BILLET POUR CHARS DOIRTOIRE BILLET D'ARRETE OU CORRESPONDANCE
Le passager doit Retenir cette portion de billet qu'est valable seulement pour ce char, date et train qu'est seulement q'un reçu pour le montant payé ou billet enlevé. Ce bilht n'est pas valable pour passage a moins qu'il est émis comme billet d'arrêt ou correspondance. Le voyageur s'assurera que l ' accomodation payé pour et proprement poinçonné. Les voyageurs qu'ils paient le pris de siège sont sujet au droits de ceux qu'ils paient pour V accomodation doirtoire. Si le wagon ne circule pas jusqu'à la destination poinçonnée le conducteur doit foumier un billet de correspondance en échange pour ce billet et essayer de foumier un accomodation équivalent a celle occupé dans l'autre wagon (S lits doubles considéré équivalent a une chambre salon). Linge ou bagages tranrporté dans ce wagon sont au risque du propriétaire. L'orsque émisé comme billet de correspondance ce billet et valable seulement pour train faisant correspondance immédiate; si émise comme billet d'arrêté il est valable pour 60 jours de la date poincoinné au marge. Accomodation original n'est pas guarantee dans le wagons au quel le passager est transféré.
Opinion d'un N'est-ce pas vraiment révoltant ? "C'est du
FtCMCGIS nègre !" me disait un Français de passage au
pays et sous les yeux de qui ce billet était tombé. Et cependant, lui fis-je remarquer, pour un bon nombre d'Anglo-Canadiens, c'est le vrai français, le français de Paris, alors que celui que je vous parle, que nous parlons, est simplement du patois, incompréhensib'e pour tout autre que des Canadiens français. — Vous voyez d'ici la tête de mon ami !
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Encore un échantillon de cette prose. Celui-ci a été adressé sotw forme de lettre à une communauté religieuse d'Ottawa :
Cher
monsieur.
Votre compte c'est pas encore payée et nous voudrey apprécier votre remetteur de fonds beintôt. Nous avons écrit la agent de livraison et notre agent M. Bazinet et la deux i'I dit vous avez pas payée votre compte. En attendance de votre faveur avic la argent, nous cette
Vos pour commerce
Une Ce document porte sa marque, comme le précédent.
SUTÙTÎS€ Seuls des Anglais, ignorant presque complètement la langue française, sont capables de telles élucubrations. Il y a malheureusement d'autres écrits, moins ridicules que ceux-ci, quoique rédigés en français médiocre, et qui peuvent nous exposer à de désagréables surprises. C'est l'aventure que connut un de nos amis de Québec. Ayant reçu d'une maison de Toronto une circulaire française où les fautes abondaient, il la retourna aussitôt, dûment corrigée. Le président de la maison prit bien la chose. Il répondit même en français, mais encore dans un français médiocre. "Veuillez excuser ces fautes, disait-il en substance. Je ne connais pas moi-même votre langue, je me suis fié à quelqu'un qui prétendait la bien connaître." Quelques jours plus tard, nouvelle lettre de la même maison. Elle ne vient pas cependant cette fois du président, mais d'un jeune Canadien français, à son emploi. Il remercie gentiment pour les corrections faites, puis prie son correspondant de n'être pas trop sévère à l'avenir. . . Le milieu dans lequel il vit l'expose à oublier un peu sa langue. Et il conclut par ce renseignement : "J'ai fait mon cours commercial au collège de. . ., mais je n'ai pas suivi le cours classic" (sic).
U eH SCÎ gtl CtHCflt II nous a paru bon, à l'heure où l'on discute COÏHYYlCy cidl sur l'enseignement des collèges commerciaux, de rapporter ce fait, non pour attaquer les Frères, comme quelques-uns en accusent bien à tort, les promoteurs des réformes demandées, — ce collège est en effet sous la direction de prêtres, non de Frères; — mais pour confirmer par un exemple qui n'est pas tinique la thèse des réformateurs, à savoir qu'un certain
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nombre de collèges commerciaux — quel que soit l'état de ceux qui les dirigent : prêtres, frères, laïcs, et si bien intentionnés soient-ils — ne donnent pas actuellement à leurs élèves une connaissance assez complète et assez ferme de la langue française.
Et c'est là, après tout, le point central, le nœud de cette discussion. Si nous parlons de l'enseignement de l'anglais c'est en raison de ce qu'il enlève au français, des obstacles qu'il oppose à sa pleine compréhension, de son action nocive sur la formation générale de l'enfant.
