‹ L'Action canadienne-française (volume 4)Chapitre 78 sur 123 · The abolition of ail separate schools in the province · texte numérisé non relu

The abolition of ail separate schools in the province

And we respectfully déclare that wc arc qualified voters for tlureturn of a member of the Législative Assembly of the Province of Saskatchewan, and hâve signed this pétition with full knowledge of its contents.

LIXFLUEXCE DU NOMBRE

Le Droit, dans son numéro du 13 août 191 9, a pubUé l'article suivant :

Souvent, en face des injustices et des attaques dont notre race et notre langue sont les objets en ce beau pays, on a entendu des gens dire que nous ne pourrions avoir d'influence et nous faire respecter que le jour où nous serions en nombre suffisant poiu" imposer notre volonté.

Sans doute, il est très vrai que le moment où nous serons devenus la majorité, les persécutions et les dénis de justice cesseront; mais, faudrait-il attendre ce moment pour imposer le respect de nos droits à ceux qui sont plus nombreux que nous ?

Ce serait, il noue semble, reculer le jour de la A-ictoire un peu loin rt il est certain que nous pouvons obtenir la roconnaiseanop de nos librr-

tés et le respect de nos droits sans que nous soyons la majorité. Pour cela, deux choses suffisent : D'abord, conserver notre vitalité intacte, en empêchant tout coulage, en résistant de toutes nos forces à l'anglicisation, en cultivant dans toutes les âmes et toutes les intelligences, surtout chez les jeunes, l'amour de notre langue et de nos traditions, en faisant usage de la langue française partout et toujours, quand les circonstances le permettent, donner aux générations qui poassent la formation la plus complète possible et choisir, pour nous représenter, dans les diverses circonscriptions où nous sommes en nombre suffisant pour faire ce choix, des hommes compétents et distingués qui feront honneur à notre race en montrant aux autres que nous avons chez nous une éUte capable d'aborder, de comprendre et de résoudre sagement toutes les questions, même les plus sérieuses.

La seconde est au.ssi importante que la première, c'est de voir à ce que les autorités, les dociunents officiels enregistrent fidèlement les progrès que nous faisons avec les années, dans les diverses provinces où nous avons élu domicile.

A quoi nous servirait de lutter pour conser\'er l'usage de notre langue, poiu- maintenir bien \'ivaces les belles traditions si profondément catholiques que nous ont transmises nos ancêtres, si, avec chaque recensement, les documents officiels faisaient croire au monde entier que le nombre des Canadiens français reste stationnaire, quand il ne diminue pas?

Sans doute, la fausseté des chiffres ne ferait pas diminuer notre nombre, et ne ferait pas movirir les Canadiens français, mais nous perdrions ime grande partie de notre influence, puisque souvent, on se base sur les chiffres officiels pour accorder à une minorité sa représentation dans la hiérarcliie civile ou religieuse.

D'un autre côté si on enregistre, à chaque décade, ime forte augmentation en notre faveur, on ne tardera pas à comprendre que nous sommes une force avec laquelle il faut compter, que les efforts pour nous angliciser ou nous étouffer sont absolument inutiles et que la meilleure manière de faire de tous les Canadiens une grande nation avec une même âme et un même idéal, c'est de respecter les droits et les prérogatives de chacun des éléments constituants de la nation et de grouper toutes les énergies vers un même but, le développement d'un patriotisme canadien.

Il y aura bientôt dix ans que le dernier recensement national a eu lieu. Dans quelques mois, quelques semaines peut-être, on fera les préparatifs nécessaires pour le recensement de 1920-1921.

Comme par le passé on procédera par questions afin de connaître l'origine et la nationalité des habitants du Canada, on spécifiera quelle langue chaque indi^•idu parle et l'on établira ainsi des statistiques qui auront toute l'autorité des documents officiels.

Pour la pro^dnce de Québec, il n'y a pas de doute que l'on rendra justice aux Canadiens français, car les employés du recensement seront en général des Canadiens français. 11 n'en sera pas de même dans les provinces anglaises et il se poiu-ra fort bien que des employés de langue anglaise soient chargés de Ansiter des centres ontariens à grande majorité française.

Comme tous les Canadiens français, ou à peu près, parlent l'anglais, en cette province, il est fort possible qu'on se dispense de leur demander quelle est leur langue maternelle et qu'on les c!as.se parmi les Canadiens de langue anglaise.

