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LE CANADA APOSTOLIQUE

Le nouveau li\Te de M . Bourassa est une révélation pour la plupart d'entre nous. Nous connaissions des faits particuliers, nous n'avions aucune idée de l'ensemble de rœu\Te de l'apostolat canadien. Ce n'est pas, non plus, une œuvre unique ayant une direction d'ensemble; ce sont autant de missions particulières nées spontanément im peu partout dans le Canada, mais procédant du même principe, la foi, et d'un même besoin d'action, la charité.

En apprenant l'importance de ces missions, nous qui avons douté quelquefois de la profondeur du sentiment catholique des Canadiens, nous ne pouvons plus douter que la source de tant de bien ne soit ]:)rofonde et puissante pour rejaillir ainsi siu" la terre étrangère.

Français du Canada, nous sommes ici pour rendre témoignage de la foi devant l'hérésie et le paganisme ambiants. L'isolement où nous a tenus la différence de notre langue de celle de la majorité a préservé l^rovidentiellement notre foi. Cette différence nuit à notre apostolat sans doute, mais moins que Veut fait l'absorption inévitable de notre race par la race anglo-saxonne; ce qui importe avant tout,c'est que nous demeiu"ions un témoignage vivant de la foi, « que notre kmiière luise « devant les hommes afin qu'ils voient nos bonnes œuvres et qu'ils glo- « ri fient notre père qui est dans les cieux ».

Le monde est aveugle : il ne voit pas le bien; mais cela n'empêche pas le bien d'exister. Il n'existe même qu'à la condition d'être méconnu ; c'est le sort promis à tous les apôtres, d'être méconnus, sinon persécutés. « Le disciple n'est pas au-dessus du maître », aussi les œuvres philanthropiques obtiennent des monimients : les œuvres de la charité héroïques et sans nombre passent le plus souvent inaperçues.

C'est d'ailleurs le caractère de la ATaie grandeur de ne pas frapper les yeux et de ne pas se révéler par des signes matériels. Qu'est-ce que la vraie grandeur sinon la grandeur morale, celle de l'âme? Et quel rapport peut-il y avoir entre cette supériorité et le déploiement du faste et l'appareil de la force? Jean-Baptiste, vêtu de peaux de bêtes, ne fut-il pas le plas giand parmi les enfants des femmes? Et le Fils de l'homme naquit non loin du palais d'Hérode, dans une étable; ses premiers courtisans furent des bergers, et c'est là que seuls vinrent l'adorer ceux à qui sa présence fut révélée d'en haut.

• Le Canada apostolique, Bibliothèque de V Action française, par Henri Bourassa.

Considérons seulement ce qiii se passe autour de nous : c'est à la simplicité de ses manières que se révèle le grand seigneur; le grand savant n'affiche pas sa science dans la conversation, ni sa supériorité dans les congrès : ses œuvres seules parlent pour lui.

De même pour les saints : « Opéra eorum sequuntur eos. » Leurs œuvres les suivent : ils ne les projettent pas à la face du monde. Mais il est utile que leurs œuvres soient connues et que leur lumière luise devant les hommes.

M. Bourassa a donc fait une chose très opportune en pubUant le recensement des œuvres apostoliques de notre pays. Il l'a fait avec cette information consciencieuse qui prévient toute contradiction et l'élévation d'idée que suggère un pareil sujet. Il termine son Uvre par une réponse à la question suivante : « Povu-quoi le catholicisme a-t-il fait « si peu de progrès chez les nations païennes ? Pourquoi le sang de « tant de martjTS est-il resté stérile ? Pourquoi la parole de Dieu, « portée jusqu'axix confins de la terre par des miUiers de missionnaires, « a-t-elle éveillé si peu d'écho dans le cœur et l'esprit des infidèles ? » La réponse est na\Tante : elle se trouve dans le scandale donné par les peuples chrétiens. I./eurs vaisseaux, qui portaient les missionnaires, apportaient en même temps chez les peuples païens, les scandales du .schisme et de l'hérésie, les scandales de leur politique spoliatrice, de leur exploitation honteuse de ^œu^Te des missionnaires, les scandales de leurs vices et de leurs injustices.

Ne nous hâtons pas cependant de conclure à la stériUté de l'œuvre des missionnaires : le Christ est parti « en vainqueur pour vaincre ».

