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NOS ÉTUDIANTS ET LA CONFÉRENCE ASSELIN

Voici bien l'une des bonnes nouvelles que nous pouvions annoncer tl nos amis : un groupe d'étudiants d'action française vient de se fonder à l'Université de Montréal. C'est un signe de l'esprit nouveau qui souffle parmi la jeunesse universitaire et c'est aussi la preuve qu'une doctrine opportune et objective comme la nôtre finit toujours par conquérir les jeunes intelligences claires et loyales. Le Quartier latin du 21 décembre dernier annonce en ces termes la naissance du nouveau groupe : ''Quelques carabins viennent de fonder un cercle d'action française. C'est une heureuse initiative qui aura, nous l'espérons, d'excellents résultats... Les sociologues prévoient la fondation d'un État français d'Amérique avant que ne s'écoule cinquante ans. Préparons-nous donc, dès aujourd'hui, des chefs com.pétents...".

Ces jeunes gens qui fondent pour agir, n'ont guère pris de temps à se mettre à l'œuvre. Puisqu'un débat littéraire s'est élevé et qui dépasse de beaucoup la portée et l'actualité d'un certain livre, ils ont résolu d'avoir là-dessus l'opinion d'un homme libre. Et voilà pourquoi le jeudi, 15 février, à 8 h. 30 du soir, à la salle Saint-Sulpice, aura lieu ime conférence de M. Olivar Asselin sur l'Œuvre de Vahbé Groulx. M. Antonio Perrault sera le président d'honneur et l'orchestre des étudiants exécutera la partie musicale. Les billets sont déjà en vente au prix de 75 et de 50 sous. Cette conférence promet d'être l'événement intellectuel de cet hiver. On fera bien de ne pas attendre au 15 février pour retenir son siège.

Ce ne sont pas les seules manifestations consolantes que nous offre le monde de notre jeunesse universitaire. L'Action française possède maintenant un dépôt de ses livres à la maison des étudiants de la rue Sherbrooke. Nous devons cette faveur à l'un de nos directeurs, l'aumônier très dévoué des étudiants de Montréal, M. l'abbé Lucien Pinault. Durant le mois dernier, deux groupes de cette même jeunesse invitaient M. Antonio Perrault et M. l'abbé Groulx à venir leur parler de l'Action française. Et comme en ces milieux on passe vite à l'action, nos étudiants ont commencé par faire imprimer en français leurs billets jiour les parties de hockey, lorsqu'ils reçoivent un club étranger àl'Arena do Montréal.

NOS PUBLICATIONS

C'est vraiment une période féconde qui va commencer. VAmiiié française d' A méiique, conférence prononcée en septembre dernier jxir

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notre directeur, au congrès franco-américain de Lowell, est maintenant en vente. Cette brochure a été tirée à 15,000 exemplaires; 10,000 ont déjà pris la route des centres franco-américains où l'on se tourne en ce moment du côté du vieux Québec avec resj)érance qu'il se souviendra de sa devise. Ceux qui ont besoin de croire à notre rôle magnifique auprès de nos frères dispersés, feront bien de lire ces pages de l'abbé Groulx.

Nous publierons aussi, au commencement de février. Notre avenir -politique, série d'études qui ont fait l'objet de notre enquête de l'année dernière. Un grand nombre de nos lecteurs nous avaient priés de mettre ces articles en volume. On veut que les jeunes s'en fassent un instrument de travail. Nous accordons nous-mêmes trop d'importance à cette idée capitale d'un État français; elle devra tenir un rôle trop considérable dans la réorganisation nationale pour qu'un seul m^oyen soit négligé de la maintenir devant les esprits.

Nous publierons aussi, vers le même temps, Les trois lyres, poèmes de Mme Blanche Lamontagne-Beauregard. Le nom de l'auteur recommande mieux que tout éloge, cet ouvrage qu'une trentaine de dessins inédits de Mlle Berthe Lemoyne illustreront avec goût.

Mon voyage autour du monde, œuvre posthume du regretté Emile Miller paraîtra d'ici peu. Ces leçons amusantes de géographie, destinées à la jeunesse, seront ornées d'une centaine de gravures et seront une des meilleures contributions aux bibliothèques d'enfants. Enfin, signalons Pèlerins de Rome, ouvrage qui n'appartient point à notre bibliothèque, mais qui est de notre collaborateur Ernest Bilodeau et qui est à lire pour cent autres raisons. J'ajoute que nous avons en préparation: Notre histoire édifiante, série d'histoires nobles et touchantes, toutes empruntées au fonds cadadien et qui seront d'un secours inestimable aux professeurs de catéchisme. Nous devrons cet ouvrage au révérend Frère Béatrix.

