‹ L'Action canadienne-française (volume 4)Chapitre 30 sur 123 · EN SASKATCHEWAN · texte numérisé non relu

EN SASKATCHEWAN

Le premier congres de /'Association des commissaires d'écoles franco-canadiens de la Saskatchewan, tenu à Regina les 18 cl 19 février dernier, a adopté la délibération suivarite :

Les commissaires d'école franco-canadiens de la Saskatchewan, réunis en convention à Regina, en leur qualité de dépositaires de l'autorité des parents,

1 ° Réitèrent l'expression de leur entière loyauté et de leur parfaite fidélité au Roi et à la Couronne britannique.

2° Ils affirment la volonté de toiis les Franco-Canadiens de faire apprendre correctement à leurs enfants la langue anglaise qui est la langue principale de l'enseignement dans toutes leiu-s écoles. Comme témoignage de l'efficacité de leurs écoles, ils peuvent citer les résultats de plusieurs concours régionaux où le plus grand pourcentage des récompenses a été obtenu par les écoles franco-canadiennes.

3° Ils affirment le principe de droit naturel que l'éducation est une chose sacrée qui appartient d'abord aux parents et ils demandent que l'État respecte en matière d'éducation ce droit sacré.

4 ° Ils déplorent la campagne de fanatisme qui a été menée à travers la province par certains journaux et certaines organisations et considèrent cette campagne comme antipatriotique, parce qu'elle suscite des divisions funestes de race et de religion et est absolument contraire à la cause de l'éducation.

En conséquence, ils protestent formellement contre les propositions nos 12, 20 et 21 de la convention de la Saskatchewan School Trustées Association, tenue à Regina les 22 et 23 janvier dernier, propositions de nature à continuer cette agitation; ils protestent également contre les propositions nos 9, 22 et 26, qui démontrent que cette association et ceux qui la dirigent visent la question de langue. ^

5° Ils expriment leurs sincères remerciements aux ministres et à la majorité de la députation pour la reconnaissance qu'ils ont consa-

^ Voici les résolutions visées :

9 — Que la clause 9 de la loi scolaire soit amendée en retranchant les mots : « dont deux, au moins, catholiques romaines. »

(La clause 9 est ainsi conçue : Il est établi un conseil de l'instruction pubhciue composé de cinq personnes, dont deux au moins, cathohques romaines, à être nommées par le heutenant-gouverneur en conseil, lesquelles sont rénumérées de la façon que détermine le heutenant-gouverneur en conseil.)

12 — Attendu qu'il est communément admis que le Canadien français n'a pas de droit légal aux privilèges de sa langue en Saskatchewan; attendu que treize ou quatorze autres nationalités font partie de notre corps politique, en conséquence il est résolu : « Que dans l'opinion de cette convention, te privilège de langue accordé au français dans notre milieu est préjudiciable aux meilleurs intérêts de notre dominion. »

20 — Que l'anglais soit la seule langue enseignée dans nos écokpul)liques pendant les heures de classe et la seule langue d'instruction.

21 — Que personne ne soit éligible à la charge de commissaire qui est incapable de lire et d'écrire la langue anglaise.

22 — (Qu'aucune école élémentaire, académie ou collège privé ne soit permis dans la province, sauf avec une licence, et que toute insti-

l'action française 143

crée du principe de l'enseignement du français, tout en regrettant que ce principe n'ait pas été étendu dans son application à la Saskatchewan d'une façon plus large.

6° Ils demandent au gouvernement, et spécialement à l'honorable ministre de l'Éducation, de faciliter aux districts franco-canadiens l'enseignement du français par les mesures pédagogiques nécessaires.

7° Ils recommandent au gouvernement de fixer un minimum de traitement et d'établir un sj^stème régulier de pension pour les instituteurs et institutrices après un certain temps d'enseignement.

8° Cette convention recommande que dans les écoles rurales et de village l'instituteur voie à la surveillance des enfants durant l'heure du dîner et que ceci soit mentionné dans le contrat d'engagement. Pour faciliter cette surveillance, cette convention recommande également la construction obligatoire d'une maison contiguë à l'école poiu* le logement de l'instituteur.

9 ° Il serait désirable que les commissaires visitent leurs écoles au moins une fois par mois.

10° Cette convention est d'avis que le programme scolaire accorde plus d'importance à l'enseignement agricole.

11° Cette convention exprime le vœu qu'une plus grande place soit donnée, dans le programme d'études, à l'histoire du Canada dans les grades inférieurs et que le manuel soit revisé au point de vue des omissions et des erreurs historiques.

12° Cette convention exprime le vœu qu'un plus grand nombre de nos jeunes gens se consacrent à la carrière de l'enseignement.

13° Cette convention recommande aux commissions scolaires de faire distribuer chaque année des Uvres de prix aux élèves les plus méritants, afin de stimuler le progrès des études.

14° Cette convention exprime le vœu que les écoles franco-canadiennes s'unissent aux concours scolaires régionaux et qu'elles s'y fassent représenter par leurs élèves.

tution ainsi licenciée soit soumise aux règlements du département de l'éducation en ce qui concerne la direction et l'inspection, exactement de la même manière que les écoles publiques, mais qu'aucun octroi ne soit accordé à ces écoles privées.

26 — Que toutes les corporations soient imposées et taxées au profit de l'école pubhque, comme autrefois, qu'aucune division des taxes scolaires des corporations ne soit faite avec les écoles cathohques et que la stipulation demandant la division des taxes des corporations soit rappelée, cette division étant préjudiciable aux écoles publiques.

144 l'action française

15° Pour éviter les conflits de religion et de race, pour établir la paix et l'harmonie entre tous' les éléments de notre province, cette convention émet le vœu que toutes les questions d'éducation dans la province soient soumises au contrôle d'un Conseil de l'Instruction publique à double section, catholique et protestante, composé des hommes les plus compétents en matière d'éducation et entièrement indépendants des partis pohtiques.

Page 1