‹ L'Action canadienne-française (volume 4)Chapitre 82 sur 123 · GRAND-PRE · texte numérisé non relu

GRAND-PRE

Grand-Pré ! annonçait d'une voix sonore le chef de train. Et par une matinée ensoleillée du 12 juillet 1918, nous descendions, M. l'abbé E. Lacroix et moi, dans un village poétiquement assis au flanc d'une colline qu'ombrage une végétation variée et abondante. C'est le lieu natal de sir Robert Borden. Sur la route montante et caillouteuse, on nous montre la résidence de la vieille mère de l'homme d'État. Plus loin, une église protestante dresse son clocher. En face de nous, les routes se croisent, s'enfoncent, en tournant sous la verdure, bordées partout de jolis cottages. Sur les seuils et dans les parterres, jouent de rares enfants qui nous regardent curieusement. Pas une seule fois n'arrive à nos oreilles le verbe de France, car ici l'œuvre de la proscription fut complète et définitive. Et vraiment si, devant nous, le large bassin des Mines, qu'ont décrit les historiens, n'étendait sa nappe d'eau imposante et brumeuse, si, à notre gauche, le gigantesque éperon du cap Blomidon n'en resserrait l'entrée, si, plus près, les longues digues et les ingénieux aboîteaux acadiens n'arrêtaient la mer, et si, surtout, à nos pieds ne s'allongeait cette riche prée, aux longues herbes que berce le vent du large,, nous ne pourrions croire qu'autrefois une race forte et vertueuse vécut ici, y souffrit, et disparut en un jour de tourmente. Du Grand-Pré acadien il reste un puits à la margelle de pierres, quelques débris de maison et huit vieux saules qui montent la garde près du cimetière où dorment les pionniers de ce fertile district. C'est à leur ombre bienfaisante que nous essaierons d'écrii'e brièvement, pour les

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lecteui's de V Action française, la triste histoire de la patrie d'Êvangéline.

Grand-Pré est situé dans une région où le sieur Prévert de ëaint-]\Ialo prétendait avoir trouvé du cuivre. De là le nom de district des Mines donné à la contrée environnante, et de bassin des Mines au bras de mer ciui forme la fourche droite du fond de la baie Française (baie de Fund}^. En 1604, Champlain s'y arrête à la recherche du cuivre, et il constate ciue la seule mine inépuisable de la contrée, c'est le sol. Aussi lorsque les habitants de Port-Royal songèrent à installer leurs nombreux fils, ils se souvinrent du district des Mines. Dès 16S0, une barque remontait une des nombreuses rivières du bassin ; elle amenait le premier colon, Pierre ]Mélanson dit Laverdure, sa femme, INIarguerite ISIius d'Entremont, et ses sept enfants. Peu de temps après, vinrent Pierre Terriau, sa femme CéUne Landry, Pierre et Claude Landry, Pené Leblanc, Etienne Hébert, Claude Boudrot, Martin Aucoin. Le progrès de la population fut étonnant: en 1693, il y a dans le district 307 colons; en 1701, on en compte 498. Aux premières familles sont venus se joindre les Bourgeois, les Gaudet, les Daigle, les Bourg, les Poirier, les Belliveau, les Cormier, les Richard, les Robichaud, etc. Ces colons étaient dispersés sur toute l'étendue du bassin, formant des centres déjà importants à Grand-Pré, aux rivières aux Canards, des Vieux-Habitants, Gaspareaux, Saint-Antoine, Sainte-Croix, l'Ascension, sous la haute et bienveillante protection de leur seigneur et maître le Borgne de Belle-Ile. Claude ]\Ioireau, récollet, fut leur . premier desservant, et Bonaventure Masson, de la même congrégation, fut le premier prêtre résident. Il porte le titre de curé de Grand-Pré dès 1707.

Nous ne décrirons pas la douleur de ces braves Acadiens lorsqu'ils se virent cédés à l'Angleterre par le traité

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d'Utrecht, en 1713, ni les vexations et les tracasseries sans nombre dont ils furent les victimes après cet événement. Qu'il nous suffise de dire à leur honneur, qu'ils gardèrent, comme peuple, une stricte neutralité, selon les termes du traité, même lorsque l'occasion leur était offerte par la France ou le Canada de lever l'étendard de la révolte et de reconquérir leur liberté. Au témoignage des gouverneurs anglais eux-mêmes, lors de l'expédition du capitaine Coulon de Villiers, en 1747, et de son éclatante victoire contre les troupes du colonel Xoble campées à Grand-Pré, si les Acadiens lui avaient prêté main-forte, c'en était fait de la domination anglaise en Acadie.