Bien plus décourageante est, à première vue, le spectacle de la vie chrétienne dans la chrétienté même. Dès le quatrième siècle tous les royaumes de l'Europe et de l'Afrique, encore humides du sang des martyrs, étaient tombés dans l'hérésie. Les rois barbares, qui serA'aient Rome au temps de sa puissance, ne l'avaient détruite que pour prendre sa place parmi les persécuteurs de l' Église. Le scliisme grec était à la veille d'éclater, et Mahomet allait bientôt ravir à la foi chrétienne pour des siècles, l'Asie, l'Afrique et les deux extrémités de l'Europe. A peine le croissant avait-il commencé de reculer que l'Europe abandonnait l'Eglise, et dans le monde moderne le protestantisme ou l'esprit révolutionnaire régnaient dans tous les états civilisés. Aujourd'hui nous pouvons apercevoir quelques îlots de terre au milieu du déluge universel, comme ce royaume de Pologne se relevant au miheu des ruines des trois grands empires qui l'avaient submergé, sj-mbole providentiel de l'impuissance des portes de l'enfer.

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Devant cet éternel recommencement il ne faut pas désespérer. Nous sommes des « serviteurs inutiles », mais Dieu fera croître là où nous aurons semé. Après tout, le royaume de Dieu n'est pas de ce monde. Ne tombons pas dans l'erreur des Juifs : n'exigeons pas pour ce royaume, le seul ^'Tai, le seul grand, les marques extérieures de la grandeiu" et les hommages du monde.

Que nos apôtres continuent d'évangéUser et de semer dans les champs du Seigneur; la moisson est grande, mais les ouvriers sont en petit nombre. Ne jalousons pas pour notre paj's le bien qu'ils vont faire ailleiu's; ne disons pas qu'il y a assez d'œuvres et d'apostolat à faire chez nous, que notre propre moisson réclame tous nos bras. C'est le propre des foyers ardents de rayonner; la charité ne connaît pas de limites.

D'ailleurs là où brille déjà, comme ici, le flambeau de la foi, l'apostolat existe dans chacun de nous. Soyons simplement chrétiens véritables, vivant selon les maximes de notre foi, et nous serons apôtres; que notre lumière luise devant nos « frères séparés » et devant tous ces hommes qui, dans la chrétienté même, ne reçoivent plus qu'une demilumière. Qu'ils connaissent par nous Celui qui les a appelés, et qu'ils soient sans excuse, et nous sans faute de leur incrédvilité. Voici d'ailleurs les conclusions de l'auteur : « Fille de la France chrétienne et « apostolique, notre nationaUté a pris naissance dans une admirable « poussée d'apostolat. Nous n'avons pas le droit de laisser en friche le « patrimoine de foi et de charité expansive que les fondateurs de la « Nouvelle-France nous ont légué. . . » « Noblesse obhge, dit un vieux « proverbe; et plus encore que la noblesse des origines, la noblesse issue « des munificences de Dieu. Comme la France d'autrefois, nous devons « porter aux autres peuples la surabondance des grâces de choix que « Dieu nous a prodiguées. » C.-E. Dorion.

LE PETIT MONDE ^ Les lecteurs de V Aclion française comiaissent-ils Le Petit Monde de Louis Dupire, dont J.-B. Lagacé a spirituellement illustré la couverture ? Dupire — tout le monde le sait, sauf Dupire lui-même — a vme prose alerte, aisée, souriante, ce qui est la marque du bon français; il a soudain des coups d'aile, des trouvailles, de fugitifs attendrissements, ce qui est le propre du bon style. Et il a par surcroît, ce qui est presque merveille

' Le Petit Monde, par Louis Dupire. — Édition du Devoir.

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à notre époque de sécheresse, de l'imagination. Pour nous promener au milieu du petit monde où s'élabore l'avenir de notre race, il a su se mettre à l'échelle des enfants. Il les connaît. Il les aime. Il les a . . . croqués. L'observation quotidienne des bambins lui a permis de démêler quelques éléments de la déroutante psychologie enfantine. Il ne nous exhibe pas l'enfant idéal, construit selon les données de la puériculture. Il nous montre des enfants natm-e, des enfants vivants. Mais pour être moins scientifiques, ils n'en sont ni moins beaux ni moins intéressants. Et tout cela est simple, frais, sincère. Combien Le Petit Monde nous repose du nôtre ! — L. L.

