NOS CONFERENCES
Tu' Action française commencera en novembre la série de ses conférences montréalaises. Ces conférences, comme l'an dernier, auront lieu au Monument National. La première est fixée au jeudi 13 novembre. Elle sera donnée par Mgr Georges Gauthier, évêque auxiliaire de Montréal, recteur de l'Université de Montréal. M. Montpetit parlera en décembre.
Ij' AcHon française d'octobre donnera la liste complète des conférenciers, la date précise de chacune des conférences et le prix des cartes d'abonnement. Les mêmes indications seront fournies par la presse quotidienne. La série aura pour titre général : Noblesse oblige.
A TRAVERS LA VIE COURANTE
Ufl pïO^TCS Ori peut lire eu gros caractères, en tête des annon- BflCGÎiïQQCCiyit ^^^ ^^^ publie daos les journaux de langue française la maison Murphy de Montréal, ces mots : «Le français est parlé à tous nos rayons. Exigez-le. »
Signe des temps. C'est une innovation Ces maisons anglaises ont-eUes plus besoin aujourd'hui qu'iiier de la clientèle françaisy ? Xous ne le croyons pas. Mais celle sur laquelle elles ont toujoui-s compté commence à changer de mentalité. Elie est plus fière. EUe a ui\ cuite plus pratique pour sa langue. Elle s'intéresse davantage aux détails. Et poiu- ne pas la perdre, pour continuer à recevoir le bon argent sonnant qu'elle apporte, on se rend à ses nouveaux désirs, on s'ajuste à sa nouvelle manière, on lui parle français alors qu'hier on lui parlait anglais. Signe des temps, encore un coup, et dont il faut profiter. Car, le jour où le conmierce anglais, ou l'industrie anglaise, ou la, haute finance anglaise, seront persuadés que la population canadienne-française veut être ser\-ie dans sa langue, et le veut sans faiblesse, saas compromis, avec intransigeance, ce jour-là, le doux parler de France sera traité dans le monde des afifaires comme l'est actueUement le fier parler d'Albion. L'un et l'autre marcheront, pour ainsi dire, de pair.
Lg Canada N'en avons-nous pas une nouvelle preuve dans le
StêaMShiÙ ^^^ ^^ ^^ ^^^ Canada Steamship? On se rappelle l'incident que provoqua un garçon de table unilingue siir le bateau qui conduisait à Chicoutimi les congressistes de l'A.C.J.C. La requête suivante fut aussitôt signée et adressée au président de la Compagnie :
« Xoiis, soussignés, voyageurs à bord du « Québec » et du « Murray Bay », de la Compagnie Canada Steamship Lines Limited, avons, de Montréal à Chicoutimi, observé avec regret, durant le temps qui s'est écoulé entre le 28 juin et le 2 juillet 1919, que toutes les inscriptions et affiches officielles de la Cie sur ces bateaux sont exclusivement rédigées en langue anglaise, et qu'en particulier, le menu présenté aux congressistes de l'A. C. J. C. est en pareille contravention avec les justes réclamations des Canadiens français. Cette infraction à la justice et à la courtoisie est d'autant plus injustifiable que les deux bateaux font leurs parcours respectifs entièrement dans la province de Québec, et que les Canadiens français sont, pour une large part, les clients habituels de la compagnie.
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En conséquence, nous avons Vltonneur de -prier la compagnie de vouloir bien déférer aux légitimes exigences des passagers canadiens-français. Cet acte de justice et de courtoisie les dispensera de toute démarche ultérieure. »
Quelques joiirs plus tard, le 25 juillet, le secrétaire de la Compagnie répondait ainsi à M. Marchessault, de qui il avait reçu la requête : « Cher Monsieur,
« J'accuse réception de votre lettre du 17 juillet, dans laquelle était incluse une autre lettre, signée par un grand nombre de voyageurs, en vue de protester contre le fait que les affiches et les menus de ta division Saguenay sont imprimés en anglais seulement.
« Le président me prie de vous remercier, au nom de la compagnie, de V intérêt que vous portez à la dite compagnie aussi bien que de votre soin à vouloir assurer aux voyageurs bien-être et confort. Le président n'avait jamais été informé de ce dont vous vous plaignez dans cette requête.
« Après informations prises, j'ai pu constater que toutes les cartes de menu pour le reste de la saison sont déjà imprimées; mais la chose sera prise en sérieuse considération dès la saison prochaine.
« C'est le désir de la compagnie de donner satisfaction à tous ses clients, et vous pouvez être assuré que la requête que vous nous avez adressée, de la part d'un si grand nombre de personnes aussi distinguées de la province, recevra notre plus sérieuse attention.
i( Sincèrement à vous,
{Signé) Percy Smith,
«.Secrétaire. »
Le même jour, des bureaux de la même compagnie, partait une autre lettre, signée par le même secrétaire et rédigée dans le même esprit. Celle-là était adressée à la Ligue des Droits du français qui avait porté à la connaissance du gérant im certain nombre de faits, entre autres les menus anglais, dont on se plaignait. Voici quel en était le contenu :
« La Compagnie a pris en considération votre lettre du 23 juillet où vous votis plaignez de l'absence de menus français sur 7ios bateaux. Nous vous remercions d'avoir attiré notre attention sur ce fait, car la Compagnie n'entend pas publier des cartes de menu que ne comprendraient pas ses pa.s.sagers. Nous avons constaté que ces cartes sont déjà imprimées pour le reste de la .sarson, 7nais nous pouvons vous assurer que, pour la saison prochaine, nous axirons des cartes qui satisferont tous les intéressés. »
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// fîC faut pas Comme on l'a probablement remarqué, M.
lâchfT ÙTÎSe Smith ne parle ici que des menus. Les plaintes
cependant portaient aussi sur les affiches. La Ligue crut devoir écrire de nouveau. Elle remercia le secrétaire de ce qu'il promettait, tout en exprimant son regret que la réforme demandée ne pût se produire immédiatement, puis elle renouvela sa protestation contre les affiches et les inscriptions.