On peut même poser la question d'une façon équivoque. On peut simplement demander : -:< Quelle langue parlez-vou.s d'ordinaire ? » Pour tous les Canadiens français A-ivant dans des centres à majorité anglaise il est clair que la langue ordinaire pour les affaires et les relations sociales est généralement l'anglais. Voilà autant de Canadiens français qui •seront cla.ssés parmi les citoj-ens de langue anglaise.

Il ne faut pas oublier que des recensements se sont faits avec une injustice manifeste pour les Canadiens français. Prenons par exemple celui de 1891. Dans la région compri.^e par le diocèse de lungston, le recensement de ISSl donne 10,221 Canadiens français. Celui de 1891 ne donne que 4.608, pendant que le recensement .suivant, 1901, donne 11,023. De telles variations sont impossibles et la seule explication à cet état de choses c'est que l'on a « anglifié » officiellement plus (le la moitié des Canadiens français.

Comme le gouvernement actuel ne s'est pas montré particulièrement dévoué aux intérêts français du pays, comme c'est un gouvernement comme celui de 1891, il serait très bon de suivre de près les travaux du recensement et de prendre les mesures nécessaires pour qvie l'on n'« anglifip » pas les Canadiens français.

J.-AU»ert FoisT.

l'Action française septembhe 1919

Les précurseurs

UABBË LEON PROVANCHER

Pour fortifier le courage des travailleurs d'aujourd'hui et les rattacher à ce qu'il y a de constitué déjà dans la tradition nationale, V Action française les fait passer dans le cimetière de l'histoire et lire sur les stèles oubliées les noms à demi effacés déjà de ceux qui, dans tous les domaines, voulurent ouvrir à notre jeune peuple des voies et des horizons nouveaux. U Action française ne pouvait manquer de conduire ses lecteurs à la petite église du Cap-Rouge, devant la pierre tombale qui rappelle le souvenir de l'abbé Léon Provancher, le premier et le plus grand des savants canadiens.

Malgré d'évidentes faillites dans des domaines qui n'étaient pas le sien, et où ses fanatiques avaient voulu l'entraîner, la science a tellement détruit et créé de choses sur notre planète, qu'il serait absurde de vouloir méconnaître la place qu'elle tient : une nation qui veut garder sa place au soleil ne peut négliger de collaborer à la recherche des secrets de la nature, de ses lois et de ses trésors.

Issu de quelques milliers de paysans abandonnés dans la forêt canadienne par une France vaincue, notre peuple a passé rapidement, miraculeusement comme on l'a dit, les phases de formation et de développement des groupes ethniques. Il n'a pas mendié son pain à la porte du conquérant, il l'a demandé à la Providence et à ses bras. Solidement ancré à la glèbe laurentienne, il a gardé sa foi catholique et sa mentalité latine, emploj'ant pour défendre l'une

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et l'autre toutes les énergies qui n'étaient pas requises pour le défrichement du sol. ■ Nous eûmes d'abord des laboureurs, des soldats et des prêtres; la lutte pour la vie nous créa des parlementaires, des orateurs et des hommes d'État, dont les victoires morales, en nous dotant d'une paix relative, déterminèrent l'éclosion d'une littérature et d'un art canadiens.

L'heure est venue, semble-t-il, où une science proprement canadienne-française doit se constituer. Mais si, dans un avenir plus ou moins prochain, nous voj'ons cet heureux développement, il ne faudra pas oublier 'qu'il y eut des précurseurs; que, dès le milieu du XIXe siècle, notre race produisait un savant remarquable, dont les travaux resteront classiques en Amérique. Et lorsque nous croirons connaître à fond les trésors de la nature laurentienne, les richesses des eaux, des bois et des montagnes, il nous faudra nous incliner devant celui qui, alors que personne encore n'en voulait, nous présenta la clef d'or de ce monde merveilleux.

