune autre, il souhaitait qu'elle fût mise à l'épreuve par une large expérimentation. Or, Malmstrom montre que des substances acides prennent naissance par l'irradiation de Fhuile et cette acidité fournirait donc une raison pour l'emploi dans le traitement de la tuberculose, de l’huile irradiée.

Tandis que nous poursuivions en France des recherches sur les propriétés des substances irradiées dans le traitement de la tuberculose, dès que les expériences de Hess et Stenbock nous furent connues, un auteur suédois Malmstrôm poursuivait des recherches d’un ordre tout à fait différent quant à la technique et aux indications, Ses travaux nous furent connus en été 1925 puisque l’article original de Malmstrôm dans les Acta radiologica Scandina-. vica date de juin 1925. Nous ne voulons pas discuter ici la question de l’antériorité des recherches de l’auteur suédois sur les nôtres qui semblent avoir été menées au moins parallèlement. En tous cas les travaux de Malmstrom différent des nôtres sur trois points qui nous paraissent absolument essentiels :

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