LE 24 JUIN, JOUR FÊRIÊ
Nous voyons avec bonheur que le mouvement reprend et se fortifie pour faire du 24 juin, fête nationale^des Canadiens français, un jour férié, une fête officielle décrétée par l'État. Voilà même une campagne d'opinion qui serait inconcevable ailleurs que chez nous. Dans sa^vie officielle notre État se comporte, la plupart du temps, comme un État canadien-français; il est tel, du reste, par l'histoire et par sa constitution politique. Pourquoi hésite-t-il à l'être en des actes aussi essentiels que celui de la fête nationale ? Il faudrait pourtant en finir avec ces équivoques. Fixer une fois pour toutes la nationalité du Québec ne serait porter atteinte au droit de personne. Parce que d'âme française, c'està-dire généreuse, nous aimons à nous prévaloir de notre libéralité à l'égard des autres races. Pourquoi cette libéralité serait-elle moindre si nous décidions de fortifier, d'affirmer davantage notre âme française ? Les autres n'y perdraient rien; et notre peuple y gagnerait beaucoup, lui, qui attend de trouver enfin une idée simple dans la notion de son patriotisme.