L'abbé Provancher est né à Bécancour, le 10 mars 1820. Il fit toutes ses études au séminaire de Nicolet et nous savons comment, sous l'ombre des vieux pins, il prit par hasard la passion des sciences naturelles. Au fond d'une bibliothèque, il découvre un vieux traité de botanique, qu'il dévore. Mais quand, sur les plantes du pai'c, des prés voisins et des battures du lac Saint-Pierre, il veut appliquer ses notions fraîchement acquises, il se trouve que les trilles qu'il dissèque se dérobent à son analyse, que la sanguinaire qui lui rougit les doigts refuse d'entrer dans ses cadres, et que même les herbes les plus vulgaires gardent soigneusement leur incognito. Autour de lui, personne pour le tirer d'embarras et l'on sourit d'une fantaisie si nouvelle.

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D'ailleurs, de plus graves soucis sollicitent le jeune Provancher. Il se destine aux autels, et, refoulant dans un coin de son cœur ses ambitions scientifiques, il travaille avec vaillance et loyauté à se faire une âme vraiment sacerdotale. Il est ordonné à Québec, avec des collègues qui seront les évêques Langevin, de Rimouski, et Racine, de Sherbrooke. De 1844 à 1847, l'abbé Provancher est vicaire à Bécancour, à Saint-François de Beauce et à Sainte-Marie de Beauce. En cette année 1847, nous le trouvons à la Grosse-Ile, remplissant un ministère d'héroïsme auprès des tj'phiques irlandais. L'épidémie passée, Provancher fait encore du vicariat à Saint-Gervais, puis occupe successivement les cures de Saint-Victor de Tring, de l'Isle-Verte, de Saint-Joachim et de Portneuf.

Les premières publications de notre grand naturaliste datent de Saint-Joachim. C'est d'abord le Traité élémentaire de Botanique (1858), puis le Tableau chronologique et synthétique de l'histoire du Canada (1859). Mais il était à Portneuf quand, en 1862, parut sa grande œuvre, la Flore Canadienne à laquelle vint bientôt faire suite, la même année, le Verger Canadien, premier ouvrage du genre au Canada, et qui devait être tant de fois réédité.

L'abbé Provancher était un homme d'une activité et d'une initiative incroyables. Que l'on en juge ! A Portneuf, il réussit à opérer l'extinction de la dette paroissiale; il introduit l'harmonium à l'église — innovation qui fit sensation dans le temps — établit le sj^stème administratif des marguilliers; il fonde, en 1866, la première fraternité canadienne du tiers-ordre franciscain et fait des démarches pour obtenir le retour au Canada des fils de saint François. Ce n'est pas tout ! Il organise, à la même époque, une compagnie de navigation entre Québec, Portneuf et autres lieux, fonde une pépinière considérable et

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couronne le tout en formant une compagnie de milice ! Au milieu de tous ces travaux, il trouve le moyen de lancer la seule revue scientifique que nous eûmes en ce paj^s jusqu'à l'apparition de la Revue Trimestrielle : je veux parler du Naturaliste Canadien, fondé en 1868, que Provancher dirigea vingt années, et que son infatigable disciple, le chanoine V.-A. Huard, soutient depuis trente ans, au prLx de multiples sacrifices. En 1869, Provancher se retire du ministère et vient résider à Saint-Rt)ch de Québec, puis au Cap-Rouge, où, loin de se reposer, il trouve le temps de collaborer régulièrement à la Minerve, de fonder la Semaine religieuse de Québec (1888), de publier ses Mollusques et les quatre solides volumes modestement intitulés Petite Faune entomologique du Canada.

La Petite Faune décrit des centaines d'insectes jusque-là inconnus à la pcience, toutes les espèces canadiennes de Coléoptères, d'Hémiptères, d'Orthoptères, de Né\Toptères et d'Hj'ménoptères qui lui étaient alors connues; elle renferme au delà de 2000 pages de texte. Deux autres volumes où l'auteur eût traité des Diptères et des Lépidoptères, auraient complété cette œuvre unique et monumentale si, à ce moment, les ressources ne lui eussent complètement fait défaut. L'histoh-e de la science canadienne sera sévère pour les hommes publics d'alors qui, pour de mesquines raisons, privèrent notre grand naturaliste des moyens de couronner son œuvre. Il n'eût fallu pour cela que le prix d'une beuverie, quelques centaines de ces dollars parfois si inutilement prodigués !

L'abbé Provancher est mort le 23 mars 1892, à l'âge de 72 ans. Ses collections entomologiques sont au Musée de l'Instruction publique, à Québec, et ses duplicata en grande partie au Collège de Lévis. Son herbier, peu important, est maintenant complètement réuni à l'Univer-

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site Laval. Sa riche bibliothèque scientifique a été incorporée à celle du Palais Législatif de Québec.

