LE QUÉBEC ET LE VATICAN
plaît, du point de vue catholique ' autant que du point de vue français. ^
Dans le monde international le message de notre gouvernement au Pape est un bon exemple, sans compter qu'il est de nature à grandir le prestige de notre petit peuple devant les nations souveraines. Et, ce doit être pour nous un nouveau sujet de sat sf action. Puisque les fils l'Angleterre, de l'Espagne et du Portugal se sont tous organisés politiquement en nations majeures sur le nouveau continent, n'est-il pas naturel que les fils de la France soient sensibles au développement du prestige de leur groupe ethnique, comme à celui de leur autonomie législative ou de leur indépendance économique ?
Afin d'éviter les malentendus, qu'il me soit permis d'ajouter que l'intérêt français d'Amérique que nous désirons est celui de notre famille française tout entière, en commençant par nous-mêmes, puis en passant par nos frères de la confédération canadienne fixés en dehors du Québec, et en allant ensuite aux groupes de moins en moins liés à notre sort. Des Allemands énonçaient à un congrès tenu l'an dernier à Heidelberg, qu'^'il y a une civilisation allemande et qu'il y a un État allemand, dont les limites ne coïncident pas et n'ont jamais été plus distantes qu'à l'heure actuelle", et ils proclamaient la nécessité de la solidarité de l'Ëtat allemand avec le Tyrol méridional, le Burgenland, la Carinthie, la Sturie, les Allemands des États-Unis, comme avec l' Alsace-Lorraine. Nous ne
1 J'ai trop librement exprime ma critique, en février dernier, pour ne pas dire aujourd'hui ma satisfaction.
2 Le point de vue français comprend, dans ma pensée, nos intérêts ethniques et ceux que commande notre situation géographique. Sur ces deux sujets M. Taschereau a également pris des attitudes fermes et patriotiques, en défendant l'intégrité de notre droit civil français et en se prononçant contre le creusage du Saint-Laurent au bénéfice des Yankees.
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sommes assurément pas plus indifférents à la solidarité française en Amérique que ne le sont les Allemands à la solidarité germanique dans le monde.
Pour terminer par la pensée qui inspira ces commentaires, disons que les gouvernements doivent aller au Pape sans préoccupations d'ordre temporel, parce qu'il est le Pape, tout simplement. Mais ils peuvent avoir en retour l'assurance qu'ils trouveront, avec les lumières spirituelles de l'Église, les avantages politiques qui découlent nécessairement des relations diplomatiques avec l'unique institution dont la stabilité et la vérité doctrinale jouissent de garanties divines.
Anatole Vanier.