Ufl homme On dit souvent : un homme qui sait deux langues
Complet en vaut deux. Entendons-nous. Un homme qui
sait bien deux langues, soit; mais un homme qui sait mal deux langues, non; c'est plutôt deux moitiés d'homme, sans unité d'aspirations, sans attaches profondes dans le passé, sans racines par où monte en lui, pure et abondante, la sève de toute une civilisation. Combien à ces deux moitiés d'homme doit-on préférer un seul homme, mais un homme complet, à formation unique, possédant bien la langue qui le relie à sa race et le fait ainsi participer aux façons de penser, de sentir, de juger, de ses aïeux.
Ah ! l'influence des mots, de ces humbles vocables où se fixe et se transmet l'esprit d'un peuple, qui pourrait en mesurer l'immense étendue ! « La langue, a écrit Faguet, est le vêtement, plus que le vêtement, le moule, plus que le moule, le corps de la tradition; elle lui donne tous ses accents et tous ses gestes, ces gestes qui, comme on sait, vont jusqu'à l'âme comme ils en viennent et finissent par modeler, à leur tour, l'âme qui les inspirent ».
RéadiOfl Heureusement qu'une réaction sérieuse commence à - , s'opérer chez nous contre l'anglicisât ion des affaires et
pTOJOlîue ju commerce, source première de l'anglicisation de l'enseignement. L'appui que trouve cette réaction dans des milieux financiers importants peut assurer son succès. Ainsi la Rente, organe de la maison Versailles. Vidricaire et Boulais, que dirige M. Olivar Asselin, mène depuis quelque temps une vigoureuse campagne à ce sujet. De son côté, le Crédit canadien consacrait la moitié de son Bulletin d'octobre aux termes français qui doivent entrer dans le texte d'une obligation. A son tour, la compagnie d'assurances Canada Life publie un glossaire anglais-français où assureurs et assurés, trop enclins jusqu'ici à traiter en anglais ou en un français baroque, apprendront les termes propres que leur offre notre langue.
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A chacun de nous de seconder dans notre sphère d'action,, ces efforts méritoires. Si nous redressons l'opinion, comme c'est elle qui, faussée, a entraîné les abus auxquels se sont laissés aller certains collèges commerciaux, ces abus cesseront rapidement. Un grand nombre d'éducateurs sont les premiers, nous le savons, à les regretter et à en souffrir. Ils seront les premiers à se réjouir de leur disparition.
Pierre Homier.
1er novembre 1920.
Notre mot d'ordre. — Chaque mois, nos lecteurs trouveront désormais, en notre première page, le Mot d'ordre de l'Action française. Ce sera, en quelques lignes concises, tantôt un point de notre doctrine sur lequel les circonstances nous commanderont d'appuyer, tantôt notre attitude définie sur des entreprises ou des problèmes où Y Action française ne pourrait se dérober, sans manquer à la raison même de son existence. Ces mots d'ordre seront toujours pesés et motivés. Ils seront brefs. A nos amis de leur donner le prolongement.
Nous et nos frères de France. — Voici une bonne nouvelle. U Action, française devient à Montréal le comité canadien des Amitiés catholiques françaises à l'étranger qui ont pour directeur à Paris Mgr Baudrillart. M. l'abbé Martial Levé avait lui-même, l'année dernière, entamé les premiers pourparlers. Ils viennent d'aboutir. Entre nos frères de P'rance et nous vont donc s'établir des « relations régulières et suivies » ayant pour but, ainsi que le précise le secrétaire du comité de Paris, « de mieux faire connaître les Canadiens français aux catholiques de France et ceux-ci aux catholiques du Canada français ». Il est entendu que « nous travaillerons à un ('change de services sur le terrain religieux et social ». Le mois prochain, nous donnerons à nos lecteurs de plus amples détails sur nos projets. Mais d'ores et déjà nous sommes les dépositaires de toutes les publications du Comité des Amitiés catholiques françaises à l'étranger.