Nous avons fait ailleurs ^ l'étude critique de la Flore Canadienne et nous n'j^ reviendrons pas, sinon pour en rappeler les conclusions : le Provancher de 1862 n'était pas botaniste: il a appris la botanique en cours de route, c'està-dire, en écrivant sa Flore Canadienne, et cet ouvrage, au lieu de couronner une carrière scientifique ne fait que marquer un début. Rappelons encore que les clefs analytiques sont souvent imparfaites, émaillées de transpositions qui les rendent parfois difficiles à interpréter, que la suite des espèces est incomplète et parfois enchevêtrée. On exagère donc, croyons-nous, en écrivant, comme on l'a fait récemment,que Provancher a manipulé une à une toutes les plantes canadiennes et qu'il en a maîtrisé tous les secrets.

Tout cela n'empêche que la Flore Canadienne fut un ouvrage étonnant pour le temps où il parut et que seul un homme taillé comme le curé de Portneuf pouvait mener à bonne fin. Il faut d'ailleurs ne pas oublier que, depuis longtemps, les rois de France n'envoyaient plus sur nos bords leurs «médecins du roi» et leurs «botanistes ro3^aux)), et que nul ici ne songeait plus aux sciences naturelles. La botanique américaine naissait péniblement avec Nuttall, Rafinesque, Torrey et Asa Gray. Provancher, absolument isolé, devait travailler au milieu de l'indifférence parfois hostile de ses compatriotes, loin des laboratoires et des bibliothèques techniques. « On ne pourra peut-être jamais se rendre compte, a-t-ii écrit lui-même, quelque part dans le Naturaliste Canadien, de la somme de courage et de labeur qu'il nous a fallu employer pour nous initier nous-même, [seul, isolé, sans ressources matérielles, à ces sciences com-

^ Fr. M ARiE-YiCTORiN, Sciences naturelles au Canada, KevueCana,jdienne, nov. 1917, p. 349 et seq.

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plexes et difficiles, pour trouver même les som'ces où il nous fallait aller puiser, n'ayant personne pour nous les indiquer. . . » Telle qu'elle est, avec ses imperfections et ses erreurs, la Flore Canadienne est resté un ouvrage unique dans notre littérature, ouvrage que nul encore n'a osé reprendre.

Mais, hâtons-nous de le dii-e, c'est surtout dans le domaine de l'entomologie que Provancher a fait œuvre personnelle et pris place parmi les pionniers de la science sur ce continent. Ici, il cesse de compiler, il découvre, il fait avancer à grands pas sa science favorite. Son affaire n'est pas, comme l'ermite de Sérignan — avec qui il a d'ailleurs plus d'un trait de ressemblance — de fouiller l'âme des bêtes pour y trouver selon la belle expression de Mistral

. . .la vertu de V abeille et le secret du miel !

Provancher est plutôt de tradition linnéenne, appliqué à inventorier les merveilles de la création et à dresser des cadres où elles puissent se grouper selon leurs affinités apparentes. Ces cadres, plus ou moins artificiels, ne prétendent certes pas à exprimer le plan divin, mais ils permettent à notre intelligence d'embrasser d'une seule vue des milliers de formes qui, sans cette opération de l'esprit, seraient noyées dans un monstrueux chaos.

On serait dans l'erreur si l'on croyait que les livres de Provancher sont le vade-mecum du jeune entomologiste en ce pays. Ils sont classiques et d'une valeur inappréciable pour les spécialistes, mais peu utiles aux autres.

Van Duzu, célèbre hémiptériste américain, qui a con-| fronté attentivement les ouvrages et les collections de Provancher, a trouvé ^ que sur 300 espèces décrites dans le traita

» Canadian Enlomologist, XLIV, pp. 317-330.

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des Hémiptères, 148 sont faussement déterminées. D'autre part, MM. Gahan et Rohler, du Bureau d'entomologie de Washington, D.C., ont publié une étude sur les « Hyménoptères de Provancher )) à la suite d'une visite à ses collections en 1915 ^ Les conclusions de ces entomologistes peuvent se résumer ainsi :

Sur 923 espèces décrites par Provancher (le groupe des abeilles n'a pas été examiné), un très petit nombre l'avait été auparavant, preuve d'une extraordinaire maîtrise de ce groupe si difficile. La faiblesse de l'auteur résulte de sa conception du gem-e et des limites génériques. Même dans les genres qu'il admet, l'on trouve qu'il place des espèces très voisines dans des genres entièrement distincts. Provancher, de plus, n'était pas ua type-worshipper, car il n'a pas indiciué sur les étiquettes de sa collection le spécimen sur lequel il avait basé sa description spécifique.

