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L'EMBRYOGÉNIE MENTALE

nous le propose d’abord comme un ensemble de mouvements déterminés, ce qui de la partie retourne au tout n’est pas identique à ce qui du tout est venu à la partie. Cette réaction toujours singulière est comme une ébauche de sujet, une sorte de milieu réfringent, un moyen terme plus ou mois ñaturé, un dedans. Et ce qu'on nomme ainsi € intérieur » c’est la présence du tout à sa partie et de la partie à son tout, sans qu'il y ait

symétrie exacte entre la passion et l’action. Ainsi apparait la force.

La force implique donc une action propre qui, dérivée sans doute du mécanisme universel, réagit sur lui et a besoin d’être considérée à part comme un empire dans un empire. L'influence directe des parties élémentaires les unes sur les autres y est compliquée en effet de l'influence de la totalité sur la partie; la réaction d’une partie sur les autres n’est pas égale à l’action directement subie. Une spontanéité dynamique apparait : la façon nouvelle et poür ainsi dire imprévue dont la réponse se fait aux excitations extérieures, c’est à proprement parler l’agir ou l'être scientifique du phénomène subjectif.

De cette subordination naturelle des parties, il résulte qu'il n’y a pas seulement des éléments détachés, en face du tout et des autres éléments détachés : il se forme des centres d'équilibre partiel, des groupements plus ou moins stables, des systèmes mieux aptes à représenter par leur unité multiple l'unité et la multiplicité de l'ensemble. Chacur, de ces centres de nutrition ou de perception, si lon peut dire, exorime et rend à son point de vue toutes les parties isolées, puis tous les groupes, puis toutes les représentations de ces systèmes particuliers qui se renvoient sans fin leurs actions et leurs perspectives, comme cent glaces sphériques entrecroiseraient et superposeraient à l'infini la complication croissante de leurs images. Or dès que l’erchainement universel se marque non plus seulement par l’ensemble entier, non plus en chaque détail, mais dans ces groupements solidaires qui deviennent conime un nouvel univers avec leur évolution propre et interne au cœur du système total, la vie apparaît avec l’individualité.

La vie est donc l’organisation d’un petit monde qui reflète le grand, et manifeste jusque:par sa disposition intime la dissymétrie et la variété de l’univers !. Se comportant comme un tout en

1. Cette dissymétrie n’est peut-être pas toujours la .condilion nécessaire et suffisante qui permet de définir le vivant, et de déterminer le critérium

face de ses parties et comme une partie dans le tout, elle suppose un double échange du dehors au dedans et du dedans au dehors. Or comment dans le système individuel qu’elle forme intériorise-t-elle le système général, sinon par la sensibilité? c’est-àdire qu'elle retrouve dans sa propre organisation le reflet et le contre-coup de toutes les forces qui agissent sur elle. C’est ainsi qu'il y a redoublement perpétuel et véritable intégration de Ha vie, qui s’éclaire et s'avive si l’on peut dire en se réfléchissant de foyer en foyer. Elle se nourrit de l’univers entier; et chaque perception est accompagnée d’une augmentation d'énergie. Toute action spontanée suppose organisation interne de mouvements, relations multiples, échos et répercussions de forces : aussi partout où se manifeste une spontanéité naturelle, y a-t-il composition et organisme; acliones et passiones sunt composili.

Dans l’infinité diffuse de ses conditions déterminantes, le vivant apparait ainsi comme un système concentré de forces coordonnées; et l'infini de son acte lui est plus intérieur qu'extérieur. Car les influences ‘qu’il subit, au lieu de l’emporter passivement, s'accumulent et s'expriment par des fonctions spéciales, par une adaptation progressive de l'être à son milieu et de ses parties

entre elles. L'instinct est, comme l’organisation dont il est le’

principe interne, une réponse très condensée et très élaborée à la multitude des excitations extérieures, un cas particulier et une solution partielle du problème cosmique; son caractère étroit n'empêche pas qu’il tienne aux formes de vie les plus différentes de celles où il se meut; on le voit bien aux difficultés de l’acelimatation. Ce que l’animal a d’activité psychologique est une projection réduite et une concentration déterminée du reste; et ses

actes sont des conclusions particulières dont les prémisses générales restent en dehors de lui dans l'ordonnance totale. La raison enfin

se développe à mesure qu’elle devient plus adéquate à l’univers

et qu’elle sait concentrer, comprendre, utiliser une plus grande

variété de phénomènes; c’est ainsi que la civilisation tend à égaler, à enrichir et à dépasser la nature dont elle émerge. Le champ du devenir est sans limites assignables; et il s'ouvrira toujours de nouvelles perspectives, avec de nouvelles théories qui n’épuiseront pas l’objet à connaître puisqu'elles le constituent en partie.

objectif de ee qui est biologique. Elle n’en indique pas moins, fût-ce chez des corps bruts, la représentation et l'influence particulière de l'ordonnance générale dans un système clos.

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