LES SYNDICATS CATHOLIQUES, UNE DIGUE CONTRE LE BOLCHÉVISME
Le R. P. Archambault a réuni, sous ce titre, trois études sur l'organisation des ouvriers catholiques. Deux de ces études ont été publiées déjà, l'une en 1911, l'autre en 1913; la troisième est inédite, croyons-nous. Le but que l'autciu: se propose, c'est d'éclairer les esprits sur ce que doivent être, dans un pays comme le nôtre, les unions
' Les Syndicats Catholiques, une digue contre le Bolchévisme' par le R. P. Joseph-Papin Archambault, S. J. ( Editions de La Vie Nouvelle. Prix : 35 sous.)
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ouvrières. Question de grande importance et de grande actualité, comme on sait. « Combien parmi nous, dit-il, ont du sjoidicalisme une idée exacte? Combien conçoivent l'association ouvrière, non comme un instrument de révolution, mais comme un organisme sain que peut \'ivifier l'esprit surnaturel ? . . . Soyons francs. L'idée catholique sociale n'est pas claire dans nos esprits. Aussi elle ne façorme pas nos mentalités, elle n'affermit pas nos actes. Nous hésitons, nous chancelons même devant le premier problème que soulève la question ouvrière, incapables, semble-t-il, d'appliquer, parce qu'insuffisamment comprises, les décisions pourtant si nettes de Rome. » Au Canada, même dans la province de Québec, l'on est volontiers partisan des associations interconfessionnelles et neutres, où les cathohques doivent s'interdire de raisonner en catholiques, où ils n'ont, comme cathohques, aucune influence sur la direction générale ou sur les décisions immédiates, bien qu'ils fournissent leur nom, leur nombre et leur argent. Et cependant la doctrine de l'Éghse sur ce point est claire et précise : c'est à l'association confessioimeUe que les catholiques doivent tendre. Ce genre d'association est réalisable : l'exemple des cathohques de Hollande, proposé dans le deuxième chapitre, suffirait à nous en convaincre. Dans des conditions plus difficiles que celles où nous sommes, les associations professionnelles cathohques sont nées et se sont développées dans ce pays. Dans son troisième chapitre, l'auteur nous fait connaître un mouvement analogue qu se répand dans notre province. Déjà vingt-sept groupements, représentant plusieurs milliers de travailleurs, se sont unis avec un programme franchement cathohque. Ce mouvement doit grandir. Aucim citoyen ne peut se désintéresser aujourd'hui de l'organisation ouvrière : il y trouve im appui nécessaire ou un danger menaçant. Seules les associations cathohques sauront protéger l'ouvrier sans menacer le patron. Les patrons cathohques, plus que tous, ont donc intérêt à favoriser ces associations. Les ouATiers, tous les ou\Tiers, ne peuvent que gagner à leur diffusion. Ce sera là, souhaitons-le, la conclusion des nombreux lecteurs de ces pages sobres, claires, essentiellement pratiques.
Ajoutons que S. É. le Cardinal Bégin a bien voulu adresser au R. P. Archambault, le 22 avril courant, la lettre suivante :
Révérend et cher Père,
J'ai pris connaissance de votre belle brochm-e siu" les Syndicats
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catholiques qui doit paraître ces jours-ci. XuUe publication n'est jamais venue plus à son heure.
La vague socialiste qui menace de submerger l'Europe, déferle jusque sur notre pajs. 11 est souverainement important de grouper nos ôu^Tiers catholiques dans des organisations ou\'Tières catholiques au lieu de les laisser s'eruregimenter dans les cadres d'associations basées sur de faux principes, et qui ont le tort fondamental d'ignorer ou de négliger, dans la question sociale, le côté moral et religieux. Vous rappelez très opportunément à ce sujet les enseignements et les directions de Pie X.
Déjà notre presse cathohque, dans de très bons articles que j'ai été heureux de Ure, a jeté le cri d'alarme. Votre opuscule, mon révérend Père, apportera à cette campagne mi concours précieux. Il dira avec quels succès des unions cathoUques ouvrières ont pu se constituer dans certains pays d'Europe, et dans notre province de Québec, à Chicoutimi, à Trois-Rivières, à Montréal et dans mon diocèse où ce travail d'organisation s'est fait surtout par l'intelUgence et le dévouement d'un prêtre très compétent, 'SI. l'abbé Maxime Fortin, auquel vous rendez un si juste hommage.
Agréez donc, mon Révérend et cher Père, mes sincères féUcitations, en même temps que l'assurance de mes sentiments les plus dévoués.