La partie de la Petite Faune qui traite des Coléoptères est beaucoup moins personnelle. L'auteur n'y décrit luimême qu'un petit nombre d'espèces, et ses descriptions, faisant état plus qu'il ne faut de caractères aussi instables que la taille et la couleur, manquent souvent de précision. Le frère Germain, des Écoles Chrétiennes, coléoptériste distingué qui a beaucoup pratiqué Provancher, cite comme particulièrement topicpe à cet égard le cas des hylotrupes où le savant abbé a été complètement mystifié par l'extrême variabilité chromatique de ces insectes.

Il était nécessaire de faire ces réserves pom* ne pas tomber dans le panégjTique éhonté qui est le pire ennemi de la gloire des grands hommes. ^Nlais hâtons-nous de dire que ce sont des déficiences communes à tous les savants de cette époque, et que Provancher reste l'un des

^ Canadian Entomologist, XLIX, pp. 298 et seq.

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grands entomologistes du monde entier. Si l'on ne considérait que les Hyménoptères, l'on pourrait avec autant! de raison que pour le grand Linné>^ mettre en exergue à sa gloire : Dieu créa, Provancher nomma !

La mémoire de Provancher a bénéficié du grand mouvement de nationalisation et de renaissance française qui entraîne le pays. On s'est souvenu, tardivement, que « dans le monde savant de l'univers, ce prêtre avait donné une voix à notre Canada ». Devant les inscriptions lapidaires de l'église du Cap-Rouge, du Palais législatif, on se rappelle qu'il y a soixante ans une aube scientifique se leva sur notre province et l'on se surprend à chercher pourquoi cette au])e n'eut pas son midi !

Il ne faut pas en rester à une admiration à la fois très légitime et très stérile, mais faire un énergique effort poui nous évader de ce colonialisme scientifique, tout aussi désastreux et non moins humiliant que le colonialisme littéraire que, grâce à Dieu, nous sommes à dépouiller ave( entrain. Que tous ceux à qui incombe la responsabilité d'orienter l'évolution intellectuelle des Canadiens français y songent; qu'ils favorisent, par tous les moyens, Téclosior et la culture des vocations proprement scientifiques.

Comment ?

En introduisant les sciences naturelles à tous les degré de l'enseignement, depuis l'école primaire jusqu'à l'Univer site — ou depuis l'Université jusqu'à l'école primaire. I semble que c'est d'en haut que la lumière doit venir, et ell peut être faite d'autant mieux que, en cette matière, n pèse aucune déprimante tradition de routine officielle. L'en seignement des sciences naturelles étant à peu près inexis tant n'a pu se fossiliser et peut tout de suite être mis sur u pied rationnel, excellent, adapté aux besoins de notre peuple

Comment encore ?

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Par la création d'une société de naturalistes canadiensfrançais. Il ne manque pas — une volumineuse correspondance en fait foi — de jeunes gens fortement attirés vers ce genre d'études, qui y débutent avec enthousiasme, mais dont l'isolement fait avorter les premiers efforts, ne laissant que des regrets.

Et pourquoi n'aurions-nous pas au lieu ou à côté de parcs dont la banalité est patente, des jardins botaniques qui ne coûteraient pas plus cher et seraient une école toujours ouverte au menu peuple plus avide de connaissances précises qu'on ne semble le croire ?

Enfin, il faut encourager notre littérature scientifique. Nous nous plaisons à reconnaître ce que le gouvernement arovincial accorde pour soutenir la Revue Trimestrielle ît le Naturaliste Canadien. Mais le public a sa part, très arge, à faire. Et il semble qu'aucun professeur, aucun nédecin, aucun agronome, aucun homme instruit même, le devrait manquer à pourvoir sa table de travail de ces leux revues qui forment encore la totalité de notre presse icientifique canadienne-française.

Fr. Marie-Victorin, des Écoles Chrétiennes.

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