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L'IMPOSSIBILITÉ DE S'ARRÊTER ET D'AVANCER

passer outre; il ne peut reculer non plus, puisquele minimum de ce qu’il a pu vouloir c’est cet ordre naturel des phénomènes, ce quelque chose dans lequel il découvre simplement, non une raison de ne pas vouloir, mais une raison impérieuse de vouloir davantage.

Quel est le sens, quel est l’effet nécessaire de cette crise qui, sous une forme ou sous une. autre, se produit secrètement dans toute conscience humaine? — Dans toute conscience humaine, surgit forcément le sentiment qué la volonté n’est ni son principe, ni sa règle, ni sa propre fin. Et il y à bien dés voies Qui Menent Fhomme-à-s'er-apercevoir;-ne füt-ce que cette impuissance où il est de se suffire à lui-même et de se dérober à la nécessité de vouloir. Il nous avait semblé qu’on ne peut être malgré soi; et voici pourtant que l’homme sent, jusqu’à l'angoisse, qu’il n’est pas son auteur ni son maître. Le tout, pour lui, n’est pas d’accepter la belle ordonnance de l’univers ou de ratifier le déterminisme de ses propres actions; il faut encore qu’il s’accepte luimême ; il faut qu’il veuille, non plus ce qu’il veut, non plus la vie et l'emploi qu'il en fait, mais ce qui, en lui, la produit, la critique et la juge.

Sera-t-il donc possible d'expliquer et de justifier cette apparente tyrannie, de résoudre le conflit, et d'offrir à la volonté une alternative nécessaire, mais telle que, de quelque côté que s’arrête l’option, jamais plus il n’y en ait désaveu?

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