‹ L'Action canadienne-française (volume 3)Chapitre 44 sur 232 · QUELQUES BROCHURES À LIRE · texte numérisé non relu

QUELQUES BROCHURES À LIRE

1. En face de la persécution scolaire, de l'abbé Aid. Sabourin de Saint-Boniface, Man. Par ces temps de bonne entente, il serait peutêtre bon de savoir à qui d'abord nous devons tendre les mains : à nos frères ou à leurs oppresseurs; 2. Le ^^glaisage" des terres par Jean- Charles Magnan. Nous devons déjà plusieurs initiatives fort louables à ce jeune agronome. En voici une autre fort intéressante pour l'amen dem.ent des sols sablonneux. 3. La journée de travail par Arthur Saint-Pierre. C'est l'étude d'un spécialiste sur un problème social d'actualité permanente. 4. Le parler de chez nous par Joseph Dumais. Ce sont des pages qui rendent plus juste et plus dévoué envers la langue de nos pères.

LES *'COMPAGNOi\S DE LA PETITE SCÈNE*'

Les "Compagnons de la Petite Scène" joueront Le mort à cheval d'Henri Ghéon, le 3 avril prochain, dans la salle des Artisans, rue Saint-Denis, (angle Vitré). C'est un noble essai de théâtre chrétien. 11 faut aller l'applaudir.

NOTRE AVENIR POLITIQUE

Les études qu'avait provoquées notre enquête de l'année dernière, ont été mises en volume et sont maintenant en vente dans toutes les librairies. Ceux qui tiennent à la propagande de nos idées ne sauraient mieux faire que de propager ce nouvel ouvrage. Outre la solution qu'y fournit l'Action française sur le principal de nos problèmes, les lecteurs y trouveront occasionnellement les parties les plus vivantes de notre doctrine.

Nous précisons de nouveau l'attitude que nous avons cru devoir prendre sur le problème de notre avenir politique. Il ne s'agit point de savoir s'il vaut mieux continuer à faire partie de l'empire britannique et de la confédération canadienne. Nous nous sommes exprimés là-dessus expressément au cours de l'enquête: nous ne voulons rien détruire; nous ne voulons manquer à aucun devoir; s'il était possible de neutraliser efficacement la malfaisance de l'impérialisme et du fédéralisme, nous trouverions même la situation actuelle favorable à un petit peuple, comme le nôtre, dont le premier devoir est d'accroître ses forces, qui n'a pas le droit de s'élancer inconsidérément vers l'avenir. Mais la question est précisément de savoir si dans 50 ou 75 ans l'empire britannique et la confédération canadienne e.'dsteront encore. Sur l'écroulement prochain de ces deux entités politiques, nous avons apporté des témoignages et des pronostics qui constituent une forte probabilité. L'Action française a donc le droit de conchu-e qu'un peuple n'est pas justifiable de se laisser surprendre par les événements et qu'aucun devoir ne nous impose d'attendre l'écroulement de la maison actuelle sur nos têtes, avant de songer à préparer notre logis de demain.

Nous ne disons pas, non plus, qu'un État français indépendant est possible dans l'état actuel de l'Amérique du Nord. Mais nous préten- (iOns que la géographie politique de notre continent est rien moins que fixée en des lignes éternelles. D'ici un siècle, des changements, des bouleversements sont même orobables qui feront que l'avènement d'un Etat français aussi vaste que beaucoup d'autres n'aura plus rien d'illusoire. Nous ne soutenons point, en conséquence, que notre indépendance soit la probabilité d'un avenir prochain, ni ou'elle doive se présenter à nous comme l'échéance immédiate (hi régime colonial. Il est fort possible, nous l'avons encore écrit, ciu'il y faille parvenir par

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une série d'étapes, en subissant, par exemple, une annexion temporaire aux Etats-Unis ou une nouvelle fédération canadienne, restreinte aux provinces du Canada oriental. Mais il n'est ni chimérique ni présomptueux de le prétendre: nous n'aurons qu'à le vouloir pour nous faire, dans le bassin du Saint-Laurent, le destin de notre choix.

Va-t-on nous opposer que le but est trop lointain, le rêve trop utopique, qu'il est de nature à détourner notre peuple de sa tâche présente? Nous répondrons premièrement qu'une race ne peut jamais étendre trop loin ses prévisions; et secondement que le nouvel idéal ne peut être qu'une force bienfaisante, s'il est vrai que notre faiblesse la plus grande est de manquer d'orientation, de fin précise et entraînante; et s'il est vrai aussi que tous nos labeurs accomplis pour la réalisation légitime de l'État français ne seront, après tout, qu'une coordination plus vigoureuse de nos efforts d'aujourd'hui.

Quelques autres voudraient-ils nous reprocher de ne pas travailler au maintien de la Confédération canadienne, voire de l'Empire anglosaxon? Qu'à cela ne tienne. Là vraiment, répliquerions-nous, serait la tâche chimérique, la folie démesurée. Voilà cinquante ans que nous travaillons à construire, pendant que les autres détruisent et veulent détruire plus que jamais. Nous n'avons plus ni temps ni forces pour ce rôle de dupes. Songeons à nous-mêmes.

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