Notre comité des éludes économiques. — Nous avons tenu au Cercle universitaire de Montréal, dans l'après-midi du t> novembre dernier, une réunion d'une espèce assez rare pour qu'il vaille la peine d'en consigner ici le souvenir. Nos collaborateurs pour l'enquête de l'année prochaine
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étaient ce midi-là nos hôtes. Après le dîner nous passions au salon du Cercle où devait s'ouvrir une séance de travail. Étaient là présents : M. Beaudry-Leman de la Banque d'Hochelaga, M. Henri Laureys, directeur de l'École des Hautes Études commerciales, MM. Ernest Guimont, Olivar Asselin, Antonio Perrault, Orner Héroux, Georges Pelletier, Léon Lorrain, Anatole Vanier, Dr Gauvreau, Louis Hurtubise, Napoléon Lafortune et l'abbé Lionel Groulx, directeur de l'Action française. Empêchés de venir, au dernier moment, MM. Edouard Montpetit, Emile Miller et le Dr Ernest Gendreau s'étaient fait excuser. Ce fut une vraie réunion d'étude. Pendant trois heures, tous nos sujets de travaux sur le problème économique furent étudiés, retournés, scrutés. Chacun de nos collaborateurs apporta à ce travail l'appoint de sa compétence et surtout une ardente volonté d'être utile, de tracer enfin à nos compatriotes, sur ce difficile et capital problème, un programme précis, réaliste, prometteur de résultats féconds. Tous emportèrent le meilleur souvenir de cette réunion où tant d'idées s'étaient ajustées, clarifiées, où des volontés saines s'étaient coalisées pour une noble entreprise de charité intellectuelle.
Nos conférences. — Recueillons également ici quelques notes sur la première conférence de notre série de cet hiver. Elle a eu lieu le 11 novembre au soir, à la salle Saint-Sulpice. Henri d'Arles eut devant lui une salle remplie et un public de choix. Les collaborateurs de l'Action française occupaient h>s premiers sièges. Fait à signaler : toute la classe de rhétorique du Collège Sainte-Marie était là. Ces jeunes gens qui ont retenu leurs billets depuis longtemps, viendront à chacune de nos conférences chercher un devoir de classe. Henri d'Arles nous brossa un large tableau de notre littérature, plein de finesse, de vigueur, d'aperçus originaux et traça les fondements et les devoirs de la critique. Cette soirée était sous la présidence d'honneur de Mgr Georges Gauthier. Monseigneur le Recteur de l'Université de Montréal eut pour notre œuvre des paroles que nous avons recueillies comme un suprême réconfort. L'allocution du début avait été confiée à l'un de nos directeurs, M. Antonio Perrault qui s'en acquitta avec un rare bonheur.
Notre revue. — Beaucoup de nos lecteurs ont entendu notre appel du dernier mois. Quelques-uns nous envoient même, dès maintenant, leur chèque de &2.00 pour l'année prochaine. En nous faisant parvenir le sien, M. l'abbé Chs Beaudin, aumônier du Mont Saint-Louis, nous écrit aimablement que l'abonnement à une piastre équivalait à payer le public pour nous faire lire. La petite Religieuse d'Ottawa continue toujours
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de nous envoyer des abonnés; un Frère du Sacré-Cœur de Saint-Hyacinthe envoie tout de suite deux piastres à la « très intéressante et très utile Action française » et regrette de ne pouvoir faire davantgae. Le directeur de l'Ecole des Hautes Études commerciales qui plusieurs fois déjà nous a donné des marques de sa haute sympathie, veut bien nous « exprimer toute son admiration pour l'œuvre française et catholique que poursuit avec tant de zèle et d'efficacité la Ligne des Droits du français. »
Le français à l'école primaire. — Nous accordons beaucoup d'espace dans la revue à la question actuellement débattue de l'enseignement de l'anglais et du français à l'école primaire. Le débat est des plus graves. A aucune époque de notre histoire, croyons-nous, si ce n'est peut-être en 1840, où encore l'on avait l'excuse du découragement, ne s'est manifesté un pareil glissement vers l'anglicisât ion. Le régime scolaire de nos anglomanes n'exerçait jusqu'ici ses ravages que dans nos centres urbains. Voici que l'on est en train d'étendre maintenant ce régime néfaste à toutes les écoles françaises du Québec indistinctement. La campagne québecquoise était restée jusqu'ici le dernier refuge de la vieille et saine langue française. Là aussi l'on se propose d'aller imposer aux petits Canadiens français, l'enseignement parallèle des deux langues, enseignement absurde, inutile, et déformateur. Si la tendance des bilingues à mêler les deux langues dans leur parler est en raison même de leur absence de culture — vérité de fait incontestable — nous pouvons augurer de là quelle universelle et quelle absolue déchéance du français se prépare d'un bout à l'autre de la province. L'affreux baragouin de nos ouvriers d'usines nous offre un spécimen de la langue hybride et barbare dont s'apprêtent à nous gratifier nos grands pédagogues, quelque» arrivistes et aussi, hélas, quelques braves gens.
