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DU CANADA

La Confédération des Travailleurs catholiques du Canada vient de manifester pour la première fois devant le public, son existence, sa force déjà imposante et surtout ses grandes promesses d'avenir. Son premier congrès qui s'est déroulé à Montréal, du 12 au 17 septembre, en même temps qu'il marque une date importante dans les annales ouvrières de notre pays, consacre définitivement l'avènement du syndicalisme ouvrier catholique et national au Canada et même en Amérique.

Le mouvement ouvrier catholique, comme toute lutre œuvre sociale, a eu sa période d'incubation, de préparation et de tâtonnements. Je n'irai pas jusqu'à dire que sette période des débuts soit terminée, mais il semble bien 1\ie notre mouvement a acquis assez d'ampleur et de vitalité pour n'être plus appelé un mouvement qui naît mais un mouvement qui grandit. Cette période de préparation commencée en 1900 a duré jusqu'à la fondation de la Confédération des Travailleurs catholiques, dont les bases furent jetées l'an dernier à Hull. "Période de préparation" ! Domme cette expression cache d'efforts généreux et répétés, jle sacrifices nombreux et inconnus, d'épreuves difficilement surmontées et d'incertitudes énervantes. Les soldats es premières années — ■ ils vivent tous encore, — ■ que ce oit à Chicoutimi ou à Québec, aux Trois-llivières, à Hull u à Montréal, se souviennent avec émotion des temps .éroïques où ils n'étaient qu'une poignée pour entreprendre ;i grande croisade..., où ils avaient à combattre des menées éfiantes ou rageuses de l'unionisme neutre en même temps ue l'ignorance et l'apathie des travailleurs non organisés b même de toute une classe d'hommes dont la position

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sociale aurait dû être plutôt une incitation à encourager le syndicalisme catholique naissant. Et la croisade se continue encore aujourd'hui avec des soldats plus aguerris et plus nombreux; les succès se font moins attendre et le gros des bataillons profite des escarmouches premières menées par nos soldats pionniers. La fondation de la Confédération des Travailleurs catholiques du Canada a été préparée par quatre congrès généraux des syndicats catholiques et nationaux de la province. Les chefs du mouvement ouvrier catholique crurent bon en 1918 d'organiser un congrès des unions catholiques et nationales de la province et l'on vit se réunir à Québec une trentaine de délégués des différents centres où des syndicats catholiques avaient été fondés : Québec, Trois-Rivières, Chicoutimi, Montréal, etc. Un courant de franche camaraderie et de vibrante sympathie s'établit aussitôt entre les différents délégués : les chances de réussite d'une organisation centrale étaient déjà fortes et les succès de celle-ci pratiquement assurés. En 1919, deuxième Congrès aux Tr ois-Rivière s. En 1920, troisième Congrès à Chicoutimi. On rêvait déjà d'une Confédération. Les cadres et les effectifs grandissants du mouvement ouvrier catholique exigeaient l'établissement d'un bureau général doué de pouvoirs plus étendus, pouvant devenir un centre de vie syndicale d'où rayonneraient les impulsions puissantes, préparant doucement la voie à la formation de fédérations professionnelles, unifiant en un mot les efforts alors isolés de tous les groupements catholiques de travailleurs.

La Confédération des Travailleurs catholiques fut fondée en 1921 au Congrès de Hull. Quatre-vingt-dix délégués représentant une centaine de syndicats et environ 40,000 travailleurs assistèrent au Congrès et votèrent la fondation de la C.T.C.C. L'enthousiasme fut considéra-

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