Au pays de Dollard — Nous publions en Partie docvmenlaire le remarquable discours prononcé au Long-Sault, le 24 juin dernier, par le premier secrétaire général de la Ldgue des Droits du français, M. le Dr Gauvreau. Ce discours, on le sait, a été fait à l'occasion du pèlerinage des Jeunes, auquel l'Action française a été hem'euse d'accorder son patronage mais dont l'initiative appartient tout entière aux jeunes des collèges.

La cérémonie du 24 juin a été fort intéressante. Au pied du monument, des allocutions ont été prononcées par M. l'abbé Gareau, M. l'abbé Verner, le R. P. Joseph-Papin Archambault, S. J., M. le Dr Joseph Gauvreau et M. l'abbé Noël Fauteux. Au retour, siu: le bateau, d'autres allocutions ont été prononcées par MM. Albert Jeannette, du collège Sainte-Thérèse, Maurice Archambault, du collège de l'Assomption, et Jean LaUemant. du collège Sainte-Marie, de Montréal.

Le 7 septembre prochain, \m autre pèlerinage au pays de Dollard aura heu, sous le patronage, cette. fois encore, de l'Action française, mais organisé par les paroissiens de Ville- Emard.

Ainsi se fonde la tradition.

Campagne d'été — La grande campagne d'été, c'est, pour les amis de l'Action française, une campagne de propagande. Les nombreux déplacements de vacances devraient permettre de faire connaître dans plusiemrs miUeux nouveaux nos hvres et notre revue. Qu'on veuille bien en profiter : il est partout des bonnes volontés qui ne demandent, pour passer à l'action efficace, qu'une légère secousse.

C'est ainsi que, tout en se reposant et se promenant, on peut jeter les bases d'ime puissante campagne de diffusion pour les Rapaillages, l'Almanach et nos différentes pubUcations. On peut apprendre aux

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gens les combinaisons diverses qui permettent d'acheter ces publications à bon marché, etc. Sachant qu'ils peuvent, par exemple, combiner des commandes, les faire expédier à des adresses diverses et cependant bénéficier des réductions justifiées par leiu" commande globale, beaucoup se risqueront à faire des achats qu'ils n'oseraient point tenter autrement. Si vous manquez de renseignements, priez simplement vos interlocuteius de s'adresser à nos bureaux.

Aux bureaux — Il n'y a point de vacances pom- le comité directeur de V Action française. Les réunions se poursuivent comme pendant les autres mois de l'année. On prépare la campagne d'automne, de nouvelles pubUcations, des conférences, etc. Nous voudrions cette année organiser en dehors de Montréal d'assez nombreuses conférences. A nos amis de l'extérieur de se mettre aussitôt que possible en relations avec nous.

Noire concours de propagande — Notre concours de propagande se terminera avec le dernier comrier distribué à Montréal le 31 août. Nous en rappelons rapidement les principales conditions :

Seize prLx seront attribués, selon le nombre des points recueiUis : 1 premier prix de S25; 1 deuxième prix de S15; 2 prix de SIO; 4 prix de $5; 8 prix de S2.50.

Les points seront calculés d'après l'échelle suivante : Abonnements de 1919, 5 points chacun; Abonnements de 1920, 10 points chacun; Abonnements de 1918, 10 points chacun; Les trois abonnements à la même adresse, 30 points.

En tout cas, il ne peut s'agir que d'ahonnemenls nouveaux. Les renouvellements et prolongations ne comptent point, pas plus que les soldes d'abomiements en cours. La collection de 1918 sera tout de suite adressée aux nouveaux abonnés, de même que les livraisons parues de 1919. La collection de 1918 se vend $2, l'abonnement de 1919 et de 1920 est de $1 par année, payable d'avance.

Le concours s'est ouvert le 1er juillet. Le résultat sera proclamé dans la hvraison de septembre de V Action française Les concurrents sont hbres de recueillir les abonnements où ils voudront, de grouper leius efforts, etc. Nous ferons simplement le total des abonnements et des points obtenus.

Nous prions qu'on ait bien soin, en expédiant chaque nouvel abonnement, de spécifier : Pour le coticours . . . Doit être attribué à X . ., en précisant bien les noms et les adresses.

Toute la correspondance doit être adressée à Concours d'abonnement, l'Action française, 32, Immeuble de la Sauvegarde, Montréal.

Jean Beau chemin.

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