Si à de pareilles oblitérations du sens national nous joignons des incidents comme celui de Y Association du Barreau canadien, des entreprises comme celle de la Maison canadienne à Paris, ou comme celle de la revision des manuels d'histoire du Canada préconisée à Toronto par l'un des nôtres, — il faut bien l'admettre : tout s'accorde à nous donner figure de bons Troyens qui seraient devenus collectionneurs de chevaux de bois. Elle peut paraître paradoxale, elle garde tout de même quelque vraisemblance, l'opinion de ceux-là qui voient se livrer, au cœur même du Québec, au foyer de la race, la prochaine grande bataille pour la défense de notre aine française. L'un des aspects tragiques du débat actuel autour de l'école primaire, c'est bien l'anxiété poignante avec
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laquelle nos frères des autres groupes suivent toutes les péripéties de la lutte. Hier, c'étaient nos vaillants amis du Ralliement français en Amérique qui envoyaient à Mgr Ross leur entière adhésion. L'autre jour, c'étaient nos frères de l'Ouest, ceux de l'Ontario qui nous suppliaient de ne pas nous imposer un régime contre lequel ils se défendent de toutes leurs forces. De part et d'autres l'on sent qu'il y a péril dans la vieille demeure paternelle.
L'heure est assez triste pour que nous demandions à nos amis de pratiquer plus que jamais la prière pour la patrie.
Jacques Brassier.
TRIBUNE DE NOS LECTEURS
Nous publions cette lettre d'un de nos correspondants comme preuve du vif intérêt suscité par le récent article de M. Emile Bruchési : Si la confédération disparaissait. . .
Messieurs de l'Action française,
C'est avec le plus grand intérêt que j'ai lu votre article sur l'éventualité d'une union entre le Canada et les États-Unis ou plutôt l'absorption du Dominion par son puissant voisin du Sud. Sans doute la meilleure ligne de conduite à suivre pour quiconque a à coeur le libre développement de la race française dans l'Amérique du Nord consiste, comme vous l'indiquez, dans la formation d'un état indépendant de langue française avec le Québec actuel comme noyau, que l'adhésion possible des provinces maritimes compléterait avantageusement. Toutefois en considérant la grande disproportion qui existerait entre l'étendue des Etats-Unis agrandis jusqu'au pôle et le Québec, il me semble que la création d'un plus grand Québec s'imposera à ce momentlà. Il importe que les limites artificielles de la province vers le Sud soient reculées, disons d'environ cent milles et surtout que l'on réduise cette hernie produite par le Maine vers le Nord afin de faciliter les relations avec l'Acadie. Les États-Unis gagnant des millions de milles carrés à l'Ouest auraient mauvaise grâce à marchander aux pionniers de cette partie du continent quelques centaines de milles de milles carrés. Cette solution ferait rentrer dans le Québec un certain nombre parmi le million et demi de Canadiens français émigrés dans la Nouvelle-Angleterre sans diminuer sensiblement la majorité française du
Nouvel État. Elle éloignerait Montréal de la frontière, proximité nuisible à son développement commercial. Elle rendrait à la race française des territoires qui lui ont appartenu autrefois.
Maintenant en ce qui concerne le Haut-Canada, il devient impérieux de ne plus considérer la rivière d'Ottawa comme limite. Les diocèses catholiques de l'Ontario établis en bordure du Québec, lesquels ont une population catholique en majorité française devraient naturellement être réunis au Québec. De cette manière la majeure partie des Canadiens français habitant l'Ontario ne seraient pas perdus pour le Nouvel Etat de langue française. Enfin le Nouvel Ontario, complément naturel du Témiscamingue et de l'Abitibi, ainsi que les territoires faisant partie des diocèses de St-Boniface (Manitoba oriental), achèverait de renforcer la position du plus grand Québec comme état viable et économiquement indépendant. A l'époque où les aspirations nationales des différents peuples de l'Europe centrale trouvent un libre essor, il serait inadmissible que les aspirations nationales des Canadiens, tout aussi légitimes, ne puissent trouver une solution juste et équitable telle que je viens de l'exposer. Il serait puéril que la crainte de froisser quelques susceptibilités empêche de formuler les propositions capables d'assurer le maximum de sécurité au libre développement de la race française dans cette partie du monde.
Je termine avec l'espoir que les idées que j'émets aujourd'hui trouveront un écho dans votre esprit et que les chefs autorisés de la nation canadienne-française sauront revendiquer au moment opportun les territoires adjacents au Québec comme patrimoine indispensable à l'existence normale d'un état libre qui a bien droit à son petit coin de soleil au Nouveau-Monde.
Recevez, Messieurs, l'expression de mes sentiments distingués.
G. Pascal, 18 octobre 1920. (104, Grant St., Passaïc, N.J.)
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