‹ L'Action canadienne-française (volume 3)Chapitre 136 sur 232 · L.-A. Gendron · texte numérisé non relu

L.-A. Gendron

Saint-Hyacinthe, 13 avril, 1896.

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt tous les détails cjue tu me donnes sur ce qui se passe actuellement à Ottawa; le public n'entretient plus d'espoir au sujet de la loi réparatrice. Il n'a pas de doute que sans cette obstruction déloyale qui dure depuis quinze jours, la loi aurait pu être votée.

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Comment les responsabilités seront-elles envisagées et jugées par Télectorat? Voilà ce qui est à redouter. Et comment surtout, pour nous conservateurs, faire la part de ces responsabilités ? Voilà qui est bien délicat, et il n'y a pas de doute que nous serions plus à l'aise si la loi eut été introduite à la dernière session. Mais peut-on l'admettre à nos adversaires sans perdre tout le bénéfice, pour le parti, des efforts qui ont été faits depuis quelques semaines ? Si tu remarques, le Courrier dit peu de choses à ce sujet et nous ne faisons que dénoncer la mauvaise foi libérale. L'avant-dernière correspondance parlementaire que nous avons publiée donne raison à vos prévisions de l'an dernier, mais nous considérons qu'il est difficile de dire plus sans travailler pour le bénéfice de la cause libérale. Crois-tu que la dissolution peut arriver subito même avant le 25 (?), la Gazette de Montréal le fait pressentir.

J'ai hâte de te voir pour causer et aviser sur la position à prendre dans le comté ici et pour la direction à donner à nos amis, en général.

En résumé, je me rends compte que tout ne sera pas couleur de rose aux élections prochaines; les instances du gouvernement pour faire passer la loi auront auprès des ennemis de la mesure les mêmes effets que si elle avait été adoptée; par contre, son défaut de passation va faire perdre au parti tout le bénéfice des efforts qui ont été faits pour arriver à réparer l'injustice. Quand tu en auras le temps, écris-moi un mot.

Bien à toi,

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