Ces luttes n'empêchèrent pas cependant le progrès de la population. Vers 1755, tout le bassin des Mines ne comptait pas moins de 6,000 âmes : cinq paroisses florissantes s'échelonnaient sur ses bords. Saint-Charles de Grand-Pré avait, pour sa part, plus de 1000 communiants. Quelle vie pieuse et édifiante menait cette forte population ! « En général, nous dit l'abbé Casgrain, ils étaient bons, affables et serviables. L'esprit français, toujours gai, toujours vif, prompt aux réparties, s'était conservé parmi eux, bien qu'ils n'eussent d'autre instruction que les soHdes principes du christianisme. Modérés dans leurs goûts, simples dans leurs habitudes, ils avaient peu de besoins, et ils étaient contents de leur sort. L'incomparable fertilité de leurs terres, moins difficiles à ouvrir et à cultiver que celles du Canada^ leur donnait en peu d'années assez d'aisance pour établir leurs enfants autour d'eux, et pour jouir d'une vieillesse heureuse. Quant à leur moralité, elle n'a pas besoin d'autres preuves que l'étonnante fécondité des familles. » Un de leurs persécuteurs n'a pu s'empêcher d'écrire cette phrase : (( C'était un peuple honnête, industrieux, sobre et vertueux. »

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Et ce sont ces braves gens que Lawrence va disperser aux quatre vents du ciel, et parce qu'ils occupent de beiles terres, et parce qu'ils sont et veulent rester français et catholiques. Dès le printemps de 1755, il s'est emparé par ruse et par force, des barques et des fusils des Acadiens de Grand-Pré. En mai, sont arrivés de Boston 2,000 miliciens commandés par Monckton. Le 16 juin, l'armée anglaise, victorieuse à Beauséjour, continue le désarmement de la population. Bientôt un édit enjoint aux habitants français de prêter serment à la couronne anglaise sans réserve. Les Acadiens protestent, et le 5 juillet, cent délégués étaient admis au conseil d'Halifax, en présence de Lawrence. On lira sans doute avec intérêt le récit de cette entrevue; il est signé d'un témoin oculaire, l'abbé Daudin, curé de Port- Royal. C'est une page digne des actes des martyrs.

« Lorsque les délégués de tous les villages, au nombre (( d'une centaine environ, furent arrivés, on les assigna devant (( le Conseil où on les prévint aussitôt qu'on ne recevrait « d'eux ni propositions ni explications. . . Sans ambages le « Conseil leur posa la question : « Voulez-vous jurer, oui (( ou non, au Roi de Grande-Bretagne, que vous prendrez les « armes contre le Roi de France, son ennemi ? » — La réponse « vint, aussi laconique que la question : « Puisqu'on ne (( veut de nous qu'un oui ou un non, nous répondons: Non, (( dirent-ils, tout en ajoutant que ce qu'on exigeait d'eux ne (( tendait à rien moins qu'à leur ravir leur religion et tout ce (( qu'ils avaient.

« Le Gouverneur donna aussitôt l'ordre de les trans- « porter sur un îlot, distant d'une portée de canon d'Halifax. « On les y conduisit comme des criminels et on les y laissa « jusqu'à la fin d'octobre, n'ayant pour nourriture qu'un peu « de pain, tiennes de tout secours et sans permission de se « parler.

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« Par ces rigueurs, le Gouverneur prétendait fléchir (( leur courage; mais il les trouva aussi résolus que jamais. Il « décida donc de se rendre en personne dans l'île avec une « nombreuse suite et tous ses instruments de torture, pour « tenter de les réduire. Au milieu de cet apparat, digne d'un « t3Tan,il leur demanda s'ils persistaient dans leur résolution. « L'un d'eux répondit : « Oui, et plus que jamais; Dieu est « avec nous et cela suffit.» Le Gouverneur tira son épée et (( s'écria : « Insolent, tu mérites que je te passe mon épée (( au travers du corps.» Le paysan, s'approchant et présen- « tant la poitrine, dit : « Frappez, monsieur, si vous l'osez; «je serai le premier mart\T de la troupe ; vous pouvez tuer (( mon corps, mais vous ne tuerez pas mon âme.» Le Gou- (( verneur, outré, demanda aux autres s'ils partageaient les « sentiments de l'insolent qui venait de parler. « Oui, (( monsieur î oui, monsieur ! » s'écrièrent-ils tous d'uae « voix. »

La^Tcnce remit son épée au fourreau; il avait maintenant le prétexte qu'il cherchait pour justifier sa conduite. Les prêtres, qui accompagnaient la délégation, fm-ent promenés dans les rues de la ville, tambour battant, et exposés ainsi, pendant près d'une hem'e aux moqueries, aux insultes et au mépris de la populace.