Jacques Brassier.

L'APPEL DE LA RACE

Le petit livre d'Alonié de Lestros Fait parler de lui. C'est à qui lui ferait de la réclame, cependant que la deuxième édition s'en va rapidement. Les critiques sont de toutes les nuances et même sans nuances. Un critique québecquois a violemment condamné les solutions du Père Fabien. Nous le regrettons pour lui, mais nous avons reçu, depuis ce

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temps-là, trop d'approbations de théologiens pour que l'assurance du critique nous rassure sur sa théologie.

Il faut traiter, sans doute, ces violences de théologien, comme les violences de grammairien que se permet le même critique. On se rappelle qu'il n'a pas consacre moins d'une page du Canada français à abominer ces barbares qui osent écrire "le Québec". Pour calmer les remords d'Alonié de Lestres, nous avons tout bonnement ouvert Le Bulletin du parler français, — un parent assez proche du Canada français, si nous ne faisons erreur — ; nous l'avons ouvert au tome Vème, p. 318 et voici ce que nous y avons lu sous la signature de M. Adjutor Rivard dont le critique québecquois ne contestera pas la compétence :

"Nous venons de démontrer qu'il faut dire : le Manitoba, en parlant de la province de Manitoba. La même règle devrait s'appliquer aux provinces d'Ontario et de Québec. Le Québec, paraît étrange; nos oreilles n'y sont pas habituées. Mais ce serait, il nous semble, la forme régulière. On dit royaume de Siam, parce que Siam est un nom de ville, comme Québec; mais le Siam, au sens de "le royaume de Siam", garde l'article. On répliquera peut-être que royaume est masculin, tandis que province est féminin; nous ferons remarquer qu'on écrit le Venezuela, au sens de "la république de Venezuela". {Venezuela — petite Venise — est un nom de ville)."

Il paraîtrait que depuis lors, le Bulletin ou le Canada français aurait soutenu le contraire. Cela prouverait, à tout le moins, qu'il n'y a pas de quoi trancher la question avec si peu d'aménité et que les barbares barbarisant pourraient fort bien se trouver au Canada français comme à V Action française.

A la suite d'un article d'un certain Français paru dans une revue anémique de Montréal, un professeur de l'une de nos grandes institutions commandait immédiatement cent exemplaires de l'Appel de la Race, puis faisait tenir à Aloaié de Lestres, la protestation suivante que nos lecteurs ne nous pardonneraient point de leur laisser ignorer :"En retenant cent exemplaires de V Appel de la Race, je ne crois pas avoir posé un geste bien héroïque. Je n'ai fait qu'obéir à la dictée de ma conscience qui m'enjoignait de protester, non pas une parole, mais par un acte, contre Tintervention injuste et insolente d'un Français de France dans nos questions nationales. Tous les Français, grâce à Dieu, ne pensent pas comme ce professeur de McGill. J'en connais près de moi, qui s'intéressent à nos luttes et sympathisentavec nous. Quant aux snobs et aux anglicisateurs, qui, au lieu de nous aider, sem-

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bleiit s'appliquer, chaque fois que l'occasion se présente, à faire le jeu de nos adversaires, et se scandalisent ensuite de ce que notre culte pour la France n'est pas assez intense, apprenonç-leur, une bonne fois à se mêler de leurs affaires et à respecter au inoins les lois de la dé( ence la plus élémentaire. La France y gagnera et les Canadiens aussi".

D'autres critiques qui veulent faire les malins, affirment que V Appel de la Race, est le plus invraisemblable des romans, pour soutenir l'instant d'après, avec non moins d'acharnement, que le roman est si réel, si vrai, qu'il est tout bonnement un roman à clefs. La vraisemblance de la fable ou des personnages relève des critiques qui en décideront comme il leur plaira. Mais l'autre question relève de l'auteur tout d'abord; et nous affirmons sans plus que V Appel de la race n'est pas un roman à clefs. Alonié de Lestres n'a visé personne; et en fait l'histoire de Lantagnac ne répond à aucune histoire concrète. Ceux qui écrivent le contraire de ce temps-ci ne font que de petits romans en marge de l'autre. Et il nous serait facile d'en faire la preuve, si tout de même il ne fallait se montrer aussi indiscret que les professeurs de discrétion

Jacques Brassier.

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