LES LIVRES
Chez nos frères les Acadicns, par l'abbé Emile Dubois — Bibliothèque de l'Action française, 75 sous.
Aux vacances de 1918, M. Dubois a su utiliser ses loisirs de professeur par un pèlerinage historique au pays d'Évangéline : ce qui nous a valu l'élégant volume que nous avons entre les mains. Le voyageur a visité tous les lieux illustrés par les armes françaises et acadiennes et tous les groupements qui ont survécu ou se sont reformés, après les événements tragiques du XVIIIe siècle. Il se dégage de son récit une grande leçon d'énergie et d'espérance, et les pages intitulées : la Revanche, comptent parmi les mieux venues du volume.
— L'auteur a voulu tempérer l'austérité d'une histoire révoltante, par des descriptions, des études de mœurs, des remarques philologiques : il a bien fait. Ce souci de l'art l'a heureusement servi, car la prise de Port-Royal et l'ignoble embarquement de Grand-Pré, par exemple, prennent un relief nouveau, par leur voisinage avec une description gracieuse et très littéraire des lieux où ils se sont passés.
— L'histoire de l'Acadie française est une sorte de mystère, angoissant comme l'existence du mal dans le monde, et dont l'explication remonte à des causes très lointaines que nous ne comprenons pas toutes. L' effroyable destinée de ces familles a l'air d'un châtiment : elle n'en est pas un cependant, puisque l'histoire témoigne des exceptionnelles qualités morales et chrétiennes de ce peuple. L'Acadie a-t-elle été la virtime pure, choisie pour le sacrifice, gage de la survivance française en Amérique? Est-ce elle qui a mérité aux Latins de vivre chez eux sur ce continent nouveau? On peut le croire.
— Et si cela est, quelle admiration et quelle reconnaissance ne devons-nous pas à nos frères Acadiens ! Sans doute, notre histoire et la leur, ne sont pas la même, — ainsi que le précise l'abbé Lacroix dans sa préface, — mais si nos deux rameaux ont poussé côte à côte Bans ae mêler, le tronc français dont nous sortons est unique, et dans l'avenir nous sommes certainement solidaires.
— Ce livre d'une lecture rapide et instructive, fera beaucoup pour rapprocher comme il convient nos deux familles parentes.
Louis Deugnt.
11 nous reste, en ce numéro, une petite page pour condenser bien des choses.
Nous adressons, dans notre mot d'ordre, un pressant appel à tous nos amis. Nous voudrions obtenir que Y Action française fut lue par nos compatriotes pour le moins autant que certains magazines américains. Déjà de précieux encouragements nous parviennent. La jeunesse des collèges se propose d'utiliser ses vacances du jour de l'an à battre les villes et les campagnes pour recruter des abonnements. On s'y est mis avec enthousiasme au collège Sainte-Marie, au collège de Montréal, au séminaire de Saint-Hyacinthe, au séminaire de Sherbrooke. On fera de même à l'Université d'Ottawa où 18 élèves viennent de nous envoyer leur abonnement. Chaque courrier nous apporte de nouvelles adhésions. Que nos amis en prennent note : il y a un peu partout, une foule de braves gens qui n'attendent que d'être sollicités pour s'abonner à une revue de direction et de défense nationale comme Y Action française. Que nos lecteurs actuels commencent eux-mêmes par solder leur abonnement qui doit être renouvelé, sans faute, avec le numéro de décembre.
Nos directeurs dirigent eux-mêmes, à l'heure actuelle, toute la campagne d'abonnement. Quelques-uns d'entre eux ont fait davantage. Ils ont commencé une campagne de propagande par la conférence que nous développerons au cours de l'hiver. Le Dr Gauvreau parlait récemment d'action française à Saint-Edouard, à la Pointe Saint-Charles, et à la Salle de l'École Sainte-Madeleine du Sault-Récollet. M. l'abbé Groulx parlait de son côté, de la même œuvre, au collège Sainte- Marie et au cercle littéraire Jeanne d'Arc de la paroisse Sainte-Catherine de Montréal.
Jacques Brassier.