Le 28 juillet,le conseil d'Halifax décrétait la dispersion. Mais il fallait procéder prudemment et enlever aux Acadiens leiu-s conseillers et amis : les ciu"és. Dès le 5 août, l'abbé Chauvreulx, curé de Grand-Pré, est arrêté et détenu à Halifax sur un na^^re de guerre de l'amiral Boscawen. « On ne peut exprimer, écrit l'abbé Daudin, quelle fût la consternation du peuple lorsqu'il se vit désormais sans prêtres et sans services religieux. Les missionnaires donnèrent ordre de dépouiller les autels, d'étendre le drap mortuaire sur la chaire et de mettre dessus le crucifix, pour

faire comprendre à lem- pauvre peuple qu'il n'avait plus que Jésus-Christ pour missionnaire. »

Le 10 août Winslow, avec un régiment de 300 soldats, vient camper à Grand-Pré. Il s'installe commodément au presbj'tère, hisse sur le clocher le drapeau anglais à la place de la croix, et fait de l'église une caserne. De concert avec son complice Murraj^, qui campe cjuelques milles plus haut, au fort Edouard, il rédige, le 2 septembre, une proclamation. C'est un ordre à tous les habitants de Grand-Pré et des centres voisins, de venir à l'église de Grand-Pré le cinq courant à trois heures de l'après-midi, pour recevoir des communications importantes de Sa Majesté Britannique. Le refus de se rendre entraînera « la confiscation de leurs biens meubles et immieubles. )) Le 5, une abondante distribution de balles et de poudre fut faite aux soldats, et baïonnette au canon, ils se rangèrent devant le portail de l'église et attendirent lem's victimes. Elles vinrent nombreuses. A trois heures précises, il y avait quatre cent dix-huit Acadiens dans le temple. C'est alors qu'ils virent apparaître, encadré de quelques officiers, un homme d'une forte taille, joufflu, au visage d'un rouge sanguin, aux j^eux méchants et à fleur de tête; il traversa leurs rangs et prit place dans le chœur, près d'une table : c'était John Winslow, colonel de l'armée de Sa Majesté. Un interprète traduisit à mesure l'adresse qu'il lut. Elle rappelait d'abord, cette adresse, que, depuis près d'un demi-siècle, les habitants français de la Nouvelle-Ecosse avaient été traités par Sa Majesté avec plus d'indulgence qu'aucun autre de ses sujets dans aucune partie de ses états, et qu'ils en ont abusé. Elle ajoutait qu'il avait à remplir un devoir très désagréable et contraire à sa nature et à ses sentiments : confisquer leurs terres, leurs maisons, leurs troupeaux, les garder prisonniers jusqu'au jour de la déportation « Grâce à la bonté de

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Sa Majesté, terminait-elle,] 'ai reçu l'ordre de vous accorder la liberté de prendre avec vous votre argent et autant de vos effets que vous pourrez emporter. . . Je comprends que cette déportation doit vous occasionner de grands ennuis . . . J'espère que, dans quelque partie du monde où le sort va vous jeter, vous serez des sujets fidèles et un peuple paisible et heureux. »

Je renonce à décrire les tristes scènes qui suivirent cette arrestation, et, quelques jours plus tard, les larmes, le désespoir des mères, des époux, des enfants qu'on entassait, pêle-mêle, sur les navires, comme un vil bétail. « Dès le matin de l'embarquement, écrit Casgrain, des foules de femmes et d'enfants, venus de toutes les directions, depuis la rivière Gaspareaux jusqu'à Grand-Pré, des vieillards décrépits, des malades, des infirmes, traînés dans des charettes encombrées d'effets de ménage, des mères portant leurs nouveaux-nés dans leurs bras, étaient poussés vers la Grand'Prée par des escouades de soldats sans pitié. Le chemin qui conduisait à travers cette grande plaine jusqu'au bord de la digue où se faisait l'embarquement, fut bientôt tout grouillant de cette masse d'êtres faibles et désespérés qui avaient peine à se mouvoii-, au milieu du tumulte et de la confusion générale. Des invalides, de faibles femmes chargées de fardeaux, tombaient de fatigue le long de la^ route, et ne se relevaient que sous les menaces ou devant les baïonnettes. Les uns s'avançaient mornes et silencieux, comme frappés de stupeur, les autres en pleurant et en gémissant; quelques-uns en proférant des malédictionsd'autres enfin, pris d'une exaltation pieuse, murmuraient des cantiques, à l'exemple des maytyrs.

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(( Sans choix, sans ennui, sans murmure

Portons la croix !

Quoique très ambre et très dure, Malgré les sens et la nature.

Portons la croix !

Vive Jésus !

Vive Jésus !