La partie est à moitié gagnée. Elle ne le sera complètement que si nous ne lâchons pas prise. Ne rien faire de plus, ou encore remettre jusqu'en mai une nouvelle démarche,serait, je crois, compromettre notre succès. C'est dès le début de l'année prochaine, en janvier, qu'il faut revenir à la charge. La Compagnie, dans sa lettre à la Ligue, semble s'engager plus à fond que dans l'autre. Elle assure qu'elle aura des cartes qui nous satisferont dès la saison prochaine. Rappelons-lui sa promesse avant qu'elle ne les fas.se imprimer. Je demanderais à nos sociétés nationales, aux succursales de la Saint-Jean Baptiste, aux cercles de V Association catholique de la Jeunesse et de l'Association catholique des Voyageurs, aux sociétés de secours mutuels, à tous les groupements enfin qui prétendent ser\dr la race, d'inscrire dès maintenant parmi leurs initiatives de janvier une démarche — lettre ou délégation — auprès de la Canada Steatnship. De cette façon, et de cette façon seulement, les protestations de cet été aboutiront à quelque chose.
Lu Cotnpagnie En attendant cette victoire, réjouissons-nous GîTOUGïd ^^ celle, plus modeste mais réelle, que notre
langue vient de remporter dans la ville de Saint-Hyacinthe. Profitant de sa réorganisation, la E. T. Shoe Company a transformé sa raison sociale. Elle s'appelle maintenant d'un nom bien finançais : la Compagnie Girouard. Nos félicitations et nos meilleurs vœux à l'excellent Canadien français qu'est le propriétaire de cette manufacture. A ses concitoj-ens, à ses compatriotes de toufe la province, de lui prouver sans tarder que, même en affaires, un acte de patriotisme ne nuit pas.
Combien pourraient agir ainsi ! Il suffit de parcoiuir les listes des sociétés qui demandent, chaque semaine, leur charte civile, pour constater le nombre encore considérable des nôtres qui s'associent sous un noin anglais. A quoi bon parler de « siu-vivance française », si on va ensuite renier sa langue dans un but, d'ailleurs illusoire, de profits commerciaux ?
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PoUï Itt visite II faut en dire autant des maisons canadiennesdu ÙT^HCC françaises qui persistent à badigeonner leui's devantiu-es de réclames anglaises. Je passais l'autre jour par la route qu'a suivie le prince de Galles lors de sa eovirte visite dans notre métropole. Ces maisons, poui* être plus rares qu'autrefois, sont encore trop nombreuses. Elles trahissent vraiment non seulement notre langue mais aussi notre nationalité. Elles laissent croire aux étrangers, et même aux nôtres, que le commerce montréalais est presque entièrement entre les mains des Anglais. Et ainsi, chez les premiers, elles diminuent notre importance etluiique; chez les seconds,eiles détruisent toute confiance dans lem*s initiatives.
Le vent est aiLx réactions salutaires. Réagissons plus fermement encore, plus imiversellement, contre cette folle et . dangereuse manie. Le prochain et plus long séjorn* du prince de Galles dans notre métropole nous en fournit l'occasion. Ayons à cœur de lui révéler une ville française. Manifestons à la française, pavoisons à la française, banquetons à la française. Que non seulement les inscriptions de fête soient dans notre langue, mais encore, mais surtout, les inscriptions permanentes ! Que nos devantures se transforment et revêtent une fraîche toilette qu'elles garderont les joiu-s suivants. Notre royal visiteur a la réputation d'aimer la langue française : plus encore qu'en la parlant lui-même, en la faisant parler aux nôtres, à nos marchands, à nos industriels, à nos administrateurs — oui, à nos administrateurs siutout — il l'aura noblement servie.
— Pierre Hojiier.
La vie de V Action française prend, avec la fin des vacances, une activité nouvelle. Nous entrons dans la période des conférences et des publications. Ainsi qu'on le verra ailleurs, V Almanach de la Langue française est à la veille de paraître. Nos conférences de Montréal commenceront en novembre et promettent d'être très brillantes. Nous nous tenons à la disposition de nos amis qui désireraient organiser des séances à l'extérieur.
Notons, parmi les belles manifestations de ces derniers temps, le pèlerinage au pays de DoUard, organise sous nos auspices, le 7 septembre, par la Garde indépendante Benoît XV et le Cercle paroissial de ville Emard. M. l'abbé Groulx représentait en cette circonstance V Action française. — J.B.
JOURNAUX, LIVRES ET REVUES