‹ L'Action canadienne-française (volume 3)Chapitre 165 sur 232 · LE BILINGUISME DANS L'ONTARIO · texte numérisé non relu

LE BILINGUISME DANS L'ONTARIO

On a beaucoup parlé, depuis deux ans surtout, dans les milieux anglais du pays, de la question du bilinguisme. Convaincus de la faillite de la brutale formule d'assimilation orangiste. Une école, un seul drapeau et une seule nationalité'\ e&vsLyés des dangereuses commotions qu'elle a fait subir à la vie nationale canadienne, nombre d'esprits anglais sérieux se sont mis à l'étude de ce problème et, de part et d'autre, proposent des solutions plus raisonnables, plus conciliantes.

A part les inotifs d'ordre politique que l'on peut avoir, en certains milieux, de paraître moins francophobes, on semble avoir commencé à comprendre que nous vivons dans une confédération bilingue, constituée principalement par es descendants de deux grandes races qui vivent en communauté d'intérêts politiques et économiques, mais qui parlent deux langues différentes, ayant des droits égaux au point de vue constitutionnel. Ce fait admis résolument, rien d'étonnant que l'injustice des lois et des règlements qu'on a tenté d'imposer aux écoles fréquentées par les enfants canadiens-français d'Ontario et la brutalité des persécutions qu'on a fait subir à nos compatriotes, apparaissent dans toute leur laideur, même aux plus préjugés.

Aussi bien, des sociétés se sont formées pour l'étude du problème scolaire ontarien et la défense de la justice et de la vérité. Les pédagogues y ont porté intérêt; leurs déclarations ont été souvent d'éclatantes justifications de l'attitude maintenue par les Canadiens français devant la persécution.

La question a été discutée à Londres même, où elle a fait l'objet d'une étude sérieuse à la dernière conférence

LE BILIiSTGUISME DANS l'oNTARIO 277

impériale d'éducation. Là encore, les principes pédagogiques sur lesquels les Franco-Ontariens ont fondé leur résistance, ont été reconnus comme les seuls capables d'assurer le véritable développement intellectuel des eafants et leur succès dans l'étude des deux langues.

Il serait assurément à souhaiter que nos ultra-loyaux com patriotes de langue anglaise qui sont toujours prêts à recevoir leur mot d'ordre de Londres, prêtent l'oreille à cette voix du bon sens qui leur vient précisément de chez eux et s'emploient à faire régner de nouveau au pays la concorde qu'ils ont brisée. Quoi qu'il en soit, ces manifestations et ces déclarations en faveur du bilinguisme, ainsi que des fécondes propriétés éducatives de la langue maternelle, ne manquent pas d'être pour nos compatriotes, un motif d'intense satisfaction, un encouragement à continuer la même lutte en faveur des principes qu'ils ont posés dès le commencement.

A l'heure actuelle, où certains personnages . qui ont figuré autrefois parmi nos pires enremis, cherchent à di^ertir l'attention des Canadiens fra iç^^is de la province de Québec de l'imbroglio scolaire ontarien, il ne paraîtra pas inopportun de rappeler ces principes et de montrer une fois de plus l'absurdité et la tyrannie du régime que, quoi qu'on en dise, l'on a pas cessé de chercher à imposer aux écoles fréquentées par les Canadiens français d'Ontario. Ces principes se réduisent à deux, à savoir: un principe d'éducation et un principe d'utilité.

Page 1