‹ L'Action canadienne-française (volume 3)Chapitre 46 sur 232 · AUTOUR DE NOTRE OEUVRE · texte numérisé non relu

AUTOUR DE NOTRE OEUVRE

Si l'œuvre de V Action française rencontre souvent ses détracteurs, en revanche nous dccou\Tons, avec le plus grand bonheur, que d'un peu partout, et des parties les plus éloignées du pays français, des sympathies vivantes nous suivent et sont prêtes à tous les dévouements. Le développement de nos groupes d'action française va silencieusement son train. Mais nous espérons avant peu, nous départir de cette discrétion. Notre courrier de chaque jour est tout plein de paroles de réconfort. Un jeime séminariste nous écrit : "Que je voudrais voir implantés au beau milieu du M..., pays que j'habite, quelques-uns de ces champions de la langue française et de fierté nationale dont est composé le groupe de V Action française /" L'un des plus brillants parmi nos jeunes journalistes veut bien nous dire pour sa part: "Je regardais, l'autre jour, un numéro de V Action française de la preiTiière année et je le comparais à un numéro d'aujourd'hui. Le progrès est frappant et remarquable. Les améliorations successives en ont fait dès aujourd'hui la première revue française du continent". 11 convient de signaler, au nombre des mêmes témoignages, cette jolie carte qui porte au verso la très belle poésie d'un Manitobain à l'auteur de V Appel de la race et que distribue le vaillant propay;andiste qu'est le docteur Boulanger, d'Edmonton. Surtout, nous aurions voulu reproduire en entier le trop généreux article que le Droit, sous la plume de M. Charles Gautier, consacrait à h'Ocuvre de l' Action française, le 23 février dernier. Espérons que ce sera pour le mois prochain. Ces témoignages, ces compUments trop flatteurs ne s'adressent pas tant à des hommes qu'à des idées. N«us ne sommes pas si fats que de prétendre les mériter;

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nous les acceptons comme réconfort, pour animer nos volontés à faire l'œiivre moins indigne de la cause qu'elle sert.

Comme s'ils n'étaient que de vulgaires collaborateurs de la Revue anémique, quelques bons apôtres nous reprochent parfois, entre deux crises d'anglolâtrie, ce qu'ils appelleraient volontiers notre francophobie. Voici quelques documents pour rassurer ces francophiles d'occasion. Ils y verront que nos frères de France ont une plus claire vue des choses, parce que, sans doute, ils ont plus de bonne foi. Voici d'abord une lettre qu'une Française du Canada écrit à notre directeur: "J'ai été conquise par votre très beau livre et veux tout simplement vous assurer que tous les Français de France ne pensent et ne jugent pas de même manière. Ceux qui ont compris l'idcal canadien, vos aspirations, vos luttes, s'inclinent devant votre œuvre... Votre courage à faire revivre vos traditions, àcon?erver intact l'esprit de la race, mérite tout noire respect, nos meilleurs encouragements. Les vrais Français de la Nouvelle-France ne sont-il pas un peu de chez nous? C'est avec un véritable plaisir que j'ai envoyé à des amis de "là-bas" l'ouvrage d'Alonié de Lestres. L'accueil sympathique qui lui est réservé vaudra, ce me semble, l'opinion de vos détracteurs..."

M, Henri de Noussane écrit, lui aussi, à notre directeur: "Il est invraisemblable de penser que, jusqu'à ce jour, la France, en dehors de toute politique et sur le seul terrain de la conservation de la langue et de la pensée française, n'a pas songé à prendre l'initiative d réunir, d'honorer des fils éloignés, des frères trop oubliés qui, chaque jour, a ec un inlassable dévouement, même lorsqu'ils ont l'air de ne s'occup r que de ce q.d les touche directement, servent, dans le monde, la cause de la mère patrie... Vous avez fait une œuvre et une grande œuvre. Vous êtes au premier rang de ceux vers lesquels notre gratitude fraternelle doit aller, avec émotion, par delii l'océan..."

Enfin V Action française de Paris, (28 janvier 1923) qui veut bien appeler notre revue, sa "sœur de Montréal", ajoute : "Son numéro de décembre, à côté de belles pages de l'abbé Groulx, sur l'avenir politique du Canada, contient de nobles pensées de Mgr Léonard, évêque de Rimouski, sur la vertu des traditions. Cett:: "Action f ançaise" canadienne... qu'elle reçoive ici tous nos vœux".

Non, il n'y a pas d ^ quoi perdre notre sérénité.

Jean Tillfmont

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de l'Action française

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