Avec la croix son cher partage.

Vive Jésus ! Dans les cœurs de tous les élus !

Portons la croix. »

Winslow lui-même se sentit ému à ce spectacle; le remords lui dicta cette phrase de son journal : « J'en ai pesant maintenant sur le cœur et sur les mains. » Murray, lui, ajoutant le cynisme à la cruauté, écrivait à Winslow : « Aussitôt que j'aurai dépêché mes vauriens, je descendrai pour arranger nos affaires. »

C'est lui aussi, l'auteur de cette autre lettre au commandant anglais à Grand-Pré : « Je suis heureux d'apprendre que les choses aient été si adroitement conduites à Grand- Pré et que les pauvres diables soient si résignés; ici, ils se montrent plus patients que je n'aurais pu l'attendre de personnes placées en de telles circonstances, et cela me surprend encore moi-même, quoique ces choses me soient presque indifférentes. Quand je pense à ce qui s'est passé à Annapolis, j'appréhende le moment de l'exécution; je suis effrayé des difficultés qui peuvent survenir quand il faudra les embarquer tous. "\'ous savez que nos soldats les détestent, et s'ils peuvent trouver un prétexte pour les massacrer, ils le feront Je suis très content de savoir que votre camp soit si bien assuré; j'ai hâte de voir arriver le moment oïl ces pauvres diables seront embarqués. Alors je me donnerai le plaisir d'aller vous voir et de boire à leur bon voyage. »

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Winslow, pour sa part, dispersa, de Grand-Pré seulement, plus de 2510 Acadiens. Le drame terminé, « l'engeance démoniaque », selon l'expression d'un officier anglais, entassée

Dans des cercueils géants balancés sur les eaux,

tous ces ignobles drôles, pendant que les vaisseaux levaient l'ancre, se donnèrent la joie de brûler, aux yeux même des victimes, plus de 698 maisons, granges et autres bâtisses. Le soir venu, ils firent ripaille, tard dans la nuit, au presbytère de Grand-Pré et burent plus d'un verre de vin au bon voyage des Acadiens. Puis ils arrangèrent leurs affaires : ils étaient maîtres, à Grand-Pré seulement, de 1269 bœufs, 1557 vaches, 5007 animaux de race bovine, 493 chevaux, 8690 moutons, 4197 porcs.

« Le noble et grand projet de chasser les Français de la province, une des plus grandes actions qu'aient jamais accomplies les Anglais en Amérique », comme s'exprime Winslow, était maintenant réalisé. Restait encore à accomplir une dernière partie de son programme : « Placer quelques bons fermiers anglais dans leurs habitations. »

Ils vinrent, lentement d'abord, craignant un petit débris de la population française cachée dans les bois près de Grand-Pré. Ces malheureux, au dire d'Halliburton, restèrent pendant cinq ans sans manger de pain, vivant dans les bois, de légumes et de poissons. Ils n'étaient pas' à craindre. Aussi Lawrence, nommé gouverneur-général de la Nouvelle-Ecosse, quatre mois après son exploit de la déportation, invita, en 1758, des fermiers anglais à occuper ces contrées dépeuplées. En 1760, 22 vaisseaux chargés d'émigrés, jetaient l'ancre au bassin des Mines. Les centres français de Grand-Pré, de Gaspareaux, de la Rivièreaux-Canards, s'appelèrent désormais Horton, Cornwallis,

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Canning; tout le bassin des Mines devint le comté de Kings. En 1763, 282 familles anglaises occupaient les terres défrichées par les Acadiens. Tout un groupe de ces malheureux exilés revinrent à leurs anciens foyers, mais la place était prise Ils émigrèrent à l'île Saint-Jean ou à la baie Sainte-Marie. Quelques-uns furent forcés de réparer les digues sur les terres de ces nouveaux maîtres; d'autres, au nombre de 130, furent de nouveau saisis et conduits à Halifax pour une seconde déportation.

Aujourd'hui Grand-Pré ne compte pas encore un seul foj'er acadien. Seule, une croix de pierre, près d'un puits, marque l'endroit où dorment les pionniers de cette région, et huit vieux saules montent toujours la garde sur la route que suivirent des martyrs de la cause française et cathoUque.

L'heure est proche où une église catholique s'élèvera sur les bases de l'ancienne, sur un terrain restitué après des siècles aux descendants de ces preux. Sur le clocher, on plantera une croix surmontée du coq gaulois. Ce ne sera qu'un souvenir. Mais pour qu'il ait son sens profond et douloureux, qu'on tende sur la chaude un drap mortuaire et qu'on mette dessus un grand Christ en croix.

Séminaire Ste-Thérèse, 6 sept. 1919 Emile DuBOIS, ptre.

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