AUTOUR D'UN ANNIVERSAIRE
h' Action française est heureuse de pouvoir publier le texte de l'allocution prononcée par M. Labelle, supérieur de la Compagnie de Saint- Sulpice au Canada, à l'occasion de la soirée organisée par La Ligue d'Action française pour célébrer le 150ème anniversaire de la mort de la Vénérable Mère d'Youville, en décembre dernier. Le conférencier était M. le curé Noël Fauteux.
Dans son Introduction à la Vie dévote, Saint François de Sales recommande à Sa Philotée de ne point quitter l'oraison sans "cueillir un petit bouquet de dévotion".
"Et voici", dit-il en sa langue exquise, "ce que je veux dire : Ceux qui se sont promenés en un beau jardin n'en sortent pas volontier sans prendre en leur main quatre ou cinq fleurs pour les odorer et tenir le long de la journée : ainsy notre esprit ayant discouru sur quelque mystère par la méditation, nous devons choisir un ou deux ou trois poiritz, que nous aurons trouvés plus à notre goust... pour nous en ressouvenir le reste de la journée et les odorer spirituellement".
Ilème P. ch. VII.
Si vous me le permettez, je vais suivre le précepte du saint Docteur et former notre petit bouquet de reconnaissance et d'admiration.
Et d'abord nous avons goûté le plaisir de méditer ensemble, ce soir, la vie et les œuvres de la Vénérable Mère d'Youville.
La vie humaine est si courte et ses problèmes sont si nombreux, si pressants que nous n'avons plus aujourd'hi le loisir d'étudier notre passé.
D'ailleurs, nous voulons être de notre temps, vivre dans le présent, connaître les besoins de notre époque, y satisfaire par la mise en œuvre de nos ressources et appor-
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ter à ses maux les remèdes qui conviennent. Et c'est juste, puisque nos devoirs sont actuels; et c'est sage, parce que s'associer aux choses d'aujourd'hui, c'est préparer le progrès pour demain.
Toutefois le souci du présent ou du futur ne nous absorbent-ils pas jusqu'au point de ne vouloir plus entendre parler du passé? L'Action française ne le pense pas. C'est même un de ses buts "de tenir notre peuple en contact intime avec les sources vives de son passé". Ses penseurs, ses écrivains, ses conférenciers ont la mission d'entretenir dans l'âme canadienne, le souvenir de ses origines, le culte de ses ancêtres et l'amour de ses saints.
Puis à l'époque des grands anniversaires de nos héros ou de nos héroïnes, elle nous réunit pour nous enseigner leurs gestes sauveurs et pour leur rendre un hommage de pieuse et fière admiration.
Que Y Action française agrée nos très sincères remerciements !
Je l'en remercie d'autant plus cordialement qu'elle m'a fait l'honneur de présider cette soirée.
Je n'y vois aucun mérite sinon que je suis le successeur de Louis Normant du Faradon dont Dieu s'est servi pour réaliser l'œuvre sainte et féconde de M. Marguerite Dufrost de la Jemmerais. Quand la pieuse femme de Villemarie confia au sulpicien français son projet de former, avec quelques amies, une congrégation religieuse, consacrée au Père éternel et vouée au service des pauvres dans tous leurs besoins, celui-ci mit tout en œuvre pour en assurer l'exécution.
Il éprouva sa sainteté, il guida ses essais, il assura, en dépit de mille obstacles, à la communauté naissante la possession de l'Hôpital général alors menacé d'une ruine complète, il rédigea les constitutions du nouvel institut,
il lui obtint l'approbation bienveillante de l'évêque d< Québec. Et depuis 150 ans, l'œuvre n'a pas cessé de grandir et de prospérer à l'ombre de Saint-Sulpice.
Encore une fois, merci à Y Action française, au nom d< 3,000 sœurs Grises, filles de la Mère d'Youville et de M. Olier.
Mais les fonctions que Y Action française a bien voulu me confier m'imposent surtout le devoir de remercier M. le conférencier.
Ici, je tiens à vous en faire immédiatement l'aveu : si j'ai l'impérieux devoir de choisir un ou deux ou trois points de la conférence que nous y avons trouvés plus à notre goût, je suis l'homme le plus embarrassé du monde. Car, nous avons tout goûté, tout admiré dans ce portrait à la fois si simple et si fidèle de la Vénérable Mère d'Youville. Nous n'en pouvons rien retrancher sans regrets. De chaque fait, de chaque parole, de chaque geste enregistré s'échappe un parfum de vertu, une odeur de sainteté qui embaume l'âme et la pénètre de confiance et de vénération pour elle. De sorte que ce n'est plus une fleur ou deux que chacun de nous veut cueillir pour son bouquet spirituel, c'est la gerbe toute entière !
Or ceci, je crois, fait déjà beaucoup votre éloge, mon cher conférencier.
Bossuet affirme que la seule simplicité d'un récit fidèle pourrait soutenir la gloire du prince de Condé. Pour faire ressortir la gloire de la Vénérable Mère d'Youville vous n'avez eu recours à aucun artifice de langage ; vous vous êtes caché pour ainsi dire derrière votre personnage pour 1( mieux observer; et le portrait que vous en avez donné esl d'une ressemblance d'autant plus frappante qu'on seni avec quelle exactitude, avec quelle conscience vous l'ave: tracé.
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Aussi nous n'oublierons point cette figure incontestablement très belle de la Mère d'You ville.
Nous garderons l'impression salutaire et profonde qu'a produite en nous la révélation de cette âme de sainte. Nous remercierons Dieu de l'avoir choisie en terre canadienne pour y planter cet arbre de bénédiction: l'Institut des Sœurs de la Charité qui abrite toutes les infortunes et dont les rameaux s'étendent sur l'Amérique septentrionale
Nous ferons mieux, nous prierons Dieu de glorifier luimême sa servante et de donner à ses filles, et à l'Eglise canadienne toute entière, la consolation d'entendre bientôt le Souverain Pontife reconnaître solennellement l'héroïcité de ses vertus.
Cela ne peut tarder. Nous en avons la promesse formelle du Saint-Père lui-même. Voici le câblegramme qu'il a fait adresser hier à la Mère générale et que je suis honoré de vous communiquer ce soir.
"Décembre, le 14, Supérieure générale, Sœurs Charité, Montréal.
Saint-Père, heureux apprendre que vous allez célébrer 150ème anniversaire fondation cet institut; forme vœux prospérité croissante pour votre Congrégation, et, comme gage faveurs divines, vous envoie de tout cœur ainsi qu'aux membres de votre famille religieuse bénédiction apostolique. Saint-Père et Congrégation des Rites prennent particulier intérêt à la cause béatification vénérable fondatrice. Lettre suit."
(Signé Cardinal Gasparri.
Monsieur l'abbé, lorsque un conférencier suscite d'aussi nobles sentiments dans l'âme de ses auditeurs, il a sûrement réussi. Je vous remercie d'avoir assumé votre tâche et je vous félicite de l'avoir si bien accomplie.
M. le Maire ayant dit, devant les ruines de son hôtelde-villc : "Nous reconstruirons plus vaste, mais ailleurs, en un lieu plus central", il se trouva tout de suite quelqu'un pour répondre : "Non, monsieur : nous econs! mirons au même endroit, en nous servant des. mêmes murs, et s'il nous faut nous agrandir, ce sera par le haut".
Et voilà !
Su le champ, nous avons imaginé ce que pourrait bien être le nouveau "palais municipal". Nous l'avons vu, aggrémenté de deux étage supplémentaires, en brique jaune, par économie... Les tours nous sont apparues couvertes en tôle galvanisée : celle du milieu, dominée par un magnifique castor en ferblanc, tandis qu'au sommet des autres brillent une rose, un trèfle, un chardon, une feuille d'érable, l admirablement découpés et tournant au gré du vent. Sur la façade du Champ-de-Mars, la mieux placée pour être admirée et pourtant la plus négligée jusqu'ici et la plus insignifiante, on a ajusté à un certain nombre d'ouvertures, jusqu'au troisième étage, les principaux types d'escaliers qui caractérisent notre ville : en montagne-russe, en vrille, en zig-zag, en courbe fantaisiste, en... asymptote. Ainsi l'accès aux divers bureaux sera extrêmement facile. Et puis on mettra par-dessus tout cela une immense affiche électrique portant la devise : Concordia Salus, que l'on apercevra de Boucher ville...
Mais nous nous amusons ! Il reste que M. le Maire avait raison. L'hôtel-de-ville, transporté aux environs de
Les meubles du blason municipal.
l'intersection des rues Saint-Laurent et Sainte-Catherine, serait devenu directement accessible des quatre points cardinaux. Nous avions l'occasion de construire un monument plus en harmonie avec l'importance et les destinées de notre cité : nous la manquons. Heureusement, on nous affirme qu'aucun étage ne sera ajouté. Mais encore une fois l'exemple du rafistolage nous est donné par ceux qui, d'instinct, devraient le mépriser. Dans une revue de jeunes, 2 un critique faisait récemment justice de notre déplorable palais de justice. Notre hôtel-de-ville, pour avoir plus d'unité, ne valait guère mieux, quoiqu'on ait souvent répété qu'il était copié de Phôtel-de-ville de Paris.. Ineptie !
De récents incendies d'églises — ■ trois dans une semaine, — ont inspiré quelques excellents articles dans la presse du pays. Les uns insistaient sur l'insuffisante protection de nos villes et de nos villages contre le feu, les autres sur la matière combustible de presque tous nos monuments civils ou religieux. On ne peut douter qu'il ne soit urgent de trouver une formule, en même temps économique, durable et artistique, pour nos églises futures. L'architecte Audet remarque que nous en sommes, au Canada, au point où était la France, avant l'invention du système de voûte ogival : c'est-à-dire plus de huit siècles en retard. Et nous sommes sans excuse. Au moyen âge, on ne connaissait pas le béton. Sans doute ce matériau n'est guère esthétique : aussi ne s'agit-il pas d'en faire des murs intérieurs ou extérieurs, mais des voûtes, très légères et à l'épreuve du feu. Pour le reste, qui nous empêche d'employer la pierre, la brique de diverses couleurs ? Et nous en aurions enfin
2 Le Semeur, février 1922.
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fini avec la latte et le plâtre, que le feu consume comme de la paille. Nous appelons de tous nos vœux l'artiste qui saurait construire une église, adaptée au climat et aux besoins de notre pays; une église si séduisante et si bien réussie que tout le monde, — curé, marguilliers, francs-tenanciers, — serait convaincu qu'il faut désormais l'imiter.
Peut-être ce nouveau type nous éloignerait-il de notre vieille église traditionnelle. Raison de plus, nous semblefc-il, pour conserver avec soin celles qui nous restent de nos anciennes constructions religieuses. De ce point de vue, on ne peut s'empêcher de regretter les modernisations infligées à certaines façades vénérables, également précieuses par leurs souvenirs historiques et leur style désuet. Saint- Denis-sur-Richelieu est encore debout; l'an prochain, rien n'en demeurera. Nous accordons que les églises sont faites pour le peuple et non pour les esthètes de la ville, et que les fidèles ont le droit d'exiger qu'on ne laisse pas crouler un temple sur leur tête. Mais nous nous demandons s'il ne vaudrait pas mieux solidifier l'édifice branlant, tout en conservant ses formes. L'extérieur de Saint-Denis a des traits que nous rechercherions en vain ailleurs dans la province et qui l'apparentent aux édifices religieux de l'Amérique latine : deux clochers trapus, mais fort légers, sur la façade, et coupole à l'intersection d'une sorte de transept.
L'église de Berthier, — elle aussi menacée nous dit-on, — n'a pas la même originalité extérieure, mais elle conserve un admirable sanctuaire en bois sculpté, un peu défiguré par un badigeon blanc et saumon. La population de cette aimable ville riveraine sait-elle assez quel trésor elle possède ? Va-t-elle imiter Louiseville, — ■ sa voisine — ■ qui a remplacé son vieux temple par une pseudo-cathédrale où abonde le fer blanc? Je sais qu'il ne faut pas se frapper avec exagération : il ne s'agit pas pour nous, comme pour la
France, au commencement du siècle dernier, de sauvegarder des chefs-d'œuvre authentiques du moyen-âge. Mais nos monuments, si modestes soient-ils, "avec leurs simples lignes de pierre"3 et leur vieux toit rouillé "sont en ellesmêmes une fascinante étude d'architecture". Et nous ne parlons pas des souvenirs qui y palpitent.
Par une heureuse rencontre, nos compatriotes angloprotestants semblent tout autant que nous tenir à conserver nos vieilles églises et nos vieilles demeures. Nous citions, tout-à-Pheure, un article de M. Lomer, bibliothécaire de McGilî; il avait été devancé en juillet 1919, par M. Ramsay Traquair, professeur d'architecture à la même université, dans la revue House^and Garden.4 Tous deux admirent, sans arrière-pensée, nos anciennes maisons de pierre, de la campagne ou de la ville. Ils décrivent leur haut toit incliné où glisse la neige; leurs épais murs de pierre qui défient les pires tempêtes d'hiver et conservent la fraîcheur en été; leurs cheminées, doubles souvent, aux deux extrémités; leurs hauts parapets de pierre, continuant le pignon au-dessus du toit; leur unique étage, éclairé de fenêtres plutôt petites, aux châssis carrelés, aux contrevents massifs; la galerie sans balustre, garnie de géraniums; les S de fer dans la muraille. M. Traquair les compare avec nos modernes maisons, qui sont, dit-il, "trop souvent des monstruosités de brique et de pierre, munies de hideux escaliers extérieurs, — véritable grimace d'un beau motif architectural, — • avec des ornements en bosse, laids et compliqués, cloués justement aux endroits où convenaient seuls
8 Interesting old stone houses in Québec — par Gerhard R. Lomer, dans The House Beautiful, de novembre 1920.
4 Avant eux, M. Fernand Préfontaine s'en était avisé. Voir son excellent article du Nigog 1918, p. 209.
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la simplicité et le repos, enfin avec des ferronneries dépourvues de sens, tordues et enroulées, sortant du pignon et de la toiture, — -bref la vivante antithèse de tout ce qui faisait une belle chose de la maison ancestrale, simple et pleine de caractère.1' 5
Tout cela n'est que trop vrai. Il n'est personne d'entre nous qui, de la portière d'un wagon, n'ait aperçu ces architectures de folie, ou encore ces boîtes carrés à toit plat, qui déshonorent nos délicieux villages. Hélas ! il y a bien trois quarts de siècle que nous nous évertuons à forcer ainsi notre talent, à singer le cottage américain, à maquiller le visage de notre patrie. Nos ancêtres, aidés de leur seul bon sens, avait fixé le type de la maison canadienne, adaptée à notre climat, à nos matériaux, à nos besoins. Nous ne connaissons rien au monde, de mieux, comme demeure familiale, que ces vastes manoirs, de quatre, six, huit fenêtres de front, qui ornent encore de leur charme sérieux et discret, quelques rares vieilles paroisses de notre province. S'il y a une campagne à entreprendre pour réhabiliter le type, ne perdons pas de temps. Si nous tardons, il ne nous en restera plus que des photographies.
Louis Deligny.
6 Article déjà cité.
Les écoles de Green Valley. — Il vient de se produire à leur sujet, un fait digne de mention. Ce n'est pas le premier; vraisemblablement, il ne sera pas le dernier. Les commissaires demandant $300. pour soutenir leurs écoles françaises, jusqu'à la fin de la présente année scolaire, le Devoir ouvrit une souscription. En quelques jours, il recueillit plus de cinq fois le montant réclamé. Nous félicitons le Devoir de son initiative et de son succès. Tout de suite, l'attention du public s'est éveillée à son appel pour ces écoles de la province de l'Ontario. Autre preuve que l'esprit de race est vivant chez les Canadiens français. Ils ne veulent plus être indifférents aux faits liés en notre payi à la cause française.
Selon la promesse qu'il en avait faite, le Comité tient à mettre ses amis du Canada au courant des plus récentes manifestations de son activité à Paris.
Ce compte-rendu, nous l'adressons à tous nos compatriotes afin qu'ils s'intéressent de plus en plus à cette œuvre modeste mais opportune; cependant nous considérons le devoir d'abord à nos généreux souscripteurs, dont la liste s'allonge chaque semaine et que nous ne saurions trop remercier de la confiance qu'ils nous témoignent et de l'encouragement substantiel que nous en recevons. Pouvoir le faire par l'entremise de V Action française nous est particulièrement agréable.
Le 22 janvier, sous le patronage des Amitiés catholiques françaises, nous étions conviés à une grande manifestation à S. Denys de la Chapelle. La vieille église de S. Denys de la Chapelle se dresse dans le nord de Paris au milieu d'un quartier très animé. Depuis de longs siècles, elle a contemplé déjà bien des foules et elle garde sans doute la confidence de bien des secrets de toutes les générations qui y sont venues prier. Parmi tant de pèlerins qui sont passés là, elle conserve avec une piété particulière le souvenir d'admirables servantes de Dieu et de la Patrie, de grandes saintes et patronnes de la race française. Sainte Geneviève de Nanterre, patronne de Paris, ne manquait jamais de s'arr ter ici, en se rendant au tombeau du premier évêqne de Paris, à la basilique de S. Denys.
Sainte-Jeanne d'Arc, blessée tout près de là pendant un siège de Paris, y vint aussi prier en souvenir de Geneviève. Et, c'est sur cette paroisse vénérable que la Bienheureuse Louise de Marillac, fondatrice avec saint Vincent de Paul des Filles de la Charité, vint installer la maison de son ordre.
Voilà, ce que nous rappelait le prédicateur, M. le chanoine E. Beaupin.
Aussi, n'était-ce pas sans émotion que nous assistions à cette belle cérémonie, présidée par Mgr Baudrillart, dans ce sanctuaire cher à la France, où avaient prié pour la race française ces grandes saintes que nous aussi, Canadiens, nous considérons à juste titre comme nos saintes. Il nous faut encore souligner dans l'allocution de M. le chanoine Beaupin un magnifique passage dont nous n'avons malheureusement pas le texte, mais dans lequel ce bon ami avait tenu à exprimer fort brillamment la communauté d'aspirations et d'esprit apostolique qui unit Français et Canadiens.
L'on avait eu la délicate attention de nous inviter à assurer la partie musicale de la manifestation. Appréciant à toute sa valeur l'honneur que l'on nous faisait, un chœur d'étudiants canadiens sous la direction de M. Hervé Cloutier de Montréal chanta le salut du Saint-Sacrement. Un défilé des drapeaux, à la suite d'une bannière de Jeanne d'Arc, devait clore la solennité. Chaque groupe d'étudiants escortait et arborait son drapeau. Un Carillon de chez nous figurait en bonne place et fut fort remarqué. Toute cette fête aura été pour nous une grande satisfaction et un grand bonheur. Nous voir en pareille communauté, en considérant tant de siècles écoulés et tant de fortunes adverses et diverses pendant ce long espace de temps !
La série de nos conférences s'est heureusement développée.
En janvier, M. l'abbé Fortin, du séminaire de Rimouski, licencié ès-lettres, parlait du Canada à Saint-Roch, vieille paroisse historique, sur laquelle décédèrent Bossuet et Corneille, et dont l'église est une de celles qui renferment le plus d'œuvres d'art à Paris. Notre confrère avait étayé son entretien d'une documentation remarquable, il apportait là une abondance de renseignements et de mises au point qui parut intéresser vivement son auditoire. Il y mit un à propos et une chaleur communicative qui ne manqua pas de produire une forte persuasion.
M. l'abbé Largier, après avoir remercié fort aimablement le conférencier, voulut bien recevoir chez lui les quelques canadiens présents.
Le 5 février, M. l'abbé Groulx était invité par les Publi cistes chrétiens à leur dîner mensuel.
Ici, la tâche du rapporteur devient très délicate. M. le directeur de Y Action française ne me pardonnerait pas d'exprimer dans cette revue toute la satisfaction profonde qu'ont ressentie ceux qui avaient l'avantage d'être présents à ces agapes fraternelles et de rapporter textuellement toutes les paroles élogieuses que nous avons entendues ce soir-là. Ses amis et tous ses lecteurs connaissent trop bien M. l'abbé Groulx, son patriotisme ardent, sa haute compétence de nos questions nationales, les convictions profondes qui l'attachent tout entier aux grandes causes auxquelles il dévoue toutes ses énergies, pour ne pas deviner facilement ce qu'une discrétion... imposée nous empêche de leur dire. C'est là une de nos excuses et notre dédommagement. Nous savons d'ailleurs qu'un premier écho est déjà parvenu au Canada par les journaux de Paris.
Qu'il suffise donc — ■ puisque les circonstances nous obligent à certain silence — de rapporter que M. René Bazin, président des Publicistes, après avoir présenté le cou-
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férencier en des termes charmants pour M. l'abbé et notre cher Canada, lui fit une promesse dont nous souhaitons vivement de voir la réalisation pour le plus grand honneur de notre nationalité. L'auditoire n'a pas ménagé à notre confrère ses applaudissements distingués et de chaudes félicitations. Quant à nous, nous étions vraiment heureux et fiers d'entendre énoncer tant de choses que nous avions sur le cœur, disons mieux: dans le cœur, et de les entendre dans une pareille langue.
M. Bernard de Vesins, membre des comités-directeurs de V Action française de Paris, assis en face de notre abbé, s'est empressé de réclamer le texte de notre conférencier pour en faire une brochure de propagande à répandre par toute la France sous le patronage de Y Action française. La brochure est actuellement sous presse.
Le 17 février, M. l'abbé Groulx encore allait entretenir du sujet qui nous est cher le cercle catholique des élèves de l'Institut Agronomique. Ce milieu est particulièrement intéressant et favorable, composé de jeunes gens des grandes écoles qui, demain, se disperseront aux quatre coins de la France, allant jeter partout les bonnes idées, les bonnes semences, et éminemment aptes de par leur formation à faire rendre cent pour un un.
Vers la fin de février, M. l'abbé Groulx toujours se rendait dans la paroisse de Notre-Dame de Plaisance. Muni de cartes murales, de projections et de sa précieuse documentation, il avait la joie de poursuivre heureusement sa tâche de faire connaître et aimer toujours davantage la patrie canadienne.
Nous avons de plus jugé opportun d'adresser quelques observations ou rectifications à certains conférenciers ou inspirateurs d'articles de revues. On pourra s'en rendre
compte et apprécier quelques spécimens dans la partie documentaire de cette revue.
Déjà, nous avons remercié tous ceux, en général, qui s'intéressent à notre modeste initiative. Il nous reste à exprimer plus spécialement ici notre reconnaissance à Y Association catholique de la Jeunesse, comité central de Montréal, 100 francs, Y Association catholique de la Jeunesse; comité régional de Montréal, 100 francs; Y Association des voyageurs de commerce de Saint-Hyacinthe, une année d'abonnement au Devoir.
Nous devons encore adresser un cordial merci aux RR. PP. Rodrigue Villeneuve, O.M.I., 100 francs; et Philémon Bourassa, O.M.I., de Hull, 100 francs; ainsi qu'à MM. Raymond, avocat de Montréal; Guy Vanicr, et Orner Héroux, pour leur chèque de 100 francs, chacun.
Une souscription nous a particulièrement touché, celle des élèves finissants de 1922 au collège Sainte-Marie.
Nous avons encore reçu d'autres envois qui vont nous être d'un puissant secours: une centaine de projections sur verre données par le Pacifique Canadien par l'entremise de MM. Raoul Cloutier, Jean Désy et Paul Riou. De même trois douzaines de photos documentaires, pittoresques et charmantes de la province de Québec par M. le docteur Gauvreau.
Si quelque regrettable oubli s'était glissé dans cette énumération ou si quelque envoi ne semblait pas nous être parvenu, l'on voudrait bien en avertir M. l'abbé Armand Chaussé, secrétaire, 9, rue Jean-Bart, Paris Vie.
L'œuvre entreprise reçoit tous les jours tant en France qu'au Canada de sympathiques approbations. On reconnaît donc qu'elle était opportune. C'est là pour nous un précieux encouragement à poursuivre cette tâche et l'on peut être assuré que nous y consacrerons fcoui le loisir que
Zd4 L ACTION FRANÇAISE
nous accordent nos études. Que Ton n'oublie pas en effet que nous sommes pour la plupart des étudiants, que nos ressources personnelles sont très limitées et que le développement de cette propagande dépendra en très grande partie de l'assistance que nous recevrons de nos compatrn tes du Canada.
Armand Chaussé, ptre